QUÉBEC, le 8 juin 2026 /CNW/ - Le Comité consultatif sur les changements climatiques rend public son neuvième avis, intitulé « Un parc immobilier sobre en carbone et en énergie, résilient et abordable », en marge de l'événement Québec Capitale Climat qui se tient aujourd'hui.
Dans cet avis, le Comité invite le gouvernement du Québec à faire du secteur du bâtiment un chantier prioritaire de la transition climatique, tout en tenant compte du contexte actuel marqué par la crise du logement.
Construire plus, rénover en profondeur, décarboner rapidement, s'adapter au nouveau climat, maitriser mieux la demande énergétique et le faire équitablement : c'est le défi collectif qu'affronte le Québec, à la croisée de la transition climatique et de la crise du logement.
Réduire la demande énergétique des bâtiments
Le secteur du bâtiment représente près de 8 % des émissions de GES du Québec et environ les deux tiers de sa consommation totale d'électricité. La décarbonation du bâtiment doit donc également passer par une utilisation plus sobre, plus efficace et plus intelligente de l'énergie. Réduire la demande énergétique permet de réaliser des économies durables, d'alléger la pression sur le réseau électrique et de libérer de la capacité pour décarboner d'autres secteurs de l'économie.
« Chaque kilowattheure économisé grâce à la sobriété, à l'efficacité énergétique ou à une meilleure gestion de la pointe diminue les coûts énergétiques, réduit les besoins de développement du réseau électrique et peut contribuer à accélérer la sortie des énergies fossiles et la décarbonation des bâtiments et de l'économie. Si l'adoption de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments est un pas essentiel dans cette démarche, sa mise en œuvre doit s'accélérer et il faut aller plus loin », a déclaré Alain Webster, président du Comité consultatif sur les changements climatiques.
Une transition qui doit tenir compte de la réalité des ménages
Pour Annie Levasseur, membre du Comité, « la décarbonation du secteur du bâtiment ne peut être pensée séparément des enjeux d'abordabilité, de disponibilité de logement, et de gestion d'énergie et de ressources. L'objectif n'est pas d'ajouter une pression supplémentaire sur les ménages ou les acteurs du secteur, mais de mettre en place les conditions permettant de réduire la consommation d'énergie, de mieux protéger les ménages vulnérables, d'augmenter la résilience et d'éviter des coûts plus élevés à long terme ».
Les interventions dans le secteur du bâtiment peuvent toutefois avoir des effets différenciés selon les ménages. Pour cette raison, le Comité recommande de reconnaître la précarité énergétique comme un enjeu de justice sociale et de santé publique, et de mettre en place un cadre de gouvernance et un plan d'action pour la réduire.
Le Comité souligne également que des obstacles financiers et structurels freinent encore la transformation du parc immobilier, notamment dans le secteur locatif et résidentiel. L'avis recommande à cet égard de simplifier l'accès aux programmes de rénovation et de construction en mettant en place un guichet unique, d'accélérer le développement de mécanismes de financement innovants, de généraliser le système de tarification dynamique de l'électricité pour les bâtiments résidentiels et de faciliter les investissements nécessaires à la décarbonation des bâtiments.
Agir maintenant pour éviter des choix qui coûteront cher demain
Le Comité rappelle que la majorité des bâtiments qui seront utilisés en 2050 sont déjà construits. L'amélioration du parc existant représente donc une priorité. Les choix faits aujourd'hui en matière de construction, de rénovation, de matériaux, d'efficacité énergétique et d'adaptation auront des effets sur les émissions, la consommation d'énergie, la résilience des communautés, les coûts d'exploitation et la qualité des milieux de vie pour plusieurs décennies.
Les 14 recommandations de l'avis s'articulent autour de trois axes :
- Consommer moins et mieux l'énergie, en réduisant la demande énergétique des bâtiments, en améliorant la gestion de la pointe et en accélérant la mise en œuvre du système de déclaration, de cotation et de performance énergétique des bâtiments;
- Construire et rénover des bâtiments sobres en carbone, en renforçant les normes de performance, en tenant compte du carbone intrinsèque des matériaux, en rendant le parc immobilier public exemplaire et en mobilisant tous les acteurs dans l'élaboration d'une feuille de route sectorielle;
- Porter l'action au-delà du bâtiment, en intégrant les dimensions d'aménagement du territoire, de récupération de la chaleur, d'autoproduction énergétique et d'adaptation aux changements climatiques.
Le rapport complet est disponible sur le site du Comité consultatif sur les changements climatiques.
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Martin Brie
Directeur des affaires publiques, des relations internationales et de la mobilisation
Comité consultatif sur les changements climatiques du Québec
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