Chaîne d'intervention préhospitalière

La chaîne d’intervention préhospitalière réfère à l'ensemble des actions et interventions qui sont entreprises par divers intervenants pour porter secours à une personne dans une situation d'urgence.

Le service d’urgence 9‑1‑1 et les services ambulanciers sont des éléments essentiels de la chaîne d'intervention préhospitalière et sans doute les plus connus. Toutefois, ils sont entourés d’autres services qui jouent un rôle tout aussi important dans la chaîne pour assurer une réponse efficace lors d’une situation d'urgence.

La chaîne d’intervention préhospitalière comprend :

Premier intervenant ou secouriste désigné

On appelle « premier intervenant » un témoin, un passant, un secouriste désigné ou toute autre personne qui se trouve sur les lieux d’une situation d'urgence. L'article 2 de la Charte des droits et libertés de la personne Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. précise ceci :

« Toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant l'aide physique nécessaire et immédiate, à moins d'un risque pour elle ou pour les tiers ou d'un autre motif raisonnable. »

L’obligation de porter secours concerne donc toute personne qui est témoin d'une situation nécessitant une intervention urgente. N’hésitez pas à porter secours à une personne en détresse en composant le 9‑1‑1 le plus rapidement possible; la survie d'une personne peut en dépendre. Sachez que les lois québécoises protègent les premiers intervenants lorsqu'ils prêtent assistance de bonne foi.

Service d'urgence 9‑1‑1

Au Québec, le service d'urgence 9‑1‑1 reçoit plus d'un million d'appels par année. Chaque appel 9‑1‑1 est traité par le centre d'appel d'urgence de la municipalité ou du territoire d’où provient l’appel. En quelques secondes seulement, la personne ayant répondu à l’appel peut déterminer si la situation nécessite l'assistance de la police, des pompiers ou des services ambulanciers. Lorsque l'intervention des services ambulanciers est nécessaire, l'appel est immédiatement transmis au centre de communication santé.

Centre de communication santé

Les répartiteurs médicaux d'urgence du centre de communication santé posent des questions simples pour déterminer rapidement la nature de la situation et établir la priorité d'intervention des services ambulanciers. Répondre avec calme et clarté aux questions posées par le répartiteur est important.

Si le répartiteur juge le cas urgent, il communique avec les techniciens ambulanciers paramédicaux ou les premiers répondants, si la municipalité possède ce service, dès les premières secondes de l'appel. Au besoin, il demeure en ligne avec la personne en détresse ou l'appelant pour lui donner les conseils utiles en attendant l'arrivée des secours.

Services de premiers répondants

Certaines municipalités possèdent un service de premiers répondants. Ce service de proximité permet d’envoyer rapidement des premiers répondants sur les lieux dans des situations urgentes. Les premiers répondants veillent à ce que l'état des personnes en détresse ne s’aggrave pas en attendant l’arrivée des ambulanciers.

Les premiers répondants ont la formation pour :

  • administrer les premiers soins;
  • utiliser un défibrillateur externe automatisé quand une personne est en arrêt cardiaque;
  • administrer de l'épinéphrine avec un auto-injecteur en cas de réaction allergique grave;
  • administrer du glucagon et du naloxone (disponible dans certains services).

Une fois l'ambulance arrivée sur les lieux, les premiers répondants cèdent la responsabilité de l'intervention aux techniciens ambulanciers paramédicaux. Le travail de ces intervenants est complémentaire.

Le Québec compte environ 3 800 premiers répondants répartis dans plus de 327 services municipaux. Sur le territoire de Montréal, par exemple, environ 1 700 premiers répondants peuvent intervenir. Toutes les municipalités québécoises ne disposent pas d’un service de premiers répondants, mais de nouveaux services s'ajoutent chaque année. Pour savoir si un service de premiers répondants est offert dans votre municipalité et pour en connaître le fonctionnement, communiquez avec le centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) ou le centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de votre région. Pour les régions de Montréal et de Laval, communiquez avec Urgences-santé Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Services ambulanciers

Le technicien ambulancier paramédical a la responsabilité d’apprécier l’état de santé de la personne, de lui donner les soins nécessaires et de la transporter vers un centre hospitalier. Il doit également informer le centre hospitalier de l'état du patient à l'aide du rapport d'intervention préhospitalière. Ce rapport est ajouté au dossier médical du patient.

Voici certains soins dispensés par le technicien ambulancier paramédical :

  • administrer des médicaments tels que l’aspirine, la nitroglycérine, le glucagon, l’épinéphrine, la naloxone, le fentanyl et le salbutamol en cas de réaction allergique grave, d’hypoglycémie, de difficulté respiratoire, d’intoxication aux opioïdes, de problèmes cardiaques et de douleurs aigües;
  • utiliser un défibrillateur semi-automatique lors de réanimation cardiovasculaire;
  • effectuer un électrocardiogramme lors de problèmes cardiaques suspectés;
  • assister la ventilation et la respiration à l’aide de différents dispositifs mécaniques.

Formation rigoureuse et continue

Les techniciens ambulanciers paramédicaux reçoivent une formation rigoureuse en soins préhospitaliers d’urgence qui leur permet d’intervenir efficacement auprès des personnes en détresse dans toute situation d'urgence. Plusieurs cégeps et certains collèges privés donnent cette formation. Tous les techniciens ambulanciers paramédicaux actifs doivent aussi suivre chaque année un programme de formation continue obligatoire. Grâce à ce programme de formation, les techniciens ambulanciers paramédicaux tiennent leurs compétences à jour et apprennent les nouveaux protocoles cliniques essentiels à leur travail.

Au Québec, les services ambulanciers sont assurés par :

  • des entreprises privées;
  • des entreprises constituées en coopératives de travailleurs;
  • l’entreprise du secteur public Urgences-santé pour les territoires de Montréal et de Laval.

Ces entreprises emploient plus de 6 303 techniciens ambulanciers paramédicaux, 57 techniciens ambulanciers paramédicaux spécialisés en soins avancés et gèrent un parc de près de 815 véhicules d'intervention.

Centres hospitaliers

Le centre hospitalier vers lequel sera transporté le patient est déterminé par le répartiteur médical d'urgence et les techniciens ambulanciers paramédicaux. Le centre hospitalier retenu peut être celui où la personne y a un dossier, mais l’organisation des services dans le réseau de la santé peuvent être pris en compte. D’autres facteurs peuvent aussi jouer dans la décision, tels que :

  • l'état du patient;
  • la distance à parcourir;
  • les services spécialisés offerts par le centre hospitalier;
  • la capacité d'accueil de l'urgence de l'établissement.

Triage à l'urgence

Le triage consiste à établir les priorités de traitement en fonction de la gravité de l’état de santé de chaque patient qui se présente à l’urgence d’un centre hospitalier. Le fait d’arriver à l’urgence en ambulance ne garantit pas un traitement prioritaire. Une personne arrivée en ambulance mais dont l’état est stable pourrait être traitée moins rapidement qu’une personne arrivée à l’urgence par un autre moyen. Si l’état de santé de la deuxième personne nécessite des soins immédiats, son traitement sera jugé prioritaire au triage.