Châtaigne d’eau

Châtaigne d’eau flottant sur l’eau.

Châtaigne d’eau. © Marie-Eve Tousignant, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Châtaigne d’eau

Autre(s) nom(s) français
Mâcre nageante

Nom anglais
Water chestnut

Nom scientifique

Trapa natans Linnaeus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Lythraceae

Description

La châtaigne d’eau est une plante aquatique annuelle. Elle forme des rosettes qui flottent à la surface de l’eau et qui s’empilent souvent les unes par-dessus les autres. Ces rosettes forment des tapis de végétation très denses. Il s’agit d’une espèce exotique envahissante originaire de l’Eurasie.

Identification

Tige

La portion de la tige qui se trouve sous l’eau mesure entre 1 et 5 m de long. La portion de la tige en dehors de l’eau est courte et porte des feuilles flottantes. Au cours de l’été, la tige principale forme des tiges secondaires qui produisent de nouvelles rosettes de feuilles.

Feuilles

La châtaigne d’eau a deux types de feuilles.

Les feuilles flottantes présentent les caractéristiques suivantes :

  • Elles sont dentelées et triangulaires ou en forme de losange;
  • Elles mesurent de 5 à 8 cm de diamètre;
  • Le dessus de la feuille est luisant;
  • Le dessous de la feuille est couvert de poils souples;
  • Elles forment une rosette pouvant atteindre 30 cm de diamètre;
  • Elles ont des pétioles (ce qui relie la feuille à la tige) spongieux longs de 5 à 18 cm qui agissent comme des flotteurs.

Les feuilles submergées ressemblent à une plume et sont attachées à la tige par paires.

Fleurs

Les fleurs mesurent environ 1 cm de long. Elles se trouvent à la base des feuilles flottantes au centre de la rosette. Elles ont quatre pétales blancs. Les fleurs apparaissent de juillet à septembre.

Fruits

Le fruit est une noix avec quatre pointes. Une rosette peut former de 10 à 15 noix qui se détachent du plant à la fin de l’été et qui se déposent au fond de l’eau. Les noix peuvent germer le printemps suivant ou quelques années plus tard et former de nouveaux plants.

Racines

Les racines se développent à la base de la tige et fixent la plante aux sédiments situés dans le fond de l’eau. Elles sont fines et nombreuses. La châtaigne d’eau peut continuer à se développer même si elle est déracinée.

Répartition

La châtaigne d’eau a été introduite d’Eurasie et a été observée pour la première fois au Québec en 1998 dans la rivière du Sud, un affluent de la rivière Richelieu, dans laquelle elle s’est également établie par la suite. En 2008, la châtaigne d’eau a été identifiée dans la rivière des Outaouais, notamment dans le lac des Deux Montagnes. Au cours des dernières années, l’espèce s’est également établie dans les rivières Saint-François et Yamaska. La châtaigne d’eau est également présente dans la rivière aux Brochets, au nord du lac Champlain, et dans l’étang du Village, dans Lanaudière.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La châtaigne d’eau est établie au Québec. Depuis 2000, des efforts de lutte déployés au Québec, dans le reste du Canada et dans les États américains voisins, ont permis de limiter sa propagation. Cependant, il faut maintenir les activités de détection et de contrôle, car de nouveaux secteurs d'introduction peuvent apparaître à tout moment.

Détection et suivi

Pour faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques, plusieurs outils sont disponibles.

Signalement

Comme la châtaigne d’eau est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

La châtaigne d’eau peut pousser dans plusieurs types d’habitats d’eau douce, dont les lacs, les marais et les chenaux. Elle peut aussi être présente dans des eaux légèrement salées. Elle aime les eaux calmes, riches en nutriments et peu profondes (moins de 5 m de profondeur). Elle préfère également les milieux où les sédiments sont fins, mais elle peut s’accommoder d’autres types de substrats comme les fonds rocheux.

Reproduction et propagation

Avec le climat tempéré froid du Québec, la châtaigne d’eau se reproduit uniquement par la production de noix. Un seul plant de châtaigne d’eau peut produire jusqu’à 15 rosettes et chaque rosette peut produire jusqu’à 15 noix. La croissance d’une colonie peut donc être très rapide.

On soupçonne que la châtaigne d’eau peut se propager de différentes façons, notamment :

  • par la dérive de rosettes qui se sont détachées du plant;
  • par le transport de noix ou de rosettes par les embarcations, les remorques et les équipements nautiques;
  • par les noix qui s’accrochent au plumage ou à la fourrure des animaux;
  • par le relâchement de résidus de végétaux en milieu naturel lors du nettoyage des jardins d’eau par leurs propriétaires.

Conséquences, prévention et contrôle

La châtaigne d’eau est particulièrement nuisible à la biodiversité et au fonctionnement des plans d’eau. Elle figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes floristiques jugées prioritaires au Québec.

Elle se développe rapidement et forme de vastes tapis flottants, ce qui laisse peu d’espace aux plantes indigènes. Elle réduit également la lumière nécessaire à la croissance des plantes aquatiques submergées. La décomposition des plants à l’automne diminue le niveau d’oxygène dans l’eau. L’abondance de la châtaigne d’eau peut empêcher la pratique d’activités comme la navigation de plaisance, la baignade ou la pêche.

C’est pourquoi il est important de mettre en œuvre des mesures de prévention, de détection, de suivi et de contrôle à l’égard de cette espèce.

Si vous repérez la châtaigne d’eau en milieu naturel, signalez-la sur la plateforme Sentinelle. S’il s’agit d’une nouvelle introduction, des actions pourront être entreprises pour commencer la lutte contre cette espèce.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent faire une différence pour protéger les plans d’eau du Québec :

  • Évitez de la semer, de la planter, de la multiplier ou de la transporter. Choisissez des espèces non envahissantes pour votre jardin et privilégiez des espèces indigènes.
  • Ne rejetez jamais dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium. Certaines espèces peuvent survivre, se propager et avoir des effets nuisibles importants et souvent irréversibles sur les écosystèmes, la biodiversité et plusieurs activités socioéconomiques.
  • Évitez de naviguer dans les zones où poussent de grande quantité de plantes aquatiques afin de ne pas contribuer à propager la châtaigne d’eau ou d’autres espèces.
  • Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.

Méthodes de contrôle

Lorsque vous détectez des plants ou une colonie de châtaigne d’eau, vous devez intervenir rapidement afin de limiter leur propagation et de les éliminer.

Bien que la châtaigne d’eau soit une plante annuelle, les noix qu’elle produit peuvent rester en dormance et survivre plusieurs années dans le fond de l’eau.

L’arrachage manuel des rosettes est la principale méthode de lutte. Le travail doit se faire avant la maturation des noix, qui commence vers la mi-août. Cette méthode de contrôle est efficace, mais elle exige des efforts importants, notamment lorsque l’envahissement est majeur. La recherche de colonies et de plants isolés dans des secteurs difficiles d’accès ou cachés dans la végétation nécessite également des efforts significatifs.

Lorsque l’arrachage manuel n’est pas envisageable en raison d’un envahissement trop important, l’arrachage mécanisé et le faucardage (coupe) peuvent être pertinents.

Pour les interventions dans les milieux humides, les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité, le bureau du Ministère et de la gestion de la faune de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

Pour en savoir plus

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/] (Consulté le 2024-03-18)

HUMMEL, M. et E. KIVIAT (2004). « Review of World Literature on Water Chestnut with Implications for Management in North America ». Journal of Aquatic Plant Management, vol. 42, janvier, p.17-28.

LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.

PFINGSTEN, I.A., L. CAO, L. BERENT. L.O. WISHAH et C.R. MORNINGSTAR (2024). Trapa natans L, dans Nonindigenous Aquatic Species Database, U.S. Geological Survey, [En ligne]. [https://nas.er.usgs.gov/queries/FactSheet.aspx?SpeciesID=263] (Consulté le 2024-03-19]

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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