Description

Les vers du genre Diphyllobothrium spp. sont, sous leur forme adulte, de longs vers plats segmentés. Ce parasite vit chez le poisson au stade larvaire et chez les oiseaux et les mammifères, y compris l’humain au stade adulte.

Animaux sauvages à risque

Pour se développer et compléter leur cycle de vie, les vers du genre Diphyllobothrium spp. ont besoin de transiter dans plusieurs organismes appelés hôtes.

Les petits crustacés et les poissons

Au stade de larve, les Diphyllobothrium spp. peuvent infecter les petits crustacés planctoniques et les poissons. Des larves ont été identifiées chez de nombreuses espèces, comme :

Les oiseaux piscivores et les mammifères

Aux stades adultes, les vers peuvent infester les oiseaux qui se nourrissent de poissons ainsi que les mammifères et l’humain. Il existe quatre espèces de Diphyllobothrium spp. et les animaux à risque varient selon l’espèce. Par exemple, certaines espèces sont retrouvées chez les oiseaux alors que d’autres le sont chez les ours.

Signes de la présence du parasite

Chez les poissons

Le poisson ne présente pas de symptôme apparent et l’infection est peu grave. Certains facteurs peuvent toutefois rendent celle-ci plus dommageable, comme :

  • l’espèce de ver en cause. Par exemple, les larves de l’espèce D. dendriticum semblent plus nocives que celles de l’espèce D. ditremum;
  • la quantité de larves;
  • l’emplacement des larves. Par exemple, une larve dans le muscle cardiaque aura potentiellement plus d’impact qu’une larve dans un muscle squelettique.

À l’intérieur du poisson, le parasite peut être observé sous sa forme libre ou sous forme de kyste, dans les viscères et les muscles. Sous sa forme libre, le parasite est blanc, de forme allongée et mesure de 1 cm à 5 cm de longueur. Sous forme de kyste, il se présente comme une petite masse sphérique blanchâtre, mesurant environ 2 mm de diamètre. Celle-ci peut échapper à l’œil nu.

En plus des Diphyllobothrium spp., les poissons peuvent être infectés par les larves d’autres parasites (telles que celles de Triaenophorus crassus et de Ligula intestinalis).

Chez les oiseaux piscivores et les mammifères

L’infection ne provoque pas de symptôme et elle est peu grave, mais des troubles digestifs (ex. : diarrhée) ou non spécifiques (ex. : perte de poids) peuvent apparaître. Des segments de ver sont parfois visibles dans les excréments. L’hôte définitif n’héberge habituellement qu’un seul parasite. Le ver adulte atteint jusqu’à 12 mètres de long par 1 à 2 cm de large et se trouve dans le petit intestin. 

Prenez note que d’autres vers plats intestinaux peuvent être une source d’infection chez ces animaux (ex. : le Taenia hydatigena).

Cycle de vie et persistance dans l’environnement

Le cycle de vie des vers Diphyllobothrium spp. est maintenu par la contamination des plans d’eau par les matières fécales des mammifères et des oiseaux infectés, lesquelles contiennent les œufs du parasite. Une fois dans l’eau, les œufs poursuivent leur développement et deviennent un embryon. Celui-ci est par la suite ingéré par un premier hôte intermédiaire, un petit crustacé planctonique, à l’intérieur duquel il se transformera en larve. Le poisson sera infecté après avoir mangé un crustacé infecté. Chez le poisson, les larves se déplacent à l’extérieur de l’intestin et vont se placer dans les muscles ou dans divers organes. À ce stade, les larves sont infectieuses pour les oiseaux et les mammifères, mais elles peuvent aussi transiter par un deuxième poisson qui aura avalé un poisson infecté. Le cycle se complète lorsqu’un poisson contenant les larves infectieuses est mangé par un oiseau ou un mammifère. Les larves rejoignent alors le petit intestin où elles atteignent leur maturité. Cinq à six semaines après l’infection, le ver adulte commence à évacuer quotidiennement jusqu’à 1 000 000 œufs dans les excréments de l’hôte définitif.

Protection et prévention

Risque pour la santé des animaux sauvages

Les animaux semblent souvent asymptomatiques, mais l’impact réel du parasite sur les populations sauvages demeure difficile à évaluer.

Risque pour la santé des animaux domestiques

Les chiens peuvent être affectés par les espèces de Diphyllobothrium spp. de la même façon que les autres mammifères. Afin de ne pas perpétuer le cycle du parasite, il faut éviter de faire consommer aux animaux domestiques du poisson cru ou mal cuit. En cas d’infection, les chiens peuvent être traités par un vermifuge.

Risque pour la santé humaine

La consommation de poisson cru (chair, œufs, foie ou autres viscères) ou préparé de façon inadéquate (cuisson ou salage insuffisant) rend les humains à risque d’être infecté. L’infection est le plus souvent invisible, mais peut provoquer des problèmes digestifs comme des diarrhées, des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. Rarement, en cas d’infection massive, une obstruction mécanique de l’intestin est possible. De façon générale, l’administration d’un vermifuge s’avère efficace pour tuer le parasite en une seule dose.

Pour éviter toute contamination, renseignez-vous sur les précautions à prendre lors de la préparation et de la cuisson des poissons sauvages.

Surveillance et contrôle

La présence au Québec des vers Diphyllobothrium spp. est connue. La déclaration des poissons suspects n’est pas nécessaire. Pour interrompre le cycle de vie du ver, les parties des poissons non utilisées ne doivent pas être jetées à l’eau. Vous devez plutôt les mettre aux ordures ou les brûler.