Deuil à la suite d’un sinistre

La perte de proches lors d’un sinistre comporte un aspect brutal et soudain qui peut influencer l’intensité et la durée du processus de deuil. Le deuil peut aussi être associé à d’autres pertes comme le logis, les biens matériels, le travail, la santé, le milieu d’appartenance et les rêves. En plus de la douleur causée par les pertes subies, plusieurs doivent composer avec les contraintes comme un déménagement, l’enquête du coroner et les assurances. Il faut répondre à ses propres besoins et à ceux de ses proches, réorganiser le quotidien, assurer la sécurité et faire les multiples démarches pour retrouver un semblant de vie normale.

Le processus de deuil peut varier d’une personne à l'autre. Il peut être influencé par l’ampleur des pertes subies, les expériences passées, les croyances, les valeurs et le soutien disponible.

Réactions fréquentes

Voici quelques réactions fréquentes lorsqu’on vit un deuil à la suite d’un sinistre :

  • un refus de croire que l’événement est réellement arrivé et que des proches sont décédés;
  • une douleur affective très vive qui peut sembler insurmontable;
  • un sentiment de colère, des sautes d’humeur;
  • un sentiment de solitude, de vide, d’injustice, d’impuissance, de tristesse, de désespoir;
  • de la confusion, des difficultés d’attention, de concentration et de mémoire;
  • du stress, de l’anxiété, de l’agitation, un serrement dans la poitrine;
  • des difficultés liées au sommeil et à l’appétit;
  • une remise en question des sentiments de sécurité et de confiance;
  • une impression de fonctionner par automatisme.

Phases du processus de deuil

Le deuil se déroule en plusieurs phases. La personne endeuillée ne traverse pas nécessairement toutes les phases et ne les traverse pas nécessairement dans l’ordre présenté. Plusieurs phases peuvent se chevaucher et une personne peut aussi revenir à une phase déjà vécue.

Phase du choc et du déni

La phase du choc et du déni peut durer quelques minutes, quelques jours ou quelques semaines. Lors de cette phase, la personne a de la difficulté à croire à la réalité ou la nie et peut être incapable de réagir.

Phase de la désorganisation

La phase de la désorganisation peut durer quelques semaines ou quelques mois. Lors de cette phase, la personne peut ressentir une grande tristesse, de l’anxiété, de l’impuissance. Elle peut également se replier sur elle-même, se désintéresser de ses activités habituelles.

Phase de la protestation

La phase de la protestation peut durer quelques semaines ou quelques mois. Lors de cette phase, la personne peut vivre de la colère, de l’incompréhension, un sentiment d’injustice, une culpabilité plus ou moins grande, la recherche d’un coupable et d’un sens à la perte. La personne commence à reconnaître la permanence de la perte.

Phase de la réorganisation et de l'adaptation

La phase de la réorganisation et de l'adaptation peut durer de quelques mois à quelques années. La personne est moins envahie par la perte et retrouve peu à peu sa capacité à avoir du plaisir. Elle a un regain d’intérêt et entrevoit la possibilité de nouveaux projets. Elle s’adapte à sa nouvelle situation.

Moyens pouvant aider

Voici quelques moyens qui peuvent vous aider dans le processus de deuil :

  • Permettez-vous de discuter de la perte ou du deuil en famille ou avec des proches. Il est normal d’avoir besoin d’en parler régulièrement. Rappelez-vous que chacun vit son deuil de façon différente, selon son propre rythme.
  • Faites les démarches auprès des autorités en place et des services disponibles, s’il y a lieu.
  • N’hésitez pas à exprimer vos besoins aux personnes de votre entourage, par exemple pour s’occuper des enfants, faire des tâches domestiques, vous accompagner dans certaines démarches.
  • Respectez votre rythme quant au processus de deuil.
  • Préparez une cérémonie d’adieu qui vous est personnelle.
  • Reprenez vos activités et vos loisirs lorsque vous vous sentez prêt à le faire, même si vous n’en avez pas toujours le goût. Malgré la peine ressentie, cela peut contribuer à vous changer les idées.
  • Évitez de consommer de l’alcool ou des drogues pour diminuer le stress. Une surconsommation de ces produits peut constituer un frein à l’acceptation de la perte et créer des réactions anxieuses ou dépressives.
  • Évitez de prendre des décisions importantes lorsque vous êtes bouleversé.
  • Rappelez-vous que ce n’est pas parce que l’on souffre moins que l’on oublie. Vous pouvez vous sentir mieux tout en vous souvenant de la personne décédée. Vous ne la trahissez pas en souffrant moins. Rappelez-vous les bons moments passés avec l’être cher.
  • Participez à des groupes d’entraide pour les personnes vivant un deuil ou faites appel aux ressources offrant de l’écoute, du soutien téléphonique ou en ligne. Cela pourrait vous aider à gérer vos émotions ou à développer des stratégies pour mieux vivre le deuil.

Consultez les ressources d’aide et de soutien disponibles dans la page Demander du soutien et de l’aide psychosociale après un sinistre.

Pour d’autres moyens pouvant vous aider en situation de deuil, consultez la page Quoi faire pour aller mieux après un sinistre.

Dernière mise à jour : 21 février 2022

Évaluation de page

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Des questions ou besoin de renseignements?

Communiquez avec Services Québec