Myriophylle à épis

Myriophylle à épis.

Myriophylle à épis. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Myriophylle à épis

Autre(s) nom(s) français
Myriophylle en épi

Nom anglais
Eurasian water-milfoil

Autre(s) nom(s) anglais
Eurasian spiked water-milfoil

Nom scientifique

Myriophyllum spicatum Linnaeus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Haloragaceae

Description

Le myriophylle à épis est une plante vivace qui pousse au fond des plans d’eau, entre 1 et 4 m de profondeur. C’est une plante aquatique submergée qui peut former des herbiers denses et qui se propage principalement par la fragmentation de ses tiges. Originaire de l’Eurasie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

Les tiges du myriophylle à épis sont minces, peuvent atteindre 6 m de long et sont enracinées au fond de l’eau. Près de la surface de l'eau, elles se divisent abondamment et flottent en poursuivant leur croissance, formant une couverture dense. Les tiges peuvent mourir à la fin de la saison ou survivre sous la glace.

Feuilles

Les feuilles du myriophylle à épis sont disposées autour de la tige sur toute sa longueur, en groupes de quatre (parfois cinq) séparés de plus de 1 cm. Les feuilles sont vertes et mesurent de 18 à 32 mm de long par 10 à 20 mm de large. Chaque feuille a de 12 à 24 paires de segments, appelés folioles, lui donnant l’aspect d’une plume. L’extrémité des feuilles est souvent coupée, formant une ligne droite.

Fleurs

Les fleurs du myriophylle à épis sont très petites, mesurent moins de 1 mm et ont quatre pétales blancs, verdâtres ou pourpres. Elles sont regroupées en épis de 5 à 20 cm qui émergent de l’eau. Les fleurs mâles sont en haut de l’épi et les fleurs femelles, en bas. La floraison se déroule de juin à octobre, mais il arrive parfois qu’un plant ne produise pas d’épi.

Fruits

Les fruits du myriophylle à épis sont petits et ronds.

Racines

Le système racinaire du myriophylle à épis est composé d’un dense réseau de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 1 , qui n’est pas ancré profondément dans le fond du plan d’eau.

Espèces similaires

Myriophylles indigènes (Myriophyllum sp.)

Utriculaires (Utricularia spp.)

Cornifles (Ceratophyllum sp.)

Distinctions

Il y a six espèces de myriophylle indigènes (PDF 1,10 Mo) au Québec. Leurs feuilles ont généralement jusqu’à 11 paires de folioles. Sur leur tige, l’espace entre les groupes de feuilles est égal ou inférieur à 1 cm.

Les utriculaires ont des feuilles subdivisées de manière irrégulière, ressemblant à des racines ou à des branches d’arbre. Elles peuvent avoir des utricules : de petits réceptacles qui capturent des invertébrés.

Les feuilles des cornifles sont rigides et rassemblées par groupes de 3 à 11 sur la tige. Elles ne sont pas en forme de plume comme celles du myriophylle à épis, mais divisées en fourches et dotées de petites épines.

Répartition

Le myriophylle à épis a été introduit aux États-Unis dans les années 1940 à partir de l’Asie (Chine et Corée du Sud), probablement pour servir de plante d’aquarium. Aujourd’hui, il est présent dans tous les États américains au sud du Canada, de même qu’en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Au Québec, le myriophylle à épis a été observé pour la première fois en 1958 au lac Saint-Pierre, dans le fleuve Saint-Laurent. Il est resté dans le fleuve jusqu’à la fin des années 1960, puis s’est étendu dans les lacs et les rivières de l’Estrie et de l’Outaouais dans les années 1970 et 1980. Depuis les années 1990, il s’est surtout propagé en raison de l’augmentation de la popularité des lacs pour la villégiature. Il a été détecté en Abitibi en 2001, au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord en 2016, et au Saguenay–Lac-Saint-Jean en 2024.

Les régions les plus touchées sont l’Estrie, les Laurentides et l’Outaouais, où la navigation de plaisance est particulièrement populaire. Toutes les régions du Québec méridional, sauf la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, comptent au moins un plan d’eau dans lequel se trouve le myriophylle à épis. Il est moins fréquent à l’est de la Capitale-Nationale, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et à l’est de l’Estrie, sur la rive sud.

Consultez la liste des lacs et cours d’eau du Québec (PDF 306 Ko) où la présence du myriophylle à épis a été rapportée.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

Le myriophylle à épis est bien établi au Québec. Sa propagation est facilitée par la fragmentation des tiges, qui rend aussi difficile le contrôle de son expansion.

Bien qu’il puisse croître rapidement et coloniser différents habitats, sa présence n’entraîne pas toujours l’envahissement d’un plan d’eau. En effet, les plantes indigènes peuvent parfois continuer à dominer même après l’installation du myriophylle à épis.

Détection et suivi

Pour faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques, plusieurs outils sont disponibles.

Signalement

Comme le myriophylle à épis est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

Le myriophylle à épis pousse dans divers milieux, comme les lacs, les étangs, les marais, les chenaux et les sections calmes des cours d’eau. Il préfère les eaux riches en nutriments et légèrement alcalines (pH >7). Il peut également croître dans des eaux saumâtres, car il tolère le sel. Il se trouve généralement à des profondeurs variant de 1 à 4 mètres, mais peut aller jusqu’à 10 m de profondeur dans les eaux claires. Il s’enracine souvent dans des sédiments minéraux fins contenant un peu de matière organique.

Reproduction et propagation

Le myriophylle à épis se reproduit principalement de façon végétative par la fragmentation de ses tiges, qui se produit naturellement de mi-juillet à octobre. Les activités nautiques peuvent aussi contribuer à la fragmentation des tiges. Les fragments flottent à la surface ou dans l’eau, ce qui leur permet de se déplacer. Les courants, les embarcations et leurs équipements, les remorques et d’autres supports peuvent contribuer au déplacement de ces fragments vers de nouveaux endroits. Un petit fragment qui se dépose au fond de l’eau peut prendre racine et former un nouveau plant.

Les racines du myriophylle à épis génèrent régulièrement de nouvelles tiges, ce qui permet à la plante d’étendre la superficie qu’elle occupe et d’augmenter la densité de ses tiges. Bien qu’elle produise des semences viables, on ne sait pas dans quelle mesure ce mode de reproduction contribue à sa propagation.

Biologie

Les rhizomes, les racines et les pousses basses de la plante peuvent survivre tout l’hiver, ce qui lui permet d’amorcer sa croissance tôt au printemps.

Conséquences, prévention et contrôle

Le myriophylle à épis est classé parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.

Le myriophylle à épis envahit l’habitat de plusieurs plantes aquatiques indigènes, réduisant ainsi la diversité végétale des plans d’eau.

Les herbiers denses de myriophylle à épis gênent la baignade et la navigation de plaisance lorsque les tiges atteignent la surface de l’eau. Les petites embarcations ont du mal à se déplacer et les tiges peuvent s’enrouler autour des hélices des moteurs hors-bord.

Il est donc important :

  • de surveiller attentivement l’introduction de l’espèce dans les milieux naturels;  
  • de signaler sa présence pour suivre sa répartition et son évolution;  
  • d’évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du myriophylle à épis :

  • Apprenez à le reconnaître;
  • Évitez de naviguer dans les zones où poussent de grandes quantités de plantes aquatiques afin de ne pas contribuer à propager le myriophylle à épis ou d’autres espèces;
  • Inspectez et retirez les amas et les résidus de plantes aquatiques des embarcations et équipements;
  • Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
  • Surveillez les plans d’eau afin de détecter rapidement l’apparition du myriophylle à épis;
  • Ne rejetez jamais dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium. Certaines espèces peuvent survivre, se propager et avoir des effets nuisibles importants et souvent irréversibles sur les écosystèmes, la biodiversité et plusieurs activités socioéconomiques.

Méthodes de contrôle

Avant d’envisager des travaux pour lutter contre le myriophylle à épis, il est important de bien évaluer sa présence dans le plan d’eau. Si la plante est peu abondante, une lutte peut être envisagée rapidement. Si l’invasion est déjà avancée, il faut déterminer si l’intervention est pertinente et fixer des objectifs réalistes, car il s’agit d’une opération complexe et coûteuse, aux résultats incertains. La lutte doit être planifiée à long terme avec l’aide de professionnels. Il faut choisir les herbiers à traiter avec soin et les méthodes à utiliser. Après l’intervention, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

Voici les principales méthodes de contrôle recommandées :

L’arrachage manuel des tiges et du système racinaire sous l’eau doit être réalisé par des plongeurs qualifiés. Les tiges et les racines doivent être remontées à la surface pour éviter qu’elles ne se propagent dans d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux ordures ou au compost de façon sécuritaire.

Le bâchage des tiges au fond de l’eau peut être effectué en étendant une toile pour empêcher la croissance du myriophylle à épis. Cette méthode doit être appliquée tôt au printemps. La toile doit couvrir toutes les tiges d’une colonie. Il existe des toiles en fibre de verre qui doivent être enlevées après une période minimale de 10 semaines et des toiles en jute, biodégradables, qui n’ont pas besoin d’être retirées.

Le faucardage consiste à faucher le myriophylle à épis avec un engin mécanisé et à récolter les tiges en surface. Cette méthode ne l’élimine pas, mais permet de réduire temporairement sa présence et de faciliter certaines activités, comme la baignade et la navigation de plaisance.

Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité ou les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 2024-11-13).

JACOB-RACINE, R., et C. LAVOIE (2018). « Reconstitution historique de l’invasion du Québec par le myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum) », Le Naturaliste canadien, vol. 143, no 2, p. 40 46.

QUÉBEC. MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS DU QUÉBEC. Prévention et lutte contre le myriophylle à épis– Guide d’accompagnement, Québec, [Fichier PDF], Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, 2023, 52 p.

SCRIBAILO, R. W., et M. S. ALIX, « Myriophyllum spicatum Linnaeus » Flora of North America, vol. 10, [En ligne]. 1993+. [http://floranorthamerica.org/Myriophyllum_spicatum]. (consulté le 2024-12-23)

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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