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Fiches des espèces floristiques
Vente et culture interdites
La culture de cette espèce à des fins de multiplication est interdite au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Sa vente sera interdite à compter du 4 juin 2027 en vertu de ce même règlement.
Cabomba de Caroline. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Nom français
Cabomba de Caroline
Autre(s) nom(s) français
Éventail de Caroline, ondine de Caroline
Nom anglais
Carolina fanwort
Autre(s) nom(s) anglais
Carolina water shield, green cabomba, fanwort
Cabomba caroliniana A. Gray
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Cabombaceae
Description
Le cabomba de Caroline est une plante aquatique vivace dont les tiges et les feuilles ont l’aspect d’un tube. Il pousse sous l’eau, mais ses tiges florales sortent à la surface. Originaire d’Amérique du Sud et du sud des États-Unis, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Les tiges du cabomba de Caroline se développent à partir de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 1 enfouis au fond de l’eau. Elles mesurent de 1 à 2 m, parfois jusqu’à 10 m, et ont un diamètre de 2 à 4 mm. Certaines atteignent la surface et produisent des feuilles flottantes et des fleurs. À la fin de la saison de croissance, des turions Lire le contenu de la note numéro 2 se forment à l’extrémité des tiges. Ces turions peuvent donner de nouveaux plants au printemps suivant.

Tiges du cabomba de Caroline. © Robert Vidéki, Doronicum Kft., Bugwood.org
Feuilles
Le cabomba de Caroline présente deux types de feuilles. Les feuilles submergées, vert foncé, sont finement découpées en forme d’éventail et disposées de façon opposée de chaque côté de la tige. Elles poussent sur un pétiole Lire le contenu de la note numéro 3 de 1 à 4 cm. Chaque feuille se divise en 3 à 7 segments qui se divisent à leur tour en de nombreux petits segments fins. Plus elles sont près de la surface, plus elles sont grandes, comptant parfois jusqu’à 200 segments.
Les feuilles flottantes, plus rares, sont entières, allongées, et poussent en alternance sur les tiges florales. Elles sont vertes ou vert olive et mesurent de 5 à 30 mm de long sur 1 à 4 mm de large.

Feuilles submergées du cabomba de Caroline. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs du cabomba de Caroline sont petites, de 6 à 15 mm, et solitaires. Elles sortent de l’eau sur une tige florale de 3 à 10 cm de long. Chaque fleur a 3 pétales et 3 sépales Lire le contenu de la note numéro 4 blanc crème, jaunes ou pourpres. La floraison a lieu du début de l’été jusqu’à l’automne.

Fleurs et feuilles flottantes du cabomba de Caroline. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Fruits
Les fruits mesurent de 4 à 7 mm et contiennent jusqu’à 3 graines. Dans les climats tempérés froids comme celui du sud du Québec, peu de graines sont produites, et elles germent rarement.
Racines
Le cabomba de Caroline développe son système racinaire à partir de rhizomes. Il est composé de nombreuses racines fines qui peuvent mesurer jusqu’à 25 cm.
Distinctions
Il existe plusieurs espèces indigènes de myriophylles au Québec, ainsi qu’une espèce exotique : le myriophylle à épis. Ces plantes aquatiques, tout comme le cabomba de Caroline, vivent sous l’eau. Leurs feuilles ressemblent à des plumes, et leurs fleurs sont peu visibles.
Le bident de Beck est une plante indigène plutôt rare au Québec. Il se distingue par ses tiges florales qui sortent de l’eau, couvertes de petites feuilles dentelées et de fleurs jaunes.
La cornifle nageante est une plante indigène commune en Amérique du Nord. Elle pousse sous l’eau, n’a pas de racines, et ses feuilles conservent leur forme même hors de l’eau.
Répartition
Le cabomba de Caroline est originaire de l’Amérique du Sud, du Mexique et du sud-est des États-Unis. Il est adapté aux climats subtropical et tempéré chaud. Aux États-Unis, il est admis que toutes les populations situées au nord de la Virginie ont été introduites.
Depuis la fin du 19e siècle, l’espèce continue de s’étendre vers le nord et vers l’ouest de l’Amérique du Nord. Elle est maintenant bien établie dans les régions des Grands Lacs et du Nord-Est.
Au Canada, seules deux populations établies en milieu naturel sont connues :
- L’une dans le lac Kasshabog et ses environs, en Ontario;
- L’autre dans l’étang Frog à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le cabomba de Caroline n’a jamais été observé au Québec, il est donc considéré comme absent.
Détection et suivi
Plusieurs outils peuvent faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque le cabomba de Caroline est une espèce exotique envahissante non répertoriée au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle.
Habitat
Le cabomba de Caroline pousse dans des eaux douces peu profondes (moins de 3 m). Il préfère les zones calmes comme les baies de lacs et de rivières, les étangs, les marais, les chenaux et les canaux de drainage. Il croît plus facilement dans les substrats fins et les eaux riches en nutriments. On le trouve dans des eaux claires ou troubles, mais il préfère un pH acide.
Originaire du sud des États-Unis, où la température moyenne annuelle se situe entre 15 et 18 °C, le cabomba de Caroline s’étend vers le nord depuis plus de 100 ans. Ses rhizomes, ses tiges et ses turions peuvent survivre aux hivers des climats tempérés froids. La population de cabomba de Caroline observée près de Peterborough, en Ontario, montre qu’il peut se développer même là où la température moyenne annuelle est aussi basse que 6 °C, comme c’est le cas dans tout le sud-ouest du Québec.
Reproduction et propagation
Dans les climats tempérés froids, le cabomba de Caroline peut fleurir abondamment, mais il ne produit pas de graines viables, même en présence de fruits. Cela s’explique probablement par une saison de croissance trop courte. Même dans son aire d’origine, l’espèce produit peu de graines.
En revanche, sa reproduction végétative est très efficace, ce qui favorise sa propagation dans de nombreuses régions du monde. Des fragments de rhizomes, de tiges ou de turions peuvent s’enraciner et former de nouveaux plants. Les tiges se fragmentent facilement, flottent un moment puis s’enracinent ailleurs.
Le cabomba de Caroline est vendu comme plante d’aquarium et de jardin d’eau. Lors du nettoyage, le rejet de plants dans les égouts ou les milieux naturels peut contribuer à sa propagation. De plus, les fragments transportés accidentellement par des embarcations ou du matériel mal nettoyés peuvent être une source d’introduction dans les lacs et les cours d’eau.
Conséquences, prévention et contrôle
Le cabomba de Caroline est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 5
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. De plus, il est visé par le
Les conséquences de la présence du cabomba de Caroline sur l’environnement et la société sont surtout documentées en Australie et en Chine. Toutefois, on s’attend à des conséquences similaires en Amérique du Nord. L’espèce forme des herbiers denses qui interceptent presque toute la lumière, ce qui nuit aux plantes aquatiques indigènes. Les herbiers peuvent aussi obstruer les canaux, les fossés, les marais et les étangs. On présume que l’arrivée du cabomba de Caroline dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent entrainerait des conséquences importantes telles que les suivantes :
- Réduction de la diversité végétale en raison de l’envahissement de milieux naturels;
- Dégradation de l’habitat de la faune aquatique causée par une diminution de l’oxygène dans l’eau;
- Réduction de la disponibilité en eau attribuable à l’obstruction de prises d’eau;
- Nuisance à la baignade, à la pêche et à la navigation de plaisance.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du cabomba de Caroline :
- Apprendre à le reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consulter les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement son introduction;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
En Amérique du Nord, les exemples de lutte contre le cabomba de Caroline sont rares. L’arrachage manuel est efficace, même si son abondance rend la tâche difficile. Comme pour le myriophylle à épis, le bâchage Lire le contenu de la note numéro 6 donne de bons résultats, notamment selon l’expérience au lac Kasshabog en Ontario. Lorsque les conditions le permettent, le dragage, le remplissage ou l’assèchement de petits plans d’eau envahis peuvent aussi être envisagés.
Pour toute intervention dans les milieux humides, ainsi que sur les rives ou le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale du Ministère ou encore de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [
LARSON, J., L. CAO, L. BERENT et S. IOTT (2025). Cabomba caroliniana A. Gray : U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, Gainesville, FL, and NOAA Great Lakes Aquatic Nonindigenous Species Information System, Ann Arbor, MI. [
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [
U.S. FISH & WILDLIFE SERVICE (2018). Carolina fanwort (Cabomba caroliniana), Ecological Risk Screening Summary.
À consulter aussi
-
Note de bas de page numéro 1Le rhizome est une courte tige souterraine d’où partent plusieurs longues racines fibreuses dans le système racinaire. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les turions sont de petits bourgeons qui se forment sur la tige à la fin de l’été ou en automne. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec. Retour à la référence de la note numéro 5
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Note de bas de page numéro 6Le bâchage est une méthode qui consiste à recouvrir d’une toile l’ensemble des tiges d’une population d’une espèce envahissante pour en empêcher la croissance ou bloquer la lumière. Retour à la référence de la note numéro 6
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026