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Article Suivi des cultures à l’aide des images satellite
De nos jours, de plus en plus de données concernant les terres agricoles sont disponibles. Elles peuvent être utiles pour suivre l’évolution des cultures et prendre de meilleures décisions. Certaines données proviennent directement des champs ou encore de survols aériens à basse altitude, mais des images satellite prises à une distance beaucoup plus grande, soit entre 400 et 800 kilomètres, sont également accessibles. Bien que ces images soient souvent de moins bonne résolution, elles peuvent être tout aussi intéressantes à utiliser.
Un accès rapide grâce aux avancées technologiques
Avec les années, la technologie des satellites qui prennent des images de la Terre s’est grandement perfectionnée. Certains satellites commerciaux pèsent seulement 5 ou 6 kilogrammes. La légèreté de l’équipement a permis d’en mettre en orbite un grand nombre, et ainsi d’offrir une couverture plus complète du territoire et une mise à jour plus fréquente des données. Dans le passé, il fallait parfois plus de 6 mois avant que les orthophotos couvrant une région donnée soient rendues accessibles aux utilisateurs. La rapidité du traitement des images permet maintenant d’accéder à l’imagerie dès le lendemain, et ce, avec un bon positionnement géographique. Il est donc possible, en cours de saison de culture, d’aller voir au champ ce qui se passe dans les zones qui apparaissent problématiques sur l’image. C’est aussi un avantage par rapport aux données du capteur de rendement, lesquelles sont analysées seulement après la récolte de la culture. Avec les images satellite, les dégâts causés par des insectes ou des maladies peuvent être constatés plus rapidement.
Un intérêt pour le suivi des cultures
Les images satellite, même avec une résolution de 10 ou 15 mètres au pixel, permettent de voir l’uniformité du couvert végétal d’une culture à l’intérieur d’une parcelle cultivée. Selon le stade de la culture, on peut utiliser l’indice de végétation, l’infrarouge ou la couleur réelle pour constater les variations. Pour vérifier la survie de céréales d’automne au printemps, les images de la fin d’avril sont les plus révélatrices. En ce qui concerne l’uniformité des cultures de maïs et de soya, c’est la période du mois de juillet qui révèle le plus fidèlement les variations de rendement de fin de saison. Avec ces données, il est beaucoup plus facile de cibler les secteurs qui méritent une visite de diagnostic au champ.
Il est également possible d’accéder aux données des années précédentes, permettant ainsi de vérifier l’uniformité des cultures au fil du temps avant de choisir une parcelle pour y faire différents tests comparatifs. Il peut aussi être intéressant d’examiner l’effet de différentes doses d’azote en lien avec l’indice de végétation dans les parcelles d’essais. À noter que l’indice de végétation ne suffit pas pour extrapoler le rendement définitif. Pour ce qui est du suivi des cultures fourragères, l’uniformité de la reprise de végétation peut être constatée au printemps et après chaque coupe.
Les sols légers souffrent davantage de pertes d’azote ou de pertes de rendement lors des années plus sèches. Dans le sud du Québec, des problèmes de drainage de surface dans les sols argileux à faible pente sont souvent la cause de la variabilité de la biomasse végétale, surtout lors des années de forte précipitation. Face à une parcelle variable, il est toujours possible de comparer l’image satellite avec le relief de précision disponible dans l’
Des options pour différents budgets
Différents services commerciaux offrent d’intégrer des images de meilleure résolution dans des applications combinant d’autres données ainsi qu’un carnet des champs. Les modalités et les coûts d’accès peuvent varier, mais ces services sont conçus pour être faciles d’utilisation pour les producteurs agricoles.
Vous pouvez également faire appel à votre conseiller agricole. Certains sont en mesure de fournir des services en lien avec l’extraction et l’analyse d’images satellite ainsi que l’interprétation des différentes variations constatées dans les cultures.

Parcelle en blé d’hiver, image du 21 avril 2025. © Copernicus Sentinel-2.
Un regard vers l’avenir
Les technologies d’agriculture de précision et de télédétection évoluent rapidement, et beaucoup de projets cherchent à mieux les intégrer dans les choix agronomiques des producteurs et des conseillers agricoles. Ces outils seront de plus en plus accessibles, mais l’expertise pour les utiliser efficacement devra aussi progresser. Les progrès de l’intelligence artificielle permettront sûrement d’accélérer l’interprétation de toutes ces informations; il faudra toutefois approfondir la compréhension de la variabilité des sols et des cultures, sans négliger l’observation au champ afin de prendre des décisions éclairées.