Réussite scolaire

Développement des compétences des enfants

Plusieurs personnes, surtout les parents qui ont des enfants de sexe opposé, croient que les stéréotypes associés aux filles et aux garçons sont des traits présents dès la naissance. Selon cette logique, les filles seraient naturellement douces, capables de prendre soin des autres et aimeraient le rose. De leur côté, les garçons seraient tous indépendants, compétitifs, logiques, imprudents et agressifs. 

En réalité, le cerveau des filles et des garçons est semblable à la naissance : il se développe en fonction de l’expérience et de l’apprentissage de chaque personne, et non en fonction du sexe biologique. Le mythe de la compétence liée au sexe n’est pas appuyé par la science. Si l’on constate parfois des différences de performance lors de certains tests entre les femmes et les hommes, elles s’expliquent plutôt par l’éducation et les habitudes.  

D’ailleurs, des expériences ont prouvé qu'en choisissant des jeux « réservés » à l’autre sexe, les filles et les garçons développaient des compétences qui lui étaient généralement attribuées. 

Expérimentation par le jeu  

Les comportements différents entre les filles et les garçons s’expliquent plutôt par une éducation différente selon leur sexe. Pendant que les garçons jouent davantage aux jeux vidéo et aux blocs Lego (88 % des boîtes de Lego sont achetées pour les garçons), les filles participent plus souvent à des jeux de rôles et s'amusent avec des poupées. Les enfants font ces choix parce que la société les y encourage, même si on peut avoir l’impression qu'ils le font de manière intuitive. Il semble d'ailleurs que plus les enfants grandissent, plus ces choix sont divisés entre filles et garçons. 

Toutefois, c'est à travers les jouets et les activités que les enfants développent les compétences nécessaires à leur réussite scolaire, par exemple la perception spatiale, la concentration, le mouvement, la créativité et l'imagination. Lorsque les jouets sont divisés entre filles et garçons, les enfants n'ont pas les mêmes chances de développement, donc de réussite. C’est pourquoi il est important de les encourager à explorer plusieurs activités pour qu’ils diversifient leurs connaissances et acquièrent de nouvelles habiletés.

Stéréotypes associés aux matières scolaires

La croyance selon laquelle les filles seraient meilleures que les garçons en français, et que les garçons auraient plus de facilité qu’elles en mathématiques est répandue. Elle provient des stéréotypes selon lesquels les garçons seraient plus rationnels, plus cartésiens, et donc plus doués en sciences, et que les filles seraient plus émotives, plus créatives, et donc plus douées en arts ou en littérature.  

Même si tout porte à croire que c'est naturel, cette différence s'explique non seulement par une éducation différente, mais aussi par le fait que la société s’attend à certaines compétences selon le sexe de l’enfant. Les adultes ont tendance à croire que les filles n'ont pas les habiletés naturelles pour réussir en mathématiques : ils les encouragent à se diriger vers une carrière non scientifique. Par conséquent, les filles sont plus anxieuses dans cette matière et se démotivent plus facilement. C'est le même phénomène pour les garçons : ils ont généralement plus de difficultés en français, car ils associent cette matière aux filles et ont donc moins tendance à s’y intéresser. Se croire « naturellement » moins aptes à faire quelque chose peut, dans les faits, nuire à la persévérance scolaire. 

Une autre croyance répandue est que l’école est conçue pour les filles et qu’elles y sont meilleures que les garçons. En fait, l’éducation stéréotypée offerte aux filles a tendance à les préparer en vue de l’école : dès la petite enfance, on les valorise lorsqu’elles sont calmes, attentives et appliquées. On les invite aussi davantage à communiquer et on valorise la lecture comme une activité féminine. Lorsqu’elles intègrent ces stéréotypes, elles partent donc avec une longueur d’avance en lecture et en écriture, ce qui a des effets positifs sur leur réussite dans toutes les autres matières. 

En résumé, puisque les filles et les garçons sont encouragés depuis leur naissance à développer des compétences différentes selon leur sexe, c’est possible que leurs résultats diffèrent dans ces deux matières. De plus, les jeunes s’intéressent davantage aux activités qu’ils connaissent et dans lesquelles ils se sentent compétents. 

C’est pourquoi il est important d’adapter l’éducation selon la personnalité et les aptitudes de chaque enfant pour l’encourager dans ses études. Il faut valoriser chacune et chacun dans les matières où ils ont de la facilité, sans pour autant laisser les stéréotypes sexuels les limiter ou guider leurs choix. Pour y arriver, il faut les amener à découvrir et à développer les compétences habituellement associées à l’autre sexe. 

Selon plusieurs recherches, les stéréotypes sexuels peuvent avoir des effets non seulement sur la motivation et le rendement scolaire, mais aussi sur les choix de carrière.

Conséquences sur la réussite scolaire 

Au primaire, plus de garçons que de filles éprouvent des difficultés d’apprentissage et ont des troubles de comportement. L’école intervient donc spécifiquement pour aider les garçons. Toutefois, ces interventions ne doivent pas renforcer les stéréotypes existants. Par exemple, plutôt que créer une section « Pour les garçons » dans une bibliothèque de classe, il vaut mieux définir des sections thématiques qui peuvent intéresser tout le monde : Aventure, Animaux et nature, Mystère, etc. 

Si vous travaillez en milieu scolaire, vous pouvez répondre au questionnaire Votre enseignement favorise-t-il l’égalité? Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour évaluer vos pratiques. 

Mixité dans le personnel enseignant 

On entend souvent que la forte proportion de femmes enseignantes nuit à la réussite des garçons, mais cette affirmation n’est pas fondée. Il y a plusieurs dizaines d’années, les garçons décrochaient déjà davantage que les filles, et ce, dans les collèges classiques où l’enseignement était majoritairement donné par des hommes. Selon plusieurs études, la proportion de femmes dans l’enseignement n’est pas liée au décrochage des garçons.  

Par contre, on peut viser une plus grande mixité dans le corps enseignant pour offrir différents modèles aux élèves, ce qui leur permet de se projeter dans n’importe quel métier ou profession, sans égard à leur sexe. 

Effets du décrochage scolaire chez les filles 

L’écart entre le taux de décrochage des filles et des garçons a diminué de moitié au cours des dernières années. Sans banaliser le décrochage scolaire des garçons, il faut savoir que les conséquences du décrochage chez les filles sont plus importantes et durables que chez les garçons. 

Lorsqu’elles ne sont pas diplômées, les filles ont accès à des emplois beaucoup moins payants que les garçons. En effet, les décrocheuses occupent souvent des emplois de service, tandis que les décrocheurs travaillent souvent dans le secteur de la fabrication, où les salaires sont plus élevés. À titre d’exemple, pour la période 2017-2019, le salaire horaire médian d’une coiffeuse était estimé à 15 $, alors que celui d’un carreleur était plutôt estimé à 34,75 $. Les deux emplois requièrent sensiblement le même niveau de formation. 

En 2017, au Québec, le salaire horaire des femmes sans diplôme d’études secondaires équivalait à 80 % de celui des hommes sans diplôme. Plus les femmes ont un niveau d’études élevé, plus l’écart se réduit : les femmes avec un diplôme universitaire gagnent 90,7 % du salaire horaire des hommes dans la même situation. À diplôme égal, les filles restent tout de même moins bien payées que les garçons. 

D’ailleurs, même si, statistiquement, les garçons abandonnent plus facilement les études, ils sont plus nombreux à retourner sur les bancs d’école avant l’âge de 25 ans. En fait, plus le temps s’écoule, moins les filles ont de chances de reprendre l’école. 

Par ailleurs, les raisons qui poussent les garçons et les filles à décrocher sont différentes. En effet, selon une étude réalisée auprès de jeunes Canadiens, deux fois plus de jeunes hommes que de jeunes femmes ont déclaré avoir décroché de l’école par désir ou besoin de travailler, alors que les jeunes femmes étaient quatre fois plus nombreuses à avoir quitté l’école pour des raisons personnelles, comme pour prendre soin d’un enfant ou se préparer à en prendre soin ou pour régler des problèmes de santé ou des problèmes à la maison.  

Ainsi, la persévérance scolaire des filles étant un élément clé de l’égalité des sexes, il faut les encourager à poursuivre leurs études jusqu’à la diplomation.

Conseils pour favoriser la réussite scolaire

Comme adulte, vous devez être à l’écoute des enfants, les encourager et les soutenir dans leur parcours scolaire. Voici quelques conseils pratiques.  

  • Encouragez les enfants à s’amuser avec n’importe quels jouets, sans égard au stéréotype qui peut leur être attribué. Cela aura des bénéfices sur le développement de toutes leurs compétences. 
  • Évitez que l'espace soit divisé en aires de jeu pour les filles et en aires de jeu pour les garçons; portez une attention particulière aux couleurs et aux autres moyens utilisés pour délimiter le coin des activités. 
  • Les filles éprouvent souvent un sentiment de compétence plus faible que les garçons en mathématiques, soutenez-les et encouragez-les dans cette matière. 
  • Les garçons aiment souvent moins le français et la lecture, encouragez-les très tôt à en découvrir les plaisirs.  
  • Évitez de relayer des stéréotypes sexuels, par exemple en disant que les filles écrivent mieux ou plus proprement. Intervenez lorsque vous entendez de telles remarques. 
  • Offrez aux enfants des activités qui couvrent plusieurs champs d’intérêt, sans dire qu’elles sont destinées aux filles ou aux garçons.  
  • Misez sur les différences entre les individus plutôt que sur les différences entre les sexes : rappelez que tout le monde a des forces dans des domaines divers, plutôt que de souligner que les garçons sont plus performants en éducation physique ou que les filles sont plus tranquilles. 
  • Évitez de placer seulement les filles dans une relation d’aide avec leurs collègues de classe ou leurs frères et sœurs. Amenez les enfants à exercer tous les types de tâches. 
  • Si vous travaillez en milieu scolaire, portez attention au temps de parole donné aux garçons et aux filles et rééquilibrez-le, au besoin. 

Pour plus d’informations sur la réussite scolaire et professionnelle, consultez le site Emplois d'avenir Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..