Évaluation et correction des problèmes de moisissure – Partenaires en habitation
(La présente fiche constitue la mise à jour en date de mai2020 de la fiche intitulée Décontamination et correction des problèmes de moisissure.)
Dès qu’un problème de moisissure est constaté et que la source d’eau ou d’humidité est connue, il faut procéder sans délai à la correction du problème et à la décontamination des lieux, que les personnes exposées présentent ou non des symptômes. En effet, la présence de moisissures sur les revêtements et les matériaux de construction amène des contaminants dans l’air intérieur d’une habitation, ce qui peut affecter la santé des occupants.
Effets sur la santé
Les personnes exposées à la moisissure sont susceptibles d’éprouver des problèmes de santé comme des symptômes s’apparentant à ceux d’un rhume, une irritation des muqueuses (yeux, nez, gorge) ou une aggravation des crises d'asthme, le cas échéant. La réaction des personnes varie beaucoup en fonction de leur sensibilité et de la durée de leur exposition aux moisissures. Les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes souvent exposées à des contaminants chimiques et biologiques (personnel d’entretien et inspecteurs) et celles souffrant de maladies respiratoires, d’allergies ou d’asthme ou dont le système immunitaire est affaibli sont généralement plus sensibles aux moisissures.
Selon la norme BNQ 3009-600 (2022) Le gestionnaire doit documenter l’historique des signalements, assurer une communication continue avec les occupants et déclencher une investigation formelle lorsque la contamination dépasse le simple nettoyage de surface.
Pour limiter le développement des moisissures et diminuer les coûts lorsqu’un problème survient, le gestionnaire d’immeuble doit sensibiliser les locataires au sujet des moisissures afin que ceux-ci l’informent rapidement s’ils constatent ou croient constater leur présence dans l’immeuble, étant donné qu’elles se développent dès les premières 24h à 48h. Ainsi, la communication entre les différents intervenants, notamment entre le gestionnaire d’immeuble et les locataires, est essentielle pour assurer l’efficacité de la décontamination et la correction des problèmes responsables des moisissures. Les communications aux occupants sont maintenant reconnues comme une étape officielle et obligatoire du processus de gestion de la contamination.
Il est du devoir du gestionnaire d’immeuble de bien informer les locataires des étapes du nettoyage ou de la décontamination. Selon l’ampleur du problème, il peut s’adjoindre un investigateur, un spécialiste en décontamination, un professionnel en bâtiment, un entrepreneur ou des organismes de la santé qui collaborent à la gestion de la situation.
Évaluation du problème et intervenant ciblé pour sa correction en fonction de la superficie
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Contamination observée
Une superficie restreinte et isolée inférieure à 1 m².
Une superficie moyenne et isolée de plus de 1 m² et inférieure à 10 m².
Une grande superficie contigüe de plus de 10 m².
Exemples
Un carreau de plafond, une surface contaminée en raison du fait qu’un meuble (tête de lit, divan, etc.) est adossé à un mur extérieur ou que des boîtes de carton sont placées directement sur la dalle du sous-sol.
La moitié d’un mur d’une chambre à coucher, le plancher d’une cuisine ou le tiers du plafond d’un salon en contact avec la toiture.
Surface contaminée en raison d’un refoulement d’égout ou d’une infiltration d’eau majeure par la dalle de fondation, ou vide sanitaire en terre battue présentant plusieurs surfaces contaminées.
Intervenant
L’occupant peut procéder au nettoyage en prenant les mesures de sécurité appropriées.
Le gestionnaire d’immeuble peut procéder à l’investigation, la décontamination doit relever d’un intervenant formé utilisant une méthode conforme (zones de confinement, équipements de protection, contrôle de la dépression, etc.).
L’intervention de spécialistes est nécessaire à la fois pour l’investigation et pour la décontamination.
Nettoyage par l’occupant
En général, le locataire pourra nettoyer une petite surface attaquée par les moisissures en prenant les précautions nécessaires. À cet égard, il est recommandé de lui remettre le dépliant d'information Les moisissures à la maison : faites-leur la vie dure! préparé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, afin de bien l’informer au sujet des moisissures et des moyens de les enrayer. Dans la majorité des cas, il s’agira de moisissures de surface causées par un taux d’humidité élevé dans le logement (par exemple, en raison de la condensation sur un mur extérieur ou de l’encombrement des pièces). Le locataire pourra alors procéder au nettoyage des matériaux non poreux ou facilement nettoyables.
Procédé de nettoyage
D’abord et avant tout, il est conseillé de passer un aspirateur pourvu d’un filtre à haute efficacité (HEPA) sur toutes les surfaces de la pièce. Dans la plupart des cas, il est conseillé de nettoyer les surfaces non poreuses à l’aide d’une brosse et d’une solution d’eau savonneuse non parfumée, puis de les rincer à l’aide d’un chiffon humide et propre.
Au cours du nettoyage et tout de suite après, il faut veiller à ne pas contaminer les surfaces adjacentes. Par exemple, il est important de laver à l’aide d’un chiffon humide l’aspirateur qui a servi à la décontamination et de sortir dehors pour en remplacer le sac, pour ne pas contaminer les pièces nettoyées ou avoisinantes. D’abord et avant tout, il est conseillé de passer un aspirateur pourvu d’un filtre à haute efficacité (HEPA) sur toutes les surfaces de la pièce. Dans la plupart des cas, il est conseillé de nettoyer les surfaces dures à l’aide d’une brosse et d’une solution d’eau savonneuse non parfumée, puis de les rincer à l’aide d’un chiffon humide et propre.
Le phosphate trisodique
Dans certains cas où la moisissure est toujours apparente après un nettoyage au détergent et à l’eau, il peut être approprié d’utiliser, selon les recommandations du fabricant, une solution de phosphate trisodique, en vente dans les quincailleries.
Décontamination par une entreprise spécialisée
Lorsqu’il s’agit d’un problème majeur de contamination par la moisissure qui affecte une grande surface du logement, l’intervention d’un ou plusieurs spécialistes dans ce domaine est nécessaire. Ce type de décontamination requiert des connaissances spécifiques et une méthode d’intervention particulière, comme celle présentée dans la norme 3009-600 Contamination des habitations par les moisissures – Investigation et réhabilitation du bâtiment publiée par le Bureau de normalisation du Québec et téléchargeable gratuitement.
La norme détaille la démarche complète à suivre dans un cas présumé de contamination d’une habitation par les moisissures. Elle inclut la recherche de la cause, l’évaluation de la contamination, la planification et la réalisation des travaux de décontamination, le contrôle de la qualité de la décontamination et même la communication avec le client ou la cliente.
Protocole d’entente avec un organisme de la santé
Dans les cas les plus sévères, l’intervention d’un organisme de la santé (direction de la santé publique) est nécessaire. Elle peut être faite dans les cas de contamination fongique soulevés par un gestionnaire d’immeuble, dans le cas de bâtiments faisant l’objet d’un signalement en vertu de la Loi sur la santé publique (par le représentant d’un centre de santé et de services sociaux ou par un médecin) ou après l’évaluation de cas soumis par des citoyens (locataires ou non) ou des groupes communautaires.
Le gestionnaire d’immeuble peut conclure un protocole d’entente avec l’organisme de la santé afin d’établir les partenariats et les rôles et responsabilités de chacun.
L’organisme de la santé joue un rôle essentiel dans l’évaluation des risques pour les occupants et dans leur sensibilisation aux effets possibles de la contamination sur leur santé en fonction de l’ampleur de la contamination et de leur propre état physique. Un travail commun favorisera la résolution rapide du problème et assurera la prise en compte des intérêts des occupants.
Organisme d’habitation sociale
Si un organisme d’habitation sociale est aux prises avec un cas sévère de contamination par les moisissures, la Société d’habitation du Québec doit en être informée. Elle peut collaborer à la rédaction d’un protocole d’entente. Pour sa part, le centre de services de l’organisme demeure un intervenant de premier plan dans tout le processus de décontamination en jouant un important rôle-conseil.
Aide-mémoire – Évaluation et correction des problèmes de moisissure
Étapes
Aspects à considérer
1. Évaluation de la contamination
Investigateur formé
Collecte de données et visite d’observation
Protection individuelle
Détermination des causes du problème et de l’ampleur de la contamination
Planification des travaux à effectuer
2. Décontamination méthodique et nettoyage
Intervenants formés
Protection individuelle
Préparation des zones de travail
Technique de décontamination
Gestion et transport des déchets
Décontamination fine
Contrôle de la qualité des travaux
Démobilisation
Nettoyage
3. Rétroaction et prévention
Gestionnaire de l’immeuble et intervenants mandatés, le cas échéant
Vérification afin de s’assurer que le problème est réglé et qu’il ne resurgira pas
Évaluation des situations ou conditions pouvant engendrer des risques de prolifération de moisissures
Suivi ou modification des pratiques en matière d’entretien ménager
Mise en place d’un système d’entretien préventif de l’immeuble ou amélioration du système actuel
Dernière mise à jour :
25 mai 2026
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