Formes et conséquences

Formes

L'homophobie et la transphobie peuvent prendre différentes formes.

Les commentaires désobligeants et les moqueries

Les commentaires désobligeants et les blagues sont les formes d'homophobie et de transphobie les plus fréquentes. Ainsi, il est par exemple devenu banal d’entendre « C’est gai! » pour décrire des situations ou des comportements ennuyeux ou médiocres.

Malgré leur apparence anodine, ces commentaires peuvent blesser les personnes LGBTQ ou celles qui en sont la cible et affecter leur estime personnelle. Ils peuvent aussi renforcer les difficultés qu’une personne peut avoir à accepter ou à dévoiler son orientation sexuelle ou son identité de genre.

De plus, ces comportements, souvent justifiés par l’humour, tendent à :

  • véhiculer et banaliser les préjugés et les stéréotypes homophobes ou transphobes;
  • dévaloriser les personnes LGBTQ et celles qui sont perçues comme telles.

Le rejet

Il n'est pas rare que les personnes LGBTQ ou perçues comme telles subissent du rejet. De plus, après avoir dévoilé son orientation sexuelle ou son identité de genre, la personne peut être :

  • exclue de son groupe d’amis;
  • reniée par sa famille;
  • congédiée par son employeur.

La discrimination

La discrimination est une distinction, une exclusion ou une préférence qui peut être fondée notamment sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre. La discrimination est interdite en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

Le harcèlement et l’intimidation

Le harcèlement et l’intimidation liés à l'homophobie ou à la transphobie sont des formes particulières de discrimination qui peuvent se manifester à l’égard d’une personne, notamment par des paroles, des actes isolés ou des gestes répétés à caractère vexatoire ou méprisant.

L'agression physique

L’agression physique se manifeste sous la forme de gestes violents, souvent dans l’intention de blesser ou d’humilier une personne. Les infractions criminelles motivées par la haine de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre sont considérées comme des crimes haineux.

« Quand je suis arrivé en secondaire 2, mon frère était parti. Ça a commencé dès la première journée d’école. Paf! Pif! Paf! […] j’étais devenu la tapette de service. Tous les jours, je me faisais insulter. Je n’avais pas de nom. On m’appelait « Labrie », « La tapette », « Le fif » […] On me mettait dans les poubelles et on me ridiculisait dans les vestiaires. […] Je pense que ma sœur en a beaucoup souffert aussi. Elle se faisait crier : « Heille, t’es la sœur du fif de l’école! ». Elle rentrait à la maison en pleurant. »
Martin Labrie, 44 ans, gai et bénévole au GRIS

« Un 23 décembre, mon père m'a appelé pour me demander si j'allais venir à Noël. J'ai dit : « Non, je suis trop fatigué, j'ai besoin de me reposer. » Après m'avoir fait remarquer que ça faisait 10 ans que je lui répétais ça, il m'a dit : « Faut que tu fasses de quoi, sinon tu vas crever. » Dans ma famille, la personne dont le jugement me faisait le plus peur face à ma transidentité, c'était mon papa. Là, il me donnait le droit de faire quelque chose, le droit d'ouvrir une porte dont je ne m'attendais pas à ce qu'elle puisse s'ouvrir. [...] Je n'ai pas choisi d'être trans, mais j'ai choisi de vivre et d'accepter ma transidentité. Et c'est mon papa qui m'a donné cette chance-là. »
Élise Cornellier Bernier, 44 ans, femme trans et bénévole au GRIS

« Aujourd’hui je fais ça : j’embrasse mes amis gais partout où je les croise, comme je le ferais si je les voyais chez eux ou dans le village. Je ne l’aurais pas fait il y a 10 ans. À cette époque, je voyais des amis gais dans l’entrée à Radio-Canada et je leur serrais la main. […] Je ne me souviens pas la date exacte où j’ai décidé de changer ma façon de faire, mais c’est arrivé avant mon coming-out public. »
Philippe Schnobb, 50 ans, gai

Certains témoignages sont tirés du livre de PILON, Robert. Modèles recherchés : l’homosexualité et la bisexualité racontées autrement. Canada. Guy Saint-Jean Éditeur, 2015, 224 pages.

Conséquences

Nos paroles et nos gestes ne sont pas anodins. Nos comportements peuvent avoir des conséquences graves et durables.

L’homophobie et la transphobie peuvent amener une personne à masquer son orientation sexuelle ou son identité de genre. De plus, comme toutes les formes de discrimination, elles peuvent réduire l’accès aux biens et aux services disponibles.

Ainsi, la victime peut, par exemple, avoir de la difficulté à :

  • se loger;
  • se trouver ou conserver un emploi;
  • recevoir des soins de santé adéquats;
  • accéder à des services.

Quand une personne subit du rejet ou se fait harceler, intimider ou violenter, elle peut s’isoler et se marginaliser. Elle peut même être tentée d’abandonner l’école ou son travail et de limiter son utilisation des services sociaux.

La victime peut aussi subir un stress qui aura des effets physiques et psychologiques significatifs sur son développement, sa santé et son bien-être. Ce faisant, elle est plus susceptible d’adopter des comportements néfastes pour réduire son anxiété, comme l’abus d’alcool ou de drogues.