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Contrer l’exclusion des personnes aînées dans les milieux ruraux de l’est du Québec. Quelles perspectives pour la participation et pour un vieillissement actif en situation de pandémie ?

Objectifs de l’étude

Cette étude vise à analyser les dynamiques de marginalisation et d’exclusion sociale chez les personnes aînées vivant en milieux ruraux au Québec dans une situation de pandémie. Elle permet d’identifier, à partir des expériences et des besoins des personnes aînées, les effets délétères qui accentuent la vulnérabilité et les mesures protectrices et de soutien contre l’isolement dans un contexte de crise sanitaire.

Méthodologie

Cette étude s’est déroulée dans trois régions administratives rurales de l’est du Québec : le Bas-Saint-Laurent (Les Basques et Kamouraska), Chaudière-Appalaches (Bellechasse et Les Etchemins) et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (Bonaventure et la Haute-Gaspésie).

La recherche s’est déroulée en deux étapes :

  • 122 entrevues semi-dirigées auprès de 63 personnes aînées, 38 intervenants et 21 proches aidants sur l’expérience en matière d’exclusion et de marginalisation, la participation sociale et le rapport au territoire.
  • Un sondage téléphonique auprès d’un échantillon de 604 répondants afin d’examiner les prévalences d’isolement objectif et subjectif.

Résultats

Les principaux résultats des effets de la pandémie sur les personnes aînées des territoires ruraux démontrent que :

  • Les contacts sociaux et les activités sociales et bénévoles des personnes aînées ont été limités par des mesures de protection. Cela a eu pour effet que leur participation sociale et leur santé psychologique ont été menacées, d’autant plus que cette mise à l’écart a engendré une stigmatisation et une remise en question de leur utilité sociale.
  • Le manque d’accès aux services et aux soins a eu des conséquences sur la santé physique et mentale des personnes aînées, entre autres en raison de la problématique du transport, des délais dans la prise en charge, de la limitation des interventions à domicile et de la crainte du virus. De plus, la détresse psychologique est plus fréquente lors d’isolement social subjectif.
  • Le renforcement des solidarités familiales, de voisinage et communautaires est important dans le maintien des relations sociales et a valorisé le sentiment de participation à un effort commun de lutte contre la pandémie et de solidarités civiles.

En ce qui concerne les défis de l’intervention sociale, la recherche constate que :

  • L’intervention sociale a été fragilisée par la crise sanitaire. Le télétravail, les absences au travail liées à la COVID-19, les perturbations de services, la fermeture de certains organismes, l’adaptation des interventions selon les mesures sanitaires et les recommandations du gouvernement et la perte des bénévoles âgés de plus de 70 ans ont fragilisé les milieux de vie.
  • Lutter localement contre le risque d’exclusion sociale avec des réseaux d’entraide locaux a permis de développer les services offerts et de répondre aux besoins émergents. La recherche du bien-être des personnes aînées durant la pandémie a créé de nouvelles collaborations entre différents acteurs.

Enfin, les résultats concernant la prise en charge de personnes aînées par des proches aidants soulignent qu’il leur était difficile d’apporter leur aide dans de bonnes conditions, et que les options de répit offertes étaient très limitées au sein des territoires ruraux.

Pistes de solution

Afin de réduire l’exclusion sociale des personnes aînées dans les régions rurales et dans un contexte de pandémie, les pistes de solution suivantes sont proposées :

  • Contrer l’âgisme ambiant par des actions publiques.
  • Valoriser le rôle des personnes aînées dans l’enrichissement de la société en encourageant leur contribution sociale et leur engagement.
  • Centrer les actions publiques sur les individus, les communautés et les spécificités territoriales.
  • Prioriser les enjeux de mobilité et de transport public en milieu rural.
  • Mieux comprendre l’enjeu de l’isolement social selon le contexte du territoire, des individus et de la communauté.
  • Offrir un soutien dans l’usage des technologies en ligne.
  • Valoriser les meilleures pratiques entourant le potentiel humain et l’innovation sociale en milieu rural.
  • Encourager les personnes aînées à participer à la gouvernance et à la démocratie participative de leur communauté.

Informations sur le projet

  • Chercheurs principaux : Marco Alberio et Mahée Gilbert-Ouimet
  • Date de publication : mars 2024
  • Projet proposé par : le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, le ministère de la Santé et des Services sociaux, la Société d’habitation du Québec et le Fonds de recherche du Québec
  • Année de concours : 2020-2021
  • Financement : Fonds de recherche du Québec, en partenariat avec le ministère de la Santé et des Services sociaux
  • Contexte de réalisation : action concertée du Programme de recherche sur les personnes aînées vivant des dynamiques de marginalisation et d’exclusion sociale 2020-2021

À consulter

Dernière mise à jour : 20 octobre 2025