Manque de logements adéquats : quels coûts sur la prospérité économique? La facture collective de la crise du logement au Québec
Objectif de l’étude
L’objectif de ce projet est de quantifier les coûts associés au manque de logements adéquats ainsi que de mieux comprendre les expériences vécues par les personnes affrontant l’insécurité au Québec.
Cette étude documente la façon dont le manque de logements et l’insécurité résidentielle se répartissent selon différents sous-groupes de la population à partir d’un volet quantitatif et d’un volet qualitatif, et propose des pistes de solution et d’intervention publique dans l’amélioration des conditions de logement et de la santé au Québec.
Il s’agit du premier volet de l’étude. Les prochaines publications porteront sur les effets du manque de logements adéquats au Québec, sur la santé physique et mentale, l’itinérance, le développement des enfants, la violence domestique et la consommation énergétique.
Principaux constats
La diminution du revenu disponible des ménages La capacité d’achat de biens et de services, le pouvoir d’achat, est affectée par le manque de logements adéquats. La pression financière sur les ménages compromet leur capacité à répondre aux autres besoins essentiels, affectant leur santé et leur bien-être et limitant la prospérité économique de la province.
Les effets sur la vitalité économique des régions Le manque de logements abordables a des effets sur le dynamisme du marché du travail et la croissance économique en limitant la mobilité professionnelle. La capacité des individus à déménager en fonction de leur emploi est limitée par l’augmentation du prix des logements.
L’augmentation des coûts de transport De nombreux travailleurs choisissent de s’éloigner de leur lieu d’emploi en raison du manque de logements abordables. Plusieurs effets négatifs en découlent, tant sur les individus – qualité de vie, coûts de transport –, que sur la société – pollution atmosphérique et environnementale et usure prématurée des infrastructures routières, par exemple.
Le coût lié aux logements vacants en raison de leur inabordabilité L’inabordabilité des logements a notamment comme conséquence de laisser un grand nombre de logements locatifs vacants, ce qui entraîne une allocation sous-optimale des ressources pour la société.
Le coût des aides au paiement du loyer Le manque de logements locatifs abordables fait augmenter les aides à la personne mises en place par les différents paliers gouvernementaux. Ces solutions temporaires, comme le programme Allocation-logement ou le Programme de supplément au loyer Québec, n’agissent pas sur les causes structurelles du problème et ne freinent pas la hausse des loyers sur le marché locatif.
Conclusion
L’étude conclut que les coûts du manque de logements adéquats sont importants pour les ménages, pour les gouvernements ainsi que pour l’économie québécoise. Entre autres principales constatations :
En 2021, plus de 510 450 ménages québécois consacraient 30 % ou plus de leur revenu au logement. Cette situation a entraîné une perte de pouvoir d’achat de 4,2 milliards de dollars, principalement assumée par les ménages à faible revenu.
Près de 3 000 logements inabordables demeurent vacants, une perte d’environ 41 millions de dollars pour l’année 2024 dans les régions métropolitaines de recensement de Montréal et de Gatineau.
Le gouvernement du Québec a renforcé les mécanismes de soutien des ménages vulnérables avec un investissement de 204 millions de dollars dans le programme Allocation-logement et de 140 millions dans le Programme de supplément au loyer Québec en 2024.
Le manque de logements pousse les ménages à s’éloigner de leur lieu de travail et freine la mobilité professionnelle.
Informations sur le projet
Chercheuse principale : Ferdaous Roussafi
Date de publication : septembre 2025
Financé par : la Direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, la Direction de santé publique de la Montérégie du CISSS de la Montérégie Centre, la Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale, la Direction de la santé publique du CISSS du Bas-Saint-Laurent, la Direction de santé publique du CISSS de Laval, la Direction de santé publique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et la Société d’habitation du Québec