Axe 1 : Des services publics renouvelés et optimisés par l’IA

En vue d’offrir des services publics renouvelés, performants et en adéquation avec les besoins du citoyen, l’appareil public doit demeurer à l’écoute de la population et faire preuve d’innovation dans la conception de ceux-ci.

Il importe également que les organismes publics évoluent dans un environnement au sein duquel ils disposent du soutien nécessaire pour mettre sur pied des projets novateurs et pour expérimenter dans le respect des principes régissant les marchés publics. Afin d’y parvenir, l’administration publique se fixe les trois objectifs suivants :

  1. Maintenir un dialogue avec le citoyen afin de bien cerner ses besoins et ses préoccupations favorisant ainsi l’acceptabilité sociale de l’IA.
  2. Soutenir les organismes publics afin qu’ils tirent profit de l’IA dans le déploiement des services publics.
  3. Stimuler la culture d’innovation et d’expérimentation pour accélérer l’intégration de l’IA dans les services publics.

Objectif 1 : Maintenir un dialogue avec le citoyen afin de bien cerner ses besoins et ses préoccupations favorisant ainsi l’acceptabilité sociale de l’IA

L’acceptabilité sociale constitue un facteur clé pour l’intégration de l’IA dans l’administration publique. Du fait de sa nature disruptive3, l’IA soulève des préoccupations continues de la part les citoyens. Les systèmes d’IA sont-ils conçus de manière éthique? Quels sont les risques associés à l’utilisation de ces technologies par l’État? Les décisions rendues par les systèmes d’IA sont-elles équitables?

Pour que l’IA contribue pleinement à augmenter la qualité des services offerts aux citoyens et aide l’administration publique à mieux répondre à leurs besoins, il est crucial que celle‑ci soit à l’écoute des préoccupations de la population tout en faisant preuve de transparence quant aux développements et aux usages de l’IA dans les organismes publics.

Un tel dialogue est une condition essentielle au maintien de la confiance et de l’acceptabilité sociale vis-à-vis l’usage des systèmes d’IA dans l’administration publique. Les citoyens seront mieux informés et donc plus à même de lui communiquer leurs attentes.

Par ailleurs, pour être pleinement en mesure de se montrer à l’écoute du citoyen, il importe que l’acceptabilité sociale soit favorisée au sein même de l’administration publique. Les organismes publics doivent demeurer attentifs aux préoccupations de leurs employés tout en travaillant à améliorer la compréhension de ces derniers à l’égard des technologies associées à l’IA et aux implications de ces dernières pour l'administration publique. Conséquemment, les organismes publics doivent aussi mettre à profit l’expérience inestimable de leurs employés dans la définition des mesures entourant le déploiement de l’IA.

Mesure clé

1.1 Tenir une première consultation des citoyens sur les utilisations de l’IA dans l’administration publique

Conscient que le succès de l’intégration de l’IA dans l’administration publique est tributaire de l’acceptabilité sociale, l’administration publique s’associera avec des acteurs clés de l’écosystème afin d’entamer un dialogue avec la population et de répondre aux enjeux soulevés par l’utilisation de l’IA dans l’administration publique.

Un tel dialogue, qui pourra notamment prendre la forme de consultations publiques, permettra de favoriser l’acceptabilité sociale de l’IA tout en ouvrant la voie à une IA responsable et en harmonie avec les valeurs de la population québécoise.

Objectif 2 : Soutenir les organismes publics afin qu’ils tirent profit de l’IA dans le déploiement des services publics

Dans un contexte où l’administration publique cherche à accroître la qualité, l’efficience et l’équité des services publics au bénéfice du citoyen, l’IA apparaît comme une avenue prometteuse qui, grâce au large éventail de solutions qu’elle présente, lui permettra d’innover dans sa manière de concevoir son offre de services.

L’aspect novateur de l’IA fait toutefois en sorte qu’il peut être difficile de réunir les ressources nécessaires au développement de celle-ci. En effet, l’accès à des experts, l’accès aux données ainsi que les coûts de recherche, de développement et des autres phases clés peuvent constituer des obstacles pour les organismes souhaitant se lancer dans des projets majeurs reposant sur l’IA. Un soutien adéquat peut alors s’avérer utile afin de voir les projets en IA se multiplier et pour permettre à l’administration publique de développer sa propre expertise en IA.

Dans cette perspective, l’administration publique fera preuve de leadership et mettra en œuvre des moyens qui, d’une part, stimuleront la mise sur pied de projets ambitieux au sein des organismes publics et, d’autre part, permettront à ces derniers de concrétiser leurs ambitions en termes de services publics renouvelés.

Pour prioriser les services qui bénéficieront le plus de l’intégration de l’IA, l’administration publique se dotera de critères et d’outils d’analyse qui intègreront les plus hauts standards éthiques et qui lui permettront de bien sélectionner les opportunités de transformation. Les Québécois et les Québécoises, qui sont les plus à même de soutenir l’identification de leurs besoins en matière de services, devront également être impliqués dans ces processus d’amélioration des services publics.

Mesures clés

2.1 Rendre disponible aux organismes publics un outil d’évaluation de leur degré d’appropriation de l’IA

Les organismes publics doivent se préparer adéquatement à l’intégration de l’IA. Pour mieux les soutenir, un outil d’évaluation du degré d’appropriation des éléments de base de l’IA sera mis à leur disposition.

Cet outil permettra aux organismes publics de bien cibler les pratiques à mettre en place, l’expertise à développer et les actions à déployer pour accroître leur niveau de préparation à l’intégration de solutions en IA.

2.2 Doter l’administration publique d’un outil d’aide à la décision

Afin d’aider les organismes publics à sélectionner les occasions porteuses en IA pour l’accomplissement de leur mission, un outil d’aide à la décision sera mis à leur disposition. Cet outil leur permettra de déterminer les sphères d’intervention pour lesquelles le recours à l’IA serait pertinent, et ce, dans l’optique d’offrir des services en adéquation avec les attentes des Québécoises et des Québécois et dans le respect des plus hauts standards en matière d’éthique et de cybersécurité.

2.3 Créer une cellule d’expertise en IA au Centre québécois d’excellence numérique

Le déploiement de projets en IA nécessite d’avoir accès facilement à une expertise de pointe dans ce domaine. Or, les organismes publics, étant donné leur mission et leur taille, ne sont pas tous en mesure de développer une expertise interne en IA. C’est pourquoi une cellule d’expertise multidisciplinaire en IA, qui aura pour vocation de soutenir les organismes publics qui souhaitent se lancer dans de tels projets, sera mise en place au sein du Centre québécois d’excellence numérique du Secrétariat du Conseil du trésor.

Cette cellule centrale facilitera le transfert d’expertise aux organismes publics, le développement de spécialistes et le maintien d’une expertise durable au sein de l’administration publique.

2.4 Prévoir le recours à l’IA à même le plan de transformation numérique de chacun des organismes publics

Afin de stimuler le recours à l’IA, les organismes publics seront appelés à choisir au moins un processus pouvant faire l’objet d’une automatisation, notamment grâce aux technologies associées à l’IA.

Chaque organisme public devra inscrire son projet à son plan de transformation numérique. Il sera ensuite possible pour le gouvernement de dresser une feuille de route pour l’intégration de l’IA dans l’administration publique pour les années à venir.

Objectif 3 : Stimuler la culture d’innovation et d’expérimentation pour accélérer l’intégration de l’IA dans les services publics

L’IA est un domaine complexe, évoluant rapidement et dont les nouvelles applications possibles ne cessent de se multiplier. Il en va de même pour les connaissances et l’expertise qui y sont liées. Il peut donc s’avérer difficile pour les organismes publics de se retrouver lorsqu’ils sont mis devant de nombreuses possibilités de plus en plus complexes. La culture organisationnelle et l’appropriation d’une expertise de base en IA jouent un rôle central dans la capacité des organismes publics à innover dans le développement de leurs services et dans l’évolution de leurs processus.

L’administration publique doit se montrer proactive face aux projets novateurs, tout en se donnant le droit d’expérimenter des solutions offertes par l’IA dans un environnement contrôlé, à faible coût et sans risque.

C’est pour cette raison que plusieurs pays se sont dotés de lieux d’expérimentation contrôlée permettant d’explorer les possibilités offertes par l’IA et de développer le savoir-faire des ressources de façon sécuritaire. En adoptant une telle approche d’expérimentation, il sera possible de maximiser le potentiel de ces technologies pour l’administration publique québécoise.

Les organismes publics doivent également pouvoir mutualiser leurs connaissances et ressources spécifiques dans ce domaine afin d’accélérer l’intégration de l’IA et d’atteindre le plein potentiel offert par ces technologies. Ils ont aussi avantage à partager leurs meilleures pratiques pour en faire bénéficier la communauté gouvernementale, en plus de s’inspirer des expériences vécues à l’international. À cet effet, le Centre québécois d’excellence numérique du Secrétariat du Conseil du trésor sera appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de la Stratégie, notamment en soutenant et en accompagnant les organismes publics dans leurs projets d’intégration de l’IA.

Mesures clés

3.1 Mettre en place un laboratoire d’expérimentation en IA

L’administration publique doit être en mesure d’expérimenter avec des solutions d’IA dans un milieu en vase clos, comportant les technologies de base et l’accompagnement nécessaire au développement de son expertise. Ainsi, un laboratoire d’expérimentation sera mis à la disposition des organismes publics.

Celui-ci permettra notamment aux organismes qui ne disposent pas de ressources spécialisées ou d’experts en IA d’y avoir accès. Des plateformes et des outils spécialisés visant à tester de nouvelles solutions dans un environnement contrôlé et sécuritaire y seront offerts.

3.2 Recenser et documenter les cas types d’utilisation de l’IA dans les administrations publiques pour stimuler l’expérimentation

Le Québec n’est pas le seul à s’intéresser aux possibilités qu’offre l’IA. De nombreuses initiatives ont déjà cours à travers le monde, que ce soit au sein d’organismes publics ou d’entreprises. Une connaissance approfondie de ces différents recours à l’IA est nécessaire pour que l’administration publique québécoise puisse tirer profit des succès et des apprentissages réalisés à l’international.

Ainsi, la recension et la documentation des cas d’utilisation de l’IA au sein des autres administrations publiques seront effectuées. Cette veille permettra d’inspirer les organismes publics souhaitant recourir à l’IA et d’accélérer les recherches et travaux en ce sens.

3. Disruptif, disruptive : Se dit d’une entreprise, d’un produit, d’un concept, etc., qui créent une véritable rupture au sein d’un secteur d’activité en renouvelant radialement son fonctionnement (Larousse, 2020).

Dernière mise à jour : 20 juillet 2021

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