Description

Le syndrome inflammatoire périanal est une inflammation de l’orifice anal du poisson. L’inflammation de la région de l’anus est associée à la présence, et surtout à une concentration inhabituellement grande, du parasite Anisakis simplex dans les tissus entourant l’anus.

Animaux sauvages à risque

Le syndrome inflammatoire périanal est uniquement observé chez le saumon atlantique. Toutefois, le vers parasite Anisakis simplex, qui en serait responsable, est également présent chez plus de 200 espèces de poissons marins, comme la morue, le maquereau et le hareng. Chez ces espèces, le parasite ne semble pas créer d’inflammation dans les tissus entourant l’anus.

Signes de la maladie

La région de l’anus du poisson infecté sera de couleur rouge, en raison de l’inflammation. Celle-ci est associée à la présence, et surtout à une concentration inhabituellement grande, du parasite Anisakis simplex dans les tissus entourant l’anus.

Cycle de vie et persistance dans l’environnement

Pour se développer, le parasite Anisakis simplex a besoin de transiter par plusieurs organismes vivants, appelés hôtes. Le parasite adulte se développe dans l’estomac d’un mammifère marin, tel que la baleine ou le phoque. Une fois adulte, il y pond ses œufs. Ceux-ci sont ensuite expulsés dans l’eau par les excréments du mammifère. Les œufs éclosent dans l’eau puis les larves sont mangées par des crustacés. Ceux-ci peuvent alors être mangés par des poissons. Les poissons sont toutefois des hôtes facultatifs puisque le parasite n’est pas obligé de transiter par eux pour compléter son développement. Le cycle de vie du parasite est achevé lorsqu’un mammifère marin mange un crustacé ou un poisson infecté. L’humain peut devenir un hôte accidentel du parasite lorsqu’il consomme des poissons ou des calmars crus ou insuffisamment cuits.

Traitement

Aucun traitement n’est disponible pour les saumons qui ont développé des signes de la maladie. Cependant, le niveau d’infection diminue quand le saumon passe du temps en eau douce au retour de son séjour en mer. Dans certains cas, une guérison complète de la peau autour de l’anus est même observée après quelques mois en eau douce.

Protection et prévention

Risque pour la santé des saumons

Les connaissances scientifiques actuelles indiquent que le syndrome inflammatoire périanal n’entraîne aucune baisse du taux de survie ou du succès à la reproduction chez le saumon.

Risque pour la santé humaine

L’ingestion de larves vivantes d’Anisakis simplex par l’humain peut entraîner des problèmes de santé. Les symptômes peuvent se traduire, entre autres, par des douleurs gastro-intestinales, des nausées ou des vomissements. La consommation de poisson cru (chair, œufs, foie ou autres viscères) ou préparé de façon inadéquate (cuisson ou salage insuffisant) rend les humains à risque d’être infectés.

Les larves d’Anisakis simplex se trouvent principalement dans les viscères des poissons infectés, mais elles peuvent également être présentes dans leur chair. Ainsi, une éviscération rapide du poisson ou une conservation au froid permettra de limiter la migration du parasite dans la chair qui sera consommé. Pour éviter toute contamination, renseignez-vous sur les précautions à prendre lors de la préparation et de la cuisson des poissons sauvages.

À noter que l’ingestion de larves d’Anisakis simplex peut parfois entraîner des troubles allergiques de gravité variable pouvant aller de l’urticaire jusqu’au choc anaphylactique. Selon certaines études, ni la cuisson ni la congélation des poissons n’élimineraient complètement le risque d’allergie.

Surveillance et contrôle

Au Québec, les premiers saumons atlantiques présentant les symptômes du syndrome inflammatoire périanal ont été observés en 2008 dans différentes régions. Afin d’en apprendre davantage, un projet de recherche a été réalisé en 2009 sur dix rivières. Les résultats sont disponibles dans la Stratégie québécoise sur la santé des animaux sauvages – Rapport des activités de surveillance – 2009 Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Au cours des dernières années, les observations de saumons avec des symptômes associés au syndrome inflammatoire périanal sont moins importantes. La déclaration des saumons suspects au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs n’est pas nécessaire.