Une équipe de recherche publie une étude unique sur le réseau routier québécois

MONTRÉAL, le 10 août 2021 /CNW Telbec/ - La professeure Marie-Soleil Cloutier de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et le professeur Ugo Lachapelle de l'UQAM se sont penchés sur l'effet de la réduction des limites de vitesse sur le risque d'accidents graves et mortels sur les routes du Québec. Leurs résultats mettent en lumière certains constats qui pourraient être utiles aux acteurs de la sécurité routière dans la province et ailleurs.

Des résultats qui aideront la prise de décision

L'étude publiée dans le Journal of Transport & Health démontre une tendance à la baisse des collisions sur tous les segments routiers analysés. Un résultat qui rejoint l'amélioration du bilan routier observée au cours des dernières années.

L'équipe de recherche a démontré que les segments présentant des limites de vitesse à 80 ou à 90 km/h et ayant subi une réduction de leur limite d'au moins 20 km/h sont ceux ayant connu une diminution du nombre de collisions et de la vitesse pratiquée moyenne la plus importante.

« Plus la réduction de la vitesse était grande, et plus la vitesse préalable était élevée, plus on a observé une diminution des collisions », lance la professeure Marie-Soleil Cloutier, experte en études urbaines et en sécurité routière à l'INRS et auteure principale de l'étude.

Cette étude d'envergure a été réalisée à partir de données du ministère des Transports allant de 2006 à 2013 et concernant les routes sous sa juridiction (c.-à-d. les routes principales à numéros) se trouvant partout au Québec. Le duo a mis en commun plusieurs bases de données à partir de la localisation spatiale des segments de rues. Cela lui a permis d'analyser les effets des différents changements de limite de vitesse sur le nombre de collisions comptabilisant au moins un décès ou un blessé grave. 

« Un des défis a été de créer une méthodologie permettant d'analyser des changements de vitesses sur le réseau à différent moments dans le temps et dans différentes circonstances », mentionne professeur Ugo Lachapelle, professeur au Département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM. « Étant donné qu'on n'a pas de politique provinciale de réduction de vitesse, cette approche pourra continuer à être appliquée pour documenter les impacts et justifier une politique plus systématique ».

« Les demandes de modification de limite de vitesse par les municipalités sur le réseau du ministère des Transports se font de plus en plus nombreuses au fil des ans. C'est un défi grandissant d'analyser ces demandes et d'y acquiescer tout en s'assurant que ce soit sécuritaire », lance la professeure Cloutier.

Une étude unique

Au Québec, peu d'études récentes portent sur les liens entre la réduction des limites de vitesse, l'environnement routier, les vitesses pratiquées et la sécurité routière, alors que la vitesse est reconnue comme étant l'un des principaux facteurs explicatifs des collisions.

« Cette étude est vraiment unique, puisque nous avons étudié plusieurs types de routes et différentes variations de réduction de la vitesse. À ma connaissance, il n'y a pas de travaux empiriques aussi récents avec une telle diversité de routes. La plupart des études ont été réalisées sur des autoroutes à l'échelle du Canada ou d'États américains », affirme la professeure Marie-Soleil Cloutier.

L'équipe de recherche espère que ces résultats serviront à bonifier les procédures existantes et à mettre à jour les guides techniques sur la vitesse afin d'aider la prise de décision au ministère des Transports et dans les municipalités en matière de modification des limites de vitesse.

À propos de l'étude

L'article « The Effect of Speed Reductions on Collisions: A Controlled Before-and-After Study in Quebec, Canada », coécrit par Marie-Soleil Cloutier, du Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, et Ugo Lachapelle, du Département d'études urbaines et touristiques de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, a été publié dans le Journal of Transport & Health en juillet 2021. L'étude a reçu un soutien financier du ministère des Transports. Les professeurs Cloutier et Lachapelle sont tous deux impliqués dans les programmes conjoints INRS-UQAM en études urbaines.

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Dernière mise à jour : 10 août 2021