Description

La Politique nationale de lutte à l’itinérance – Ensemble pour éviter la rue et en sortir définit l’itinérance comme « un processus de désaffiliation sociale et une situation de rupture sociale qui se manifestent par la difficulté pour une personne d’avoir un domicile stable, sécuritaire, adéquat et salubre en raison de la faible disponibilité des logements ou de son incapacité à s’y maintenir et, à la fois, par la difficulté de maintenir des rapports fonctionnels, stables et sécuritaires dans la communauté. L’itinérance s’explique par la combinaison de facteurs sociaux et individuels qui s’inscrivent dans le parcours de vie des hommes et des femmes ».

Selon cette définition, l’itinérance est un processus qui amène une personne à vivre de plus en plus en retrait de la société. Ce processus se nomme « désaffiliation sociale ». C’est ce retrait graduel causé par une accumulation d’événements dans le parcours de vie d’une personne qui la mène à briser ses liens avec les personnes et les ressources de son entourage.

L’itinérance se caractérise par l’impossibilité d’avoir ou de conserver un chez-soi. Un chez-soi est plus qu’un abri. C’est un lieu où l’on se sent bien et protégé, un lieu à soi, reconnu par les autres. C’est un endroit où l’on va pour se reposer et pour se retrouver dans l’intimité. Certaines personnes n’ont pas de chez-soi. C’est le cas, par exemple, des personnes qui n’ont pas d’adresse fixe. C’est aussi le cas des personnes qui vivent dans des conditions de logement très instables ou non sécuritaires. Ces personnes peuvent alors en arriver à vivre dans la rue ou à se loger temporairement dans des refuges ou chez des personnes de leur entourage.

L’itinérance se caractérise aussi par la difficulté à maintenir des relations avec les autres et à participer activement à la société. Le sentiment d’avoir un chez-soi dépasse le fait d’avoir un lieu où habiter. C’est un sentiment qui est au cœur des besoins d’une personne et qui l’aide à se sentir bien et à développer son estime de soi et sa confiance en soi. Cela favorise aussi sa participation à la société et ses relations avec les personnes de son entourage. Ne plus avoir de chez-soi, c’est bien plus que de ne pas avoir d’endroit pour s’abriter la nuit.

Types d’itinérance

La durée et la fréquence des épisodes d’itinérance peuvent varier selon les personnes et selon les facteurs qui les ont conduits à l’itinérance.

Il existe généralement 3 types d’itinérance :

  • L’itinérance situationnelle : situation des personnes qui sont temporairement sans logement mais qui parviennent à en retrouver un après avoir vécu un certain temps sans abri. C’est le type d’itinérance le plus fréquent.
  • L’itinérance cyclique : situation des personnes qui alternent entre des périodes où elles ont un logement et d’autres où elles vivent dans la rue.
  • L’itinérance chronique : situation des personnes qui n’ont pas occupé un logement depuis une longue période. C’est la forme d’itinérance la plus visible. Elle est moins fréquente que l’itinérance situationnelle, mais elle entraîne de nombreuses interventions et des coûts sociaux importants.

Milieux où l’itinérance est présente

L’itinérance est un phénomène qui touche principalement les milieux urbains de grande et de moyenne tailles. Au Québec, c’est à Montréal que la concentration de personnes en situation d’itinérance est la plus élevée. Le phénomène de l’itinérance touche aussi des villes plus éloignées des grands centres, comme Sept-Îles et Val-d’Or, qui connaissent un développement économique accéléré. Pour cette raison, les logements sont plus rares, les habitudes de vie des personnes changent et l’écart entre leurs niveaux de vie augmente. Il devient ainsi plus difficile de créer une communauté unie.

La réalité des personnes en situation d’itinérance est très semblable d’un milieu à un autre. Toutefois, l’environnement dans lequel elles vivent et les services qui leur sont offerts peuvent être très différents. Les enjeux sont différents dans les grands centres urbains, où la concentration de personnes en situation d’itinérance est plus élevée. Des défis se posent en ce qui concerne l’offre de services aux personnes en situation d’itinérance, la sécurité publique, la cohabitation et le partage des espaces publics.

Facteurs de risque

C'est souvent l'accumulation et l'interaction de plusieurs facteurs qui peuvent amener une personne à vivre une situation d’itinérance.

Les facteurs de risque de l’itinérance peuvent être des :

Toutefois, toutes les personnes qui présentent des facteurs de risque ne vivront pas nécessairement une situation d’itinérance.

Facteurs sociaux

Les principaux facteurs de risque sociaux de l’itinérance sont :

  • la pauvreté;
  • la difficulté ou l’impossibilité d’accéder à un logement abordable, salubre et sécuritaire;
  • l’isolement social;
  • la difficulté à réintégrer la communauté après un séjour plus ou moins long en établissement (exemples : hôpital, prison).

Facteurs individuels

Certains facteurs propres aux personnes et à leur parcours de vie peuvent aussi mener à l’itinérance. Les principaux facteurs de risque individuels sont :

  • le fait d’avoir déjà vécu en situation d’itinérance;
  • les problèmes psychologiques, entre autres une santé mentale fragile;
  • les problèmes de santé physique;
  • la déficience intellectuelle ou physique;
  • les problèmes de dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux jeux de hasard et d’argent;
  • l’isolement;
  • certains événements survenus dans la vie de la personne, par exemple :
    • deuil,
    • problèmes familiaux,
    • ruptures (par exemple ruptures amoureuses ou éloignement de sa communauté),
    • négligence physique et psychologique,
    • maltraitance,
    • séjours répétitifs dans des services de protection et de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation ou des familles d’accueil durant l’enfance,
    • fugues répétitives,
    • décrochage scolaire,
    • violence conjugale ou agressions sexuelles.

Soutenir une personne qui risque de se retrouver en situation d'itinérance

Vous pouvez agir pour soutenir les personnes qui risquent de se retrouver en situation d’itinérance.

Si vous faites partie de l’entourage d’une personne à risque, vous pouvez adopter différentes mesures.

Mesures à adopter

  • Soyez empathique envers la personne en difficulté, c’est-à-dire montrez-lui que vous êtes capable de vous mettre à sa place et de comprendre ce qu’elle vit. Évitez de lui faire la morale ou de lui dicter ce que vous feriez à sa place.
  • Assurez-vous que la personne ait quelqu’un à qui se confier. Si possible, offrez-lui de l’écouter.
  • Si possible, offrez du soutien à la personne. Votre soutien sera particulièrement important si la personne est en période de transition. Voici quelques exemples de situations où les personnes peuvent vivre une période de transition :
    • sortir d’un séjour en établissement de santé et de services sociaux ou d’une prison;
    • perdre son emploi;
    • faire faillite;
    • se séparer, en particulier s’il s’agit d’une femme qui s’est sortie d’une situation de violence conjugale.
  • Encouragez la personne à consulter un organisme. Les organismes peuvent informer les personnes en difficulté et les accompagner dans leurs démarches, entre autres pour les aider à se sortir de la pauvreté. Les organismes peuvent, par exemple :
    • informer les personnes en difficulté sur les programmes d’aide financière disponibles;
    • leur offrir de la formation pour leur apprendre à devenir autonomes financièrement;
    • les aider à accéder au marché du travail.

Aide et ressources

De l'aide est disponible en tout temps pour :

  • les personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être;
  • les proches de ces personnes.

Que vous soyez dans l'une ou l'autre de ces situations, voici une liste de ressources pour obtenir de l'information ou des services.

Ressources d’aide et de soutien

Ressources de soins et de services