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Article Baisse de trafic Web : au revoir quantité, bienvenue qualité ?


Des recherches récentes indiquent que l’adoption des solutions IA a engendré une baisse de trafic généralisée pour les sites Web.

Notamment, une étude de Ahrefs portant sur 300 000 mots-clés démontre que le déploiement des Aperçus IA dans le moteur de recherche de Google a eu un impact marqué sur le nombre de clics sur les résultats de recherche et donc sur le trafic des sites qui provient naturellement de Google. Une étude du Pew Research Center démontre quant à elle que les utilisateurs sont moins enclins à cliquer sur les liens lorsqu'un résumé généré par l'IA apparaît dans les résultats.

Une autre étude de Ahrefs montre que depuis l’arrivée des Aperçus IA, on observe pour une majorité de sites une hausse des impressions dans les résultats de recherche, mais une baisse du nombre de clics. En d’autres termes, les sites apparaissent plus souvent dans les résultats, notamment dans les Aperçus IA, mais les gens ne cliquent pas sur le lien, probablement parce qu’ils sont satisfaits de ce qu’affiche l’aperçu et qu’ils y font confiance (à tort ou à raison).

Moins de clics aussi pour Québec.ca

Grâce aux données de Google Search Console, qui permet de fouiller les données de performance d’un site dans le moteur de recherche, on remarque également ce phénomène pour Québec.ca. Il faut savoir que Google est la principale source de trafic du site. En 2024, le trafic du moteur de recherche représentait 58 % de l’achalandage de Québec.ca.

En effet, la baisse du nombre de clics sur des résultats de recherche menant vers Québec.ca est de 7,1 % si l’on compare la période du 9 avril au 6 juillet 2025 à la même période en 2024 la période du 9 avril au 6 juillet 2025 à la même période en 2024 Lire le contenu de la note numéro 1

On remarque aussi une baisse significative de 17,8 % du taux de clic sur les résultats qui présentent des liens vers Québec.ca. Cela veut dire que, pour le même nombre de résultats affichés, il y a moins de clics. Cela correspond à la tendance observée mondialement, qui laisse croire que les utilisateurs trouvent ce qu’ils cherchent dans les réponses des Aperçus IA et qu’ils ont moins tendance à cliquer sur le lien pour en savoir plus ou pour vérifier l’information.

Cela ne veut cependant pas dire que l’information de Québec.ca est moins vue dans les moteurs de recherche, puisqu’en contrepartie, le site est apparu 13,1 % plus souvent dans des résultats de recherche pour la période de 2025. La présence de Québec.ca est donc maintenant plus importante sur Google.

Baisse générale du trafic de Québec.ca

Cette baisse est aussi observée dans les statistiques d’achalandage de Québec.ca, telles que récoltées grâce à Google Analytics. En effet, le total des sessions pour tout Québec.ca a baissé de 7,7 % en 2025 par rapport à 2024 (pour la même période allant du 9 avril au 6 juillet). En nombre absolu de sessions, il s’agit d’une baisse de 1,9 million de sessions sur une période d’environ trois mois.

Cette perte de trafic est en grande partie attribuable à une diminution des visites provenant des moteurs de recherche. Sur les 1,9 million de sessions perdues, 1,3 million est attribuable au trafic organique, ce qui représente 69 % de la perte.

Une analyse par semaine montre que la perte de trafic provenant de Google est présente lors de toutes les semaines analysées. On remarque aussi que la baisse est plus marquée en avril et qu’elle s’atténue les semaines suivantes. Il est difficile de confirmer pourquoi, mais on pourrait penser que Google a modifié sa configuration ou que le comportement des utilisateurs de Google a évolué.

Un trafic de meilleure qualité

Plusieurs analystes prévoient qu’il y aura moins de trafic sur les sites Web, mais que ce trafic sera de meilleure qualité. L’hypothèse soulevée est que l’utilisateur aura moins tendance à cliquer sur le lien proposé par le moteur de recherche ou par l’IA, mais que lorsqu’il le fera, il sera plus qualifié, c’est-à-dire plus près d’une conversion, plus prompt à passer à l’action, plus enclin à passer beaucoup de temps à lire pour approfondir une recherche, etc. Plusieurs administrateurs de sites Web disent observer ce phénomène et affirment voir les indicateurs de qualité (durée des sessions, taux d’événements clés, etc.) augmenter.

Les données de Québec.ca tendent en partie à confirmer cette hypothèse. Nos recherches montrent que pour les périodes comparées, la durée moyenne des visites provenant de Google a augmenté de 10,3 %.

En contrepartie, on remarque que le taux d’engagement de 2025 est significativement inférieur à celui de 2024, ce qui pourrait infirmer notre hypothèse. Mais, le taux d’engagement calculé dans Google Analytics repose sur plusieurs critères qui sont moins pertinents pour certains types de page de Québec.ca et sa validité pour dire qu’il constitue un indicateur fiable de la qualité du trafic est moins certaine.

Le taux d’événement clé de la session serait un indicateur plus robuste puisqu’il essaie de dénombrer certains comportements de conversion. Celui-ci montre une hausse de 2 %, mais cette hausse n’est pas statistiquement significative.

En résumé, les données tendent à confirmer que le trafic serait de meilleure qualité, mais que les chiffres ne sont pas encore assez convaincants pour l’affirmer clairement.

Repenser notre façon d’évaluer les performances

L'évaluation de la performance de nos communications s’appuie souvent sur les métriques classiques telles que les sessions et les vues. Il faut donc repenser nos façons de mesurer l'efficacité de nos stratégies, considérant la difficulté actuelle de prévoir comment tout cela va évoluer..

Il faut donc repenser notre façon d’évaluer les performances de nos communications, surtout considérant la difficulté actuelle de prévoir comment tout cela va évoluer. On peut assurément affirmer que les nombres de pages vues, de sessions ou d’utilisateurs actifs sont dorénavant des métriques difficiles à projeter dans le temps, surtout si cela vise une période qui dépasse un ou deux mois. Elles sont donc à éviter pour des prévisions annuelles, mais probablement moins risquées pour évaluer une campagne d’un mois qui commence dans deux semaines.

Des indicateurs qui démontrent la qualité du trafic (durée, engagement, conversions), plutôt que la quantité sont probablement nos meilleures pistes pour la formulation de nos futures mesures de performance.

Du côté des métriques de volumes, les impressions du site provenant directement des moteurs de recherche pourraient devenir un indicateur pertinent à surveiller. En effet, même si le phénomène du zéro clic prend de l’ampleur et que les recherches génèrent de moins en moins de visites sur nos sites, c’est tout de même une bonne nouvelle si nos contenus sont affichés dans Google.

Et à quand un ChatGPT ou un Gemini Search Console? Peut-être pourrons-nous bientôt compter sur de nouveaux outils qui vont permettre d’en apprendre plus sur notre réelle présence dans les outils génératifs d’intelligence artificielle. En attendant, on voit apparaître certains outils qui permettent de faire des audits de mots-clés ou de marques dans les solutions IA et il y a toujours moyen de se faire ses propres routines pour vérifier comment nos contenus apparaissent.