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Fiches des espèces floristiques
Ventes et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Potamot crépu. © Chris Evans, University of Illinois, Bugwood.org
Nom français
Potamot crépu
Autre(s) nom(s) français
Potamot crispé
Nom anglais
Curly-leaved pondweed
Autre(s) nom(s) anglais
Curled pondweed, curly pondweed
Potamogeton crispus Linnaeus
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Potamogetonaceae
Description
Le potamot crépu est une plante aquatique vivace et submergée qui peut former des herbiers Lire le contenu de la note numéro 1 denses. Originaire d’Eurasie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Les tiges du potamot crépu sont légèrement aplaties et de couleur brun rougeâtre. Elles peuvent atteindre plusieurs mètres de long et sont ramifiées, ce qui donne un aspect touffu à la plante. Les tiges sont formées à partir de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 2 et de turions, des bourgeons végétatifs formés au printemps et qui germent à l'automne. Les turions sont durs mais flexibles; ils ont la texture du plastique rigide. Ils mesurent de 1 à 2 cm de long et sont portés par de courtes branches le long de la tige.

Tige et turion de potamot crépu. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Feuilles
Les feuilles du potamot crépu sont disposées en alternance sur la tige et ne possèdent pas de pétiole Lire le contenu de la note numéro 3 . La plante possède deux types de feuilles submergées : celles formées au printemps et au début de l’été, ainsi que celles formées à l’automne ou à l’hiver. Les premières sont plus longues (4 à 10 cm) que larges (5 à 10 mm) et ses deux bouts sont arrondis. Elles sont légèrement translucides. Leur couleur varie de vert olive à brun rougeâtre. Leur contour est distinctement ondulé comme une pâte à lasagne et comporte de petites dents visibles à l'œil nu. Elles se désagrègent tôt durant la saison de croissance, soit en juillet. Le feuillage hivernal est formé à l’automne et il est plus étroit, aplati, de couleur bleu-vert. Il est plus souple et plus translucide que le feuillage d'été.

Feuille printanière de potamot crépu. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs du potamot crépu sont disposées en épi émergeant de 1 à 3 cm. Le pétiole de l'épi est mince et parfois courbé. Il peut mesurer jusqu'à 7 cm de long. Les fleurs sont petites et ont 4 lobes ressemblant à des pétales. La floraison a lieu de juin à septembre.
Fruits
Les fruits du potamot crépu sont des akènes Lire le contenu de la note numéro 4 de forme ovale. Ils mesurent de 4-6 mm de long sur 2-2,5 mm de large et portent un bec pointu. Ils sont de couleur rouge brunâtre à maturité. Les fruits sont produits à la fin du printemps.
Racines
Le système racinaire est constitué de rhizomes.
Espèces similaires
Potamots indigènes (Potamogeton spp.)
Distinctions
On compte 28 espèces de potamots au Québec. Le potamot crépu est le seul potamot dont les feuilles ont une marge dentelée et ondulée comme une pâte à lasagne. Certains potamots (p. ex. Potamogeton richardsonii, P. praelongus et P. perfoliatus) peuvent avoir des feuilles ondulées, mais leur contour ne porte pas de petites dents.
Répartition
Originaire d’Eurasie, le potamot crépu a été introduit en Amérique du Nord pour des raisons qui demeurent inconnues. La première observation en milieu naturel au Québec a eu lieu en 1932.
Au Canada, il est présent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Dans le nord-est des États-Unis, il est présent dans plusieurs États, dont ceux voisins du Québec : États de New York, du Vermont et du New Hampshire.
Au Québec, il est présent dans toutes les régions sauf la Gaspésie, la Côte-Nord et la Nord-du-Québec.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le potamot crépu est établi au Québec. L’espèce n’est pas bien connue des professionnels qui dressent des inventaires floristiques et il est probable qu’elle soit plus répandue que ce que les observations suggèrent.
Détection et suivi
Plusieurs outils peuvent faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque le potamot crépu est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le potamot crépu pousse en eau peu profonde, surtout entre 1 et 3 m de profondeur. Il aime les sols meubles et les eaux riches en nutriments qui ont un pH variable (de 6 à 9). Il tolère des eaux légèrement salées. Il préfère les eaux calmes des rivières et des lacs, ainsi que celles des étangs et des marais. Il peut toutefois être observé dans des eaux à débit plus élevé. La plante peut croître à l'ombre, dans des eaux polluées ou turbides où plusieurs plantes indigènes ne peuvent pas pousser.
Reproduction et propagation
Le potamot crépu se reproduit de manière sexuée et par multiplication végétative. Vers la fin juin et le début juillet, les semences et les turions sont produits en grand nombre avant de se détacher des plants. Ils flottent un certain temps, puis la pluie ou les vagues les font couler.
Pour se développer, les turions doivent être exposés à des températures froides (de 5 à 8 °C) pendant une à deux semaines, à moins de 10 m de profondeur. Ils peuvent toutefois demeurer en dormance (entre 15 et 40 % des turions) et demeurer viables pendant cinq ans.
Les semences sont dispersées par le courant. Il n’est pas impossible que certains oiseaux aquatiques puissent contribuer à leur dispersion, mais cela n’a pas été démontré scientifiquement.
Les courants, les embarcations et leurs équipements, les remorques et d’autres matériels peuvent quant à eux transporter des turions vers de nouveaux endroits. Il est à noter qu’ils peuvent demeurer viables plus de 28 jours hors de l’eau.
Conséquences, prévention et contrôle
Le potamot crépu est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 5
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles on doit lutter en priorité au Québec. De plus, il est visé par le
La décomposition précoce de la plante en début d’été permet un relargage du phosphore dans le milieu aquatique. La forte présence du potamot crépu dans un plan d’eau est souvent associée à des floraisons de cyanobactéries toxiques qui profitent des nutriments rendus disponibles pour leur croissance. De plus, le potamot crépu envahit l’habitat de plusieurs plantes aquatiques indigènes, réduisant ainsi la diversité végétale des plans d’eau.
Les herbiers denses de potamot crépu gênent la baignade et la navigation de plaisance lorsque les tiges atteignent la surface de l’eau. Les petites embarcations ont alors du mal à se déplacer, et les tiges peuvent s’enrouler autour des hélices des moteurs hors-bord.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du potamot crépu :
- Apprendre à le reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement l’introduction du potamot crépu;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
Le réservoir de semences et de turions dans les sédiments rend difficile la lutte contre le potamot crépu.
L’arrachage à la main ou avec un râteau est la principale méthode de lutte recommandée. Il est important d’amorcer le travail au printemps, avant la production des turions. Toutes les parties de la plante doivent être retirées du plan d’eau pour éviter la propagation vers d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux poubelles ou au compost de façon sécuritaire. Afin d’obtenir de bons résultats, il faut toutefois prévoir plusieurs années d’intervention.
Le faucardage, technique qui consiste à faucher les plantes aquatiques avec un engin mécanisé qui récolte les tiges en surface, n’est pas recommandé. Cette méthode, bien qu’elle permette de réduire temporairement la présence du potamot crépu dans un plan d’eau, contribue à la propagation des turions, qui se détachent facilement et ne sont pas récupérés.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne] Disponible à l'adresse :
CATLING, P. M., et I. DOBSON (1985). « The biology of Canadian weeds. 69. Potamogeton crispus L. », Canadian Journal of Plant Science, 65(3), 655-668, [En ligne]. Disponible à l'adresse :
FAUBERT, J. (2000). « Les Potamogetonaceae du Québec méridional : identification et répartition », Canadian Field-Naturalist, 144(3), 359-380, [En ligne]. Disponible à l'adresse :
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
THAYER, D. D., I. A. PFINGSTEN, L. CAO et L. BERENT (2025). « Potamogeton crispus L. », U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, Gainesville, FL., [En ligne], disponible à l'adresse :
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Note de bas de page numéro 1Un herbier est une agglomération de plantes aquatiques diverses. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le rhizome est une courte tige souterraine d’où partent plusieurs longues racines fibreuses dans le système racinaire. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4L’akène est un fruit à graine unique dont l’enveloppe sèche et mince ne s’ouvre pas. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez le document Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 5
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026