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Article Coccinelles asiatiques : quand le malheur des uns fait le bonheur des autres


Si les coccinelles asiatiques ne sont pas les bienvenues dans les maisons, leur présence est toutefois appréciée dans les serres.

À l’automne, les insectes se préparent pour l’hiver. La plupart sont en mesure de survivre sous les froides latitudes du Québec en s’abritant sous des feuilles mortes, dans les résidus de cultures ou dans le sol. Certains, comme les coccinelles asiatiques, se faufilent dans les habitations dans l’espoir d’y hiverner sous forme adulte.

Si ces petites bêtes ne sont pas les bienvenues dans les maisons, leur présence est toutefois appréciée dans les serres. Les coccinelles asiatiques, comme toutes les espèces de coccinelles, sont de précieuses alliées dans une lutte que les serriculteurs ont souvent à mener : celle contre les pucerons et autres insectes nuisibles. Une seule coccinelle asiatique peut manger jusqu’à 250 pucerons par jour. Les producteurs peuvent acheter des lots de coccinelles convergentes ou à deux points auprès de fournisseurs d’agents de lutte biologique. Il en faut d’une à deux par mètre carré en prévention et entre 20 et 100 par mètre carré en cas d’infestation sévère. Bien que très efficaces, ces insectes peuvent être chers et ne sont pas toujours disponibles.

Dans ce contexte, pourquoi les serriculteurs ne profiteraient-ils pas du comportement automnal des coccinelles asiatiques qui s’infiltrent dans leurs bâtiments dont leurs serres? C’est tout à fait possible! Pour les attraper, on peut utiliser un filet, mais ce sera plus facile avec un aspirateur à insectes. On peut s’en procurer en ligne ou dans une boutique spécialisée.

Les coccinelles asiatiques survivent bien au réfrigérateur, jusqu’à quatre à cinq mois, dans des contenants de plastique percés de petits trous (le taux de survie est d’environ 85 % après 18 semaines à 5 °C). Pour survivre au froid, les coccinelles utilisent la graisse qu’elles ont accumulée pour l’hiver. Par prévention, il est recommandé de ne pas les entreposer dans un réfrigérateur où des aliments sont conservés. Les coccinelles sont toxiques pour les humains et les animaux qui les ingèrent.

Afin de prévoir le moment opportun pour relâcher ces insectes, les serriculteurs se baseront sur leurs besoins de lutte contre les pucerons, mais aussi sur la biologie des coccinelles : celles-ci deviennent actives à environ 10 °C et les températures optimales varient entre 20 et 30 °C. Lorsqu’elles sortent de leur état d’hivernation, elles partent rapidement à la recherche de nourriture. Pour éviter qu’elles se dispersent et sortent de la serre, il est recommandé de mettre à leur disposition du pollen (disponible dans les pharmacies et les marchés d’alimentation naturelle) et de l’eau sucrée. Afin d’augmenter les chances de rétention, on peut aussi placer les coccinelles, le pollen et l’eau sucrée dans une cage d’émergence pendant trois à cinq jours avant de les relâcher près des foyers de pucerons. Cette opération se fera à la tombée du jour, moment où on pourra vaporiser d’eau les plantes environnantes pour permettre aux coccinelles de s’hydrater facilement.

Une procédure plus complète et illustrée pour le lâcher des coccinelles en serre a été publiée par le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel en 2023. Elle s’intitule Les coccinelles comme auxiliaires en serre - technique de lâcher pour adultes sortant d’hibernation. Cette fiche de deux pages est accessible en ligne gratuitement. Sa conception a été financée par le programme Prime-Vert du MAPAQ.