Description

L’Heterosporis sp. est un champignon parasite dont les spores affectent les cellules des muscles des poissons. Il existe plusieurs espèces d’Heterosporis sp., dont l’une se trouve en Amérique du Nord. 

Animaux à risque

Ce parasite a d’abord été identifié chez la perchaude Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Il peut néanmoins infecter plusieurs autres espèces de poissons, telles que : 

Il a aussi été trouvé chez les poissons d’aquarium, tels que les poissons-anges, les cichlides et les betta, ainsi que dans des élevages d’anguilles japonaises.

Signes de la présence du parasite

La chair des poissons infectés devient blanche et opaque. Elle a une consistance granuleuse et une apparence de chair cuite ou brûlée par la congélation. Jusqu’à 90 % de la masse musculaire peut être remplie de spores et prendre la couleur « lait ».

La présence du parasite se confirme par l’observation de la chair au microscope ou par une analyse en laboratoire.
 

Cycle de vie et persistance dans l’environnement

Les poissons se contaminent par voie orale, en ingérant des spores libres dans l’eau ou la chair d’un poisson infecté. Une fois ingéré, le parasite migre vers les fibres musculaires pour y proliférer. Les spores se retrouveront à nouveau libérées dans l’environnement lorsque le poisson meurt et se décompose dans l’eau.

Les spores restent contagieuses pendant au moins deux mois dans l’eau à température ambiante (21 °C) et jusqu’à un an dans l’eau froide (4 °C). Par contre, elles ne résistent ni au séchage (24 h) ni à la congélation (-20 °C pendant 24 h pour les spores et 72 h pour les filets de poisson contenant des spores).

Protection et prévention

Risque pour la santé des animaux sauvages

Les conséquences de l’introduction de ce parasite sur la santé des animaux sauvages ne sont pas connues.

Risque pour la santé humaine

Il n’existe aucune évidence que l’Heterosporis sp. soit transmissible à l’humain. Toutefois, sa présence altère de façon importante la qualité et l’apparence de la chair, la rendant souvent non consommable. Ce parasite pourrait avoir des conséquences économiques importantes s’il se répand dans les populations de poissons prisés par les pêcheurs sportifs et commerciaux.

L’adoption de certaines pratiques lors de la préparation et de la cuisson des poissons sauvages demeure néanmoins pertinente. 

Surveillance et contrôle

Le parasite Heterosporis sp. n’a jamais été identifié au Québec. Par contre, il a été répertorié aux États-Unis (Wisconsin, Michigan et Minnesota) et au Canada (lac Ontario - Bay of Quinte). Par conséquent, les poissons qui présentent des signes de sa présence devraient être déclarés en téléphonant au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs au 1 877 346-6763. Vous devez congeler le poisson en attendant qu’il soit récupéré. 

Afin de réduire le risque d’introduction de ce parasite au Québec, vous devez respecter les consignes suivantes : 

  • éliminer adéquatement les poissons suspects et leurs déchets, en les jetant aux ordures ou en les brûlant. Ne pas les rejeter à l’eau;
  • ne pas transférer de poissons morts ou vivants d’un emplacement à un autre;
  • nettoyer l’équipement nautique à l’aide d’une solution d’eau de javel d’au moins 6 % (hypochlorite de sodium de 2 200 mg/L), laisser agir pendant 5 minutes puis rincer à l’eau claire. Prendre en note que le parasite peut survivre dans une solution de plus faible concentration (220 mg/L ou moins). Laisser sécher complètement le matériel après utilisation pour un minimum de 24 h.