Description

La septicémie hémorragique virale (SHV) est une maladie causée par un virus qui provoque des hémorragies chez les poissons.

Animaux sauvages à risque

La septicémie hémorragique virale affecte plus de 65 espèces de poissons d’eau salée et d’eau douce dans plusieurs pays de l’hémisphère nord. Elle touche des poissons de tous les âges et de toutes les tailles.

Il existe quatre groupes du virus de la septicémie hémorragique virale (I, II, III, IV). Ceux-ci se trouvent dans des régions géographiques distinctes. Les groupes I, II et III se retrouvent principalement en Europe tandis que le groupe IV est présent en Amérique du Nord et en Asie. La sensibilité des espèces de poissons au virus diffère selon le groupe.

Au Canada, le virus est présent sur la côte du Pacifique, sur la côte de l’Atlantique et dans les Grands Lacs. Il n’a jamais été répertorié au Québec.

Dans les Grands Lacs, au moins 28 espèces de poissons sont reconnues sensibles à ce virus. Les espèces  qui le sont le plus sont le maskinongé Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., l’achigan à grande bouche Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. et la perchaude Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Les salmonidés (truites et saumons) seraient moins sensibles au groupe du virus présent dans cette région.

Signes de la présence de la maladie

Les poissons infectés par la septicémie hémorragique virale peuvent présenter plusieurs symptômes :

  • yeux exorbités;
  • saignements autour des yeux et à la base des nageoires;
  • branchies décolorées;
  • noircissement du corps;
  • ventre protubérant en raison d’une accumulation de liquide dans la cavité abdominale;
  • nage en spirale.

Les poissons peuvent également être porteurs de la maladie sans avoir de manifestations physiques.

La septicémie hémorragique virale est une maladie systémique (généralisée), puisque le virus se répand par le sang à travers tout le corps du poisson et atteint une multitude d'organes. Elle se distingue donc difficilement des autres maladies systémiques, qu'elles soient d'origine virale ou bactérienne.

Transmission et persistance dans l’environnement

La septicémie hémorragique virale est transmise entre les poissons lors de contacts directs, lors de la prédation de proies infectées ou lors de contact avec de l’eau contaminée, notamment par l’urine et les sécrétions sexuelles. Selon la température, le virus peut survivre plusieurs jours dans l’eau. Les eaux froides de 2 °C à 15 °C sont particulièrement propices à sa survie. Il pénètre dans les poissons par les branchies et, possiblement, par les blessures présentes à la surface du corps.

Plusieurs éléments contribuent à la propagation du virus :

  • le mouvement naturel des poissons;
  • le transfert de poissons infectés (poissons appâts, ensemencements, etc.);
  • le transfert d’eaux contaminées (eau de ballast, eau de transport des poissons, etc.);
  • l’utilisation d’équipement contaminé.

Les oiseaux qui se nourrissent de poissons  peuvent aussi transporter des poissons infectés sur des lieux non contaminés. Toutefois, il n’existe pas de transmission par l’intermédiaire de leurs excréments en raison de leur température corporelle élevée et de l’acidité du système digestif.

Traitement

Aucun traitement n’existe contre cette maladie contagieuse qui peut entraîner la mort des poissons infectés.

Protection et prévention

Les plans d’eau du Québec sont des milieux propices à l’introduction et à la propagation du virus de la septicémie hémorragique virale. En effet, la température froide durant la majorité de l’année ainsi que la présence d’espèces vulnérables sont des conditions idéales pour son établissement. Vous pouvez prévenir son introduction et sa propagation en appliquant plusieurs mesures simples comme :

Risque pour la santé des animaux sauvages

Dans la région des Grands Lacs, le virus de la septicémie hémorragique virale a été associé à plusieurs épisodes de mortalité massive de poissons touchant au moins 14 espèces.

Risque pour la santé humaine

La septicémie hémorragique virale n’a aucune incidence sur la santé humaine. Rappelons que la consommation d’un poisson qui semble malade, qui est mourant ou qui est retrouvé mort est à éviter, puisque cela pourrait comporter des risques pour la santé. De plus, l’adoption de certaines pratiques lors de la préparation et de la cuisson des poissons sauvages demeure toujours pertinente.

Surveillance et contrôle

À ce jour, aucun cas de septicémie hémorragique virale n’a été répertorié au Québec. Dans les années suivant les épisodes de mortalité de poissons causés par le virus dans les Grands Lacs, des campagnes de surveillance ciblée ont été effectuées au Québec. Les détails de celles-ci sont disponibles dans les documents suivants :