Faisan de Colchide
Nom français
Faisan de Colchide
Nom anglais
Common pheasant
Nom scientifique
Phasianus colchicus
Grand groupe
Oiseaux
Dans cette page :
Description
Le faisan de Colchide est une espèce exotique potentiellement préoccupante. Elle n’est pas encore établie au Québec. Elle représente une des espèces les plus largement introduites et les mieux connues en Amérique du Nord.
Identification
Coloration
Le plumage bronzé du mâle contraste avec le collier blanc de son cou. Des plumes bleu-vert iridescentes sont situées de chaque côté de sa tête verte, ornée de caroncules (protubérances qui se trouvent derrière la tête et le cou) rouge vif. De larges bandes noires colorent sa longue queue pâle. Sa face est rouge, sa poitrine est marron, et ses flancs tirent sur l’orangé. Le dessus de ses ailes et son croupion sont grisâtres.
La femelle est plus terne que le mâle. Elle est tachetée de brun, et son dos est marqué de petits points noirs. Elle n’a pas la tête colorée du mâle.
Les juvéniles sont semblables aux femelles. Les jeunes mâles commencent à ressembler aux adultes à partir de l’âge de 2 mois.
Traits caractéristiques
Le faisan de Colchide a une très longue queue effilée. Ses ailes sont courtes et arrondies. Cet oiseau de taille moyenne peut ressembler à une poule. Les deux sexes sont différents, le mâle étant plus gros et beaucoup plus coloré que la femelle.
Distinction
Le mâle ne ressemble à aucune autre espèce d’oiseau sauvage au Canada. La femelle peut ressembler au tétras à queue fine, mais ce dernier est plus petit, sa queue est plus courte et elle est blanche sur les côtés. De plus, il a des taches blanches sur les ailes et ses tarses sont emplumés.
Espèce similaire
Répartition
L’aire de répartition naturelle du faisan de Colchide se situe en Asie. L’espèce a été introduite dans près de cinquante pays répartis sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Des populations se sont établies partout en Amérique du Nord, particulièrement sur les terres agricoles des régions situées à une latitude moyenne.
Au Canada, l’espèce est surtout présente dans la portion sud du pays, dans les provinces de l’Atlantique et les Prairies. Les forêts de feuillus du sud de l’Ontario sont reconnues pour supporter une population sauvage de faisan de Colchide.

Aire de répartition du faisan de Colchide en fonction de la température annuelle moyenne. Le sud du Québec affiche des températures annuelles moyennes analogues à celles de certaines parties de l’aire de répartition du faisan de Colchide. Carte adaptée de l’UICN (2017).© UICN
Présence au Québec
C’est au début des années 1900 que les premiers individus ont été relâchés dans la province. Il s’agissait d’oiseaux élevés pour la chasse dans des fermes à gibier. C’est de cette façon que des individus ont été libérés, à intervalle régulier dans les années 1950 à 1960, aux environs de Kamouraska, de Québec et de l’île d’Orléans. Il est également probable que des individus en provenance des États-Unis se soient déplacés vers la province.
Bien qu’il y ait encore des lâchers sporadiques de faisans de Colchide chaque année au Québec, cette espèce n’est pas officiellement considérée comme une espèce établie dans la province.
Origine
Exotique
Statut de résidence des populations
Cette espèce n’est pas encore établie au Québec.
État de la situation
De 1940 à 1982, une population de faisan de Colchide s’était établie dans les cimetières du mont Royal. L’effectif de cette population a culminé en 1949, alors qu’il comptait 143 individus. Cette population a fluctué au cours des années suivantes. Elle se serait maintenue grâce à la nourriture fournie par les humains en hiver, aux petits fruits trouvés dans les arbustes à proximité du cimetière ainsi qu’à l’absence presque totale de prédateurs et de compétition pour les meilleurs sites de nidification. Des faisans de Colchide ont également survécu sur les terrains du Jardin zoologique de Charlesbourg de 1943 à 1954 grâce au nourrissage artificiel pendant l’hiver.
L’espèce est généralement élevée en captivité et largement introduite en Amérique du Nord. Toutefois, il existe plusieurs petites populations dispersées en dehors de leur aire de répartition normale. Le faisan de Colchide est un nicheur occasionnel dans les basses-terres du Saint-Laurent. Nos longs hivers limitent la survie et la reproduction de l’espèce dans la province. Toutefois, les changements climatiques augmentent les probabilités d’établissement d’une population permanente. Les mentions de faisans de Colchide proviennent surtout de terres agricoles situées dans le sud de la province, comme en Estrie et en Outaouais. Cette espèce est observée dans les villes de Québec et de Montréal et leurs environs, où elle est probablement nourrie par les humains tout l’hiver. Des mentions proviennent également de la région du Saguenay.
Il est envisageable que quelques oiseaux libérés au Québec pour la chasse sportive réussissent à survivre l’hiver et à se reproduire le printemps suivant. Les changements climatiques pourraient aussi contribuer à l’établissement de faisans de Colchide au Québec en réduisant l’épaisseur de la couverture de neige et la durée des épisodes de froid extrême.
Signalement
Le faisan de Colchide est une espèce exotique envahissante. Vous pouvez signaler sa présence en transmettant vos observations sur la plateforme eBird.
Habitat
Les prairies, les fermes, les vergers et les parcs résidentiels représentent des habitats potentiels pour le faisan de Colchide. Ce dernier recherche les champs de plantes fourragères et en culture pour la nidification et l’alimentation.
Le manque de nourriture incite les faisans à s’approcher des pâturages et des postes d’alimentation. Pour répondre à ses besoins en calcium, l’espèce a besoin de sols calcaires. Au Québec, l’épaisseur du couvert de neige est plus limitante pour l’espèce que le froid. En effet, le faisan éprouve de la difficulté à trouver sa nourriture sous un épais couvert de neige et ne pourrait pas survivre dans un milieu recevant plus de 125 centimètres de neige par année.
Alimentation
Le régime alimentaire du faisan de Colchide est diversifié. Il se nourrit principalement de matières végétales, de graines, de glands, de baies sauvages et de céréales comme le maïs et le blé, mais il mange aussi des souris et des mollusques (gastéropodes).
Reproduction
C’est en février ou en mars que le mâle commence à s’approprier un territoire pour y attirer des femelles. Il défendra vigoureusement ce territoire contre les autres mâles qui voudraient s’y installer.
Le faisan de Colchide est une espèce polygyne, c’est-à-dire qu’il se reproduit avec plusieurs femelles durant une même saison. Le harem du mâle est généralement composé de trois ou quatre femelles. Le mâle choisit habituellement un milieu ouvert comme territoire de nidification, entouré de quelques boisés et broussailles qui peuvent lui servir d’abri s’il se sent menacé.
La femelle s’occupe seule de la construction du nid, de l’incubation et des soins donnés aux jeunes. Le nid consiste en une dépression peu profonde dans le sol, garnie de feuilles et d’herbes. On le trouve à couvert dans les champs, le long des clôtures, dans les fossés ou les haies d’arbustes.
La température qu’il fait au cours des trois semaines précédant la période de ponte aura un effet déterminant sur la productivité et l’abondance de la population de faisan de Colchide. Du temps frais peut retarder la ponte et inciter les femelles à pondre au hasard ou dans un nid de dépôt, c’est-à-dire un nid commun partagé avec d’autres femelles, mais qui est rarement incubé.
Les femelles ne produisent qu’une seule couvée par année, sauf si elles subissent un échec de nidification. Le cas échéant, elles peuvent tenter de nicher jusqu’à deux fois au cours de la saison.
Prévention et contrôle de son introduction
Le faisan de Colchide est une espèce très prisée des chasseurs. Cependant, la libération en nature de faisans de Colchide d’élevage dans le but de les chasser contribue au risque que l’espèce parvienne un jour à s’établir au Québec. Cette pratique n’est donc pas recommandée.
Un autre moyen facile et efficace de restreindre la dispersion de l’espèce est de ne pas nourrir les oiseaux durant l’hiver afin de limiter leur survie.
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Conséquences de son introduction
L’introduction du faisan de Colchide pourrait entraîner la modification de la structure et de la composition des communautés qui sont en compétition avec les espèces indigènes. Aux États-Unis, le faisan de Colchide entre en compétition pour la possession de territoires avec le tétras des prairies, une espèce vulnérable. En Angleterre, le faisan de Colchide parasite les nids de perdrix grise en y pondant ses œufs.
Dernière mise à jour : 20 février 2026