Le potamot crépu est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 5
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles on doit lutter en priorité au Québec. De plus, il est visé par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.
La décomposition précoce de la plante en début d’été permet un relargage du phosphore dans le milieu aquatique. La forte présence du potamot crépu dans un plan d’eau est souvent associée à des floraisons de cyanobactéries toxiques qui profitent des nutriments rendus disponibles pour leur croissance. De plus, le potamot crépu envahit l’habitat de plusieurs plantes aquatiques indigènes, réduisant ainsi la diversité végétale des plans d’eau.
Les herbiers denses de potamot crépu gênent la baignade et la navigation de plaisance lorsque les tiges atteignent la surface de l’eau. Les petites embarcations ont alors du mal à se déplacer, et les tiges peuvent s’enrouler autour des hélices des moteurs hors-bord.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du potamot crépu :
- Apprendre à le reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement l’introduction du potamot crépu;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
Le réservoir de semences et de turions dans les sédiments rend difficile la lutte contre le potamot crépu.
L’arrachage à la main ou avec un râteau est la principale méthode de lutte recommandée. Il est important d’amorcer le travail au printemps, avant la production des turions. Toutes les parties de la plante doivent être retirées du plan d’eau pour éviter la propagation vers d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux poubelles ou au compost de façon sécuritaire. Afin d’obtenir de bons résultats, il faut toutefois prévoir plusieurs années d’intervention.
Le faucardage, technique qui consiste à faucher les plantes aquatiques avec un engin mécanisé qui récolte les tiges en surface, n’est pas recommandé. Cette méthode, bien qu’elle permette de réduire temporairement la présence du potamot crépu dans un plan d’eau, contribue à la propagation des turions, qui se détachent facilement et ne sont pas récupérés.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.