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Fiches des espèces floristiques
Vente et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Stratiote faux-aloès. © Sentinelle, Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Stratiote faux-aloès
Autre(s) nom(s) français
Aloès d’eau, faux aloès
Nom anglais
Water soldiers
Stratiotes aloides Linnaeus
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Hydrocharitaceae
Description
Le stratiote faux-aloès est une plante aquatique vivace qui vit sous l’eau jusqu’à 5 m de profondeur et qui émerge parfois au cours de l'été. Sa partie visible ressemble à un aloès ou à une tête d'ananas. Originaire de l’Eurasie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Le stratiote faux-aloès a une tige courte, mesurant jusqu’à 2 cm de long.
Feuilles
Le stratiote faux-aloès présente deux types de feuilles : émergées et submergées.
Au printemps, lorsque l’eau se réchauffe, les plants au fond de l’eau produisent de nouvelles feuilles qui se remplissent de gaz. Dès mai, une partie des plants (25 %) remonte à la surface, ce qui permet de distinguer les deux types de feuilles.
Les feuilles émergées forment une rosette de 30 à 40 feuilles épaisses et rigides. Elles sont de forme linéaire et pointue ou triangulaire allongée. Elles mesurent moins de 40 cm de long et sont fortement dentées.
Les feuilles submergées sont fines, flasques et fragiles. Elles sont légèrement dentées et mesurent généralement moins de 60 cm de long.

Feuilles émergées du stratiote faux-aloès. © Sentinelle, Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Feuilles submergées du stratiote faux-aloès. © Sentinelle, Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs du stratiote faux-aloès sont dioïques, c’est-à-dire qu’elles sont soit mâles, soit femelles. Elles sont hors de l’eau et soutenues par une feuille modifiée appelée spathe. Elles ont trois sépales Lire le contenu de la note numéro 1 blancs, verdâtres ou translucides et trois pétales blancs plus longs que les sépales. Les plants mâles portent de deux à six fleurs, avec un pédoncule Lire le contenu de la note numéro 2 pouvant mesurer jusqu’à 30 cm. Les plants femelles ont généralement une seule fleur, parfois deux, qui ne sortent pas complètement de la spathe.
Au Canada, seuls des plants femelles ont été observés jusqu’à maintenant.

Fleur de stratiote faux-aloès. © Sentinelle, Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Les fruits sont des capsules en forme d’œuf ou de baril, mesurant de 1 à 5 cm de long sur 1 à 2 cm de large. Ils sont coriaces, de couleur brun pâle ou foncé et contiennent entre 12 et 24 graines.
Racines
Les racines du stratiote faux-aloès sont simples et linéaires, fixées au sol ou détachées. Chez les plants émergés, elles peuvent mesurer jusqu’à 180 cm.

Racines de stratiote faux-aloès. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Répartition
Le stratiote faux-aloès est originaire de l’Eurasie. Il a été introduit à des fins ornementales en Amérique du Nord, où il est vendu depuis 1902. La première observation en milieu naturel au Canada a eu lieu en 2008, dans la rivière Trent, en Ontario.
Au Québec, il a été observé pour la première fois en 2018 dans la baie de Carillon. Sa présence dans l’embouchure de la rivière des Outaouais (lac des Deux Montagnes) a été confirmée en 2023. On l’a aussi observé dans quelques étangs privés.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le stratiote faux-aloès est établi au Québec, principalement dans la baie de Carillon et à l’embouchure de la rivière des Outaouais. Il est essentiel de poursuivre les activités de détection et de contrôle, car l’espèce peut s’introduire dans de nouvelles zones.
Détection et suivi
Pour faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques, plusieurs outils sont disponibles.
Signalement
Comme le stratiote faux-aloès est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le stratiote faux-aloès peut pousser dans les étangs, les canaux, les lacs, les baies ou les portions calmes des rivières, jusqu’à 5 m de profondeur. Il ne tolère pas les variations importantes du niveau de l’eau ni les courants rapides.
Reproduction et propagation
Le stratiote faux-aloès se reproduit de façon sexuée et végétative. Aucune graine ni aucun fruit n’ont été observés au Québec et en Ontario, car seuls des plants femelles y ont été observés.
Dès juin, la tige des plants peut produire jusqu’à six stolons Lire le contenu de la note numéro 3 qui forment de nouvelles rosettes de feuilles. Ces rosettes se détachent du plant mère en août et peuvent devenir des individus reproducteurs l’année suivante.
Le stratiote faux-aloès peut produire des turions, de petits bourgeons qui se forment sur la tige à la fin de l’été ou en automne. Ces turions se détachent à l’automne ou au printemps et doivent s’enraciner dans les huit à neuf mois suivants pour devenir de nouveaux plants.
Le stratiote faux-aloès peut se propager de plusieurs façons, notamment :
- par la dérive de rosettes et de turions détachés du plant;
- par le transport de turions ou de rosettes par les embarcations, les remorques et les équipements nautiques;
- par les résidus de végétaux relâchés en milieu naturel lors du nettoyage des jardins d’eau.
Conséquences, prévention et contrôle
Le stratiote faux-aloès est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique à
risque élevé
Lire le contenu de la note numéro 4
pour la biodiversité et l’environnement. Il figure sur la liste des espèces jugées prioritaires en matière de lutte au Québec. Il est également considéré comme une menace pour l’environnement et l’économie de la région des
Grands Lacs et du Saint-Laurent
Lire le contenu de la note numéro 5
. De plus, il est visé par le
Il se développe rapidement, formant des herbiers denses qui limitent l’espace pour les plantes indigènes. Il réduit la quantité de lumière disponible pour les plantes aquatiques submergées. Sa décomposition en automne fait diminuer l’oxygène dans l’eau. Sa prolifération peut aussi gêner la pratique d’activités comme la navigation de plaisance et la pêche. La baignade est également affectée, en raison des petites dents coupantes sur les feuilles de la plante.
Il est donc important :
- de surveiller attentivement l’introduction de l’espèce dans les milieux naturels;
- de signaler sa présence pour suivre sa répartition et son évolution;
- d’évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes peuvent prévenir l’introduction et la propagation du stratiote faux-aloès :
- Apprenez à le reconnaître;
- Évitez de semer, planter, multiplier ou transporter cette plante;
- Choisissez des espèces non envahissantes et privilégiez des espèces indigènes pour votre jardin d’eau;
- Ne rejetez jamais dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium. Certaines espèces peuvent survivre, se propager et nuire aux écosystèmes, à la biodiversité et à plusieurs activités socioéconomiques;
- Évitez de naviguer dans les zones où il y a une grande quantité de plantes aquatiques pour ne pas propager le stratiote faux-aloès ou d’autres espèces exotiques envahissantes;
- Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lorsque vous changez de plan d’eau. Consultez les étapes à suivre.
Méthodes de contrôle
Lorsque vous détectez des plants ou une colonie de stratiote faux-aloès, vous devez intervenir rapidement, car la lutte est très difficile.
L’arrachage manuel est la principale méthode de lutte utilisée au Québec. Il est important d’amorcer le travail au début de la saison estivale, avant la production des turions. Cette méthode exige des efforts importants, même en début d’invasion. La recherche de colonies et de plants isolés, submergés, dans des secteurs difficiles d’accès ou cachés dans la végétation nécessite également des efforts significatifs.
Avant d’intervenir dans les milieux humides ou les rives et le littoral des lacs et cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau régional de la protection de l'environnement ou de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada.
CANNING, Robert. The biology and management of Stratiotes aloides in the Trent River, Ontario, Mémoire (M.A.), Université Trent, 2017, 187 p.
LAVOIE, Claude. 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 2022, 348 p.
SNYDER, E., F. ARDATH, S. J. DARBYSHIRE (2016). « Biology of invasive alien plants in Canada. 13. Stratiotes aloides L. », Canadian Journal of Plant Science, vol. 96, no 2, avril, p. 225‑242.
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Note de bas de page numéro 1Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le pédoncule est une pièce florale en forme de tige qui porte les fleurs ou les fruits. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Les stolons sont des tiges rampantes ou allongées que certaines plantes produisent pour se propager horizontalement le long du sol et former de nouvelles pousses à leurs extrémités. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Espèces qui constituent une menace majeure pour la biodiversité et le bon fonctionnement des écosystèmes. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez le document Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (CGPMGLSL) considère
sept espèces floristiques comme des menaces pour l’environnement et l’économie de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Retour à la référence de la note numéro 5
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
