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Discours d’assermentation

Discours prononcé le 15 avril 2026 par la première ministre du Québec, Mme Christine Fréchette.
La version prononcée fait foi.

Aujourd’hui, je prends la parole avec humilité, avec reconnaissance, et surtout, en étant bien consciente de l’ampleur de la responsabilité qui m’est confiée.
Devenir première ministre du Québec, c’est bien plus qu’une fonction. C’est une responsabilité, immense.
La responsabilité de servir notre nation au meilleur de mes connaissances, au meilleur de mes compétences et surtout, de veiller chaque jour aux intérêts des Québécoises et des Québécois.
C’est accepter de mettre au service du bien commun chaque expérience de vie, chaque leçon apprise, chaque échange que j’ai eu avec vous.
Alors que je viens tout juste d’être assermentée, j’ai une pensée pour la Christine d’avant.
Celle qui apprenait. Celle qui, sans toujours savoir où le chemin la mènerait, croyait profondément en l’importance de s’engager.
Celle qui s’est laissé guider par son intuition, par son amour pour le Québec.
Et aujourd’hui, je réalise que chacun de ces pas m’a menée exactement là où je voulais être.

Je suis née à Trois-Rivières, dans les années 70. Je fais partie de la Génération X, celle qu’on appelle la génération sacrifiée. 
Je vois beaucoup de parallèles entre ce que ma génération a vécu et ce qu’on vit présentement.
À l’époque, on avait la guerre froide et la guerre du Golfe. L’inflation était très élevée. Et les jeunes avaient de la misère à trouver un emploi, à devenir propriétaires.

Aujourd’hui, on vit la guerre commerciale et la guerre au Moyen-Orient. L’inflation est très élevée. Et les jeunes ont de la misère à trouver un emploi, à devenir propriétaires.
Comme société, on a parfois l’impression d’être dans le brouillard. On sait qu’il y a quelque chose devant nous, mais on ne voit pas toujours clairement le chemin.
Mais dans le brouillard, on a toujours un choix. 
Soit on recule… soit on avance.
Moi, je fais le choix d’avancer.
Si y’a une raison pour laquelle j’me suis lancé en politique, c’est parce que je veux faire briller le Québec, c’est parce que je veux redonner confiance en l’avenir. 
Parce que je ne veux plus jamais qu’une génération n’ait le sentiment d’avoir été sacrifiée.

Les régions
Je pense à la jeune fille de Trois-Rivières. Une ville comme il y en a dans toutes les régions. 
Une ville de région dans le plus beau sens du terme. Une ville fière, travaillante, profondément enracinée dans son monde.
Une ville qui ne l’a pas eu toujours facile, mais qui a su se réinventer.
C’est là que j’ai appris que le Québec ne se résume pas à un seul centre, à une seule réalité, à une seule voix.
Grandir en région, c’est comprendre que l’accès aux services, aux emplois, au logement ou aux soins de santé n’est pas tout à fait acquis.
J’ai aussi habité en ville, dans la capitale nationale et dans la métropole. Deux régions différentes et vivantes. Deux pôles économiques qui représentent à la fois nos racines et notre élan.

C’est pourquoi, toute ma vie, j’ai porté cette conviction : que le Québec avance mieux lorsqu’il avance ensemble.

Nos régions sont le cœur battant de notre territoire, elles nourrissent notre économie, portent nos ressources et incarnent notre identité.
Notre capitale nationale c’est le lieu où se mêle notre histoire et se prenne les décisions qui orientent notre avenir.
Et notre métropole, une force d’attraction, un moteur d’innovation et une porte ouverte sur le monde.
Pour réussir, le Québec a besoin que chacune d’elles soit forte, reconnue et pleinement mise à contribution.
J’y veillerai.

L’éducation
Je pense aussi à la jeune fille que j’étais à l’école primaire Richelieu. 
C’est là où j’ai eu un enseignant marquant, Yves Hamelin. Il est d’ailleurs ici aujourd’hui. Il y a aussi Gilles Richard, mon prof le plus marquant du secondaire.
Monsieur Hamelin, monsieur Richard, vous m’avez appris que l’éducation peut transformer un destin, à condition que l’environnement soit à la hauteur.
Cet environnement, on doit l’adapter aux nouvelles réalités, on doit donner à nos jeunes des écoles où il est facile et motivant d’apprendre.
On doit donner aux enseignants et aux équipes-écoles ce dont ils ont besoin pour faire leur travail. 
Du soutien, des ressources et de la stabilité. Parce qu’au fond, ils façonnent quelque chose d’immensément précieux : l’avenir de nos enfants.
C’est pour cette raison que je me suis engagée à accélérer la construction des écoles, en travaillant avec le privé, lorsque c’est pertinent. 
Faire appel au privé, ici, c’est se donner les moyens de construire rapidement des écoles dignes de ce nom, qui attirent et qui retiennent les enseignants et où les élèves peuvent apprendre dans un environnement stimulant.

Les femmes et la santé
Plus tard, je suis devenue mère et entrepreneure.

Comme toutes les familles au Québec, j’ai appris à concilier travail, famille, engagement, responsabilités les pratiques de hockey. Et comme vous, je sais que ce n’est pas toujours facile.
Pendant plus de dix ans, j’ai été engagée aussi dans le mouvement des femmes.
Je me suis également battue pour une plus grande égalité entre les hommes et les femmes. Notamment sur le marché du travail et dans la conciliation travail-famille.
J’ai aussi organisé une parade des poussettes pour permettre aux travailleurs autonomes et aux étudiants de bénéficier de congés parentaux.
C’est cet engagement qui m’a appris une chose essentielle : au Québec, l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale.
C’est non négociable.

Et nous devrons toujours rester vigilants.
À l’heure où la violence faite aux femmes ne semble pas s’atténuer, à mon grand désarroi, je me suis engagée à déposer une loi inspirée de la loi de Clare pour mieux protéger les femmes à risque de violence conjugale et offrir davantage de ressources aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence.

Le contenu québécois
Je suis aussi une fière Hydro-Québécoise. Mon père y a travaillé toute sa vie. C’était d’ailleurs LE sujet de prédilection autour de la table au souper. N’est-ce pas maman?
Hydro-Québec c’est pour moi la preuve qu’une institution publique forte peut changer concrètement le destin d’une nation.
À la maison, j’ai appris ce que ça veut dire, un grand projet collectif : des emplois partout sur le territoire, une expertise qui rayonne à l’international, des PME qui se développent grâce aux grands chantiers, des régions qui brillent parce que l’État choisit d’investir ici, chez nous.

Hydro-Québec, ce n’est pas seulement une société d’État. C’est un moteur économique, un moteur de fierté!
Et surtout un exemple de ce que le Québec est capable d’accomplir quand il mise sur ses forces, sur ses talents.
C’est cette vision qui guide mon engagement économique.
Quand le gouvernement investit l’argent des Québécois, il doit d’abord faire travailler notre monde. 
C’est pourquoi je me suis engagée à intégrer des critères de contenu québécois dans les appels d’offres gouvernementaux.
Ça veut dire une chose très simple : utiliser davantage nos ressources et notre talent.
Le bois du Québec pour construire nos écoles, nos logements et nos infrastructures. 
L’aluminium du Québec pour nos transports, nos bâtiments, notre transition énergétique.
Les aliments du Québec dans nos hôpitaux, nos écoles, nos institutions.

Ce choix-là, il n’est pas idéologique. 
Il est économique. 
ET il est nationaliste.

Parce que pour chaque contrat donné à une entreprise d’ici, 
ce sont des emplois maintenus ici,
des PME qui grandissent, 
des régions qui restent vivantes
et des revenues pour que l’État finance de meilleurs services publics pour les Québécois.

La culture, le français et l’identité
Ma mère vient du Saguenay. Elle était professeure de piano. En fait, elle donne encore des cours aujourd’hui.
À travers elle, j’ai compris que la culture et la langue française, c’est ce qui nous unit. Ce qui nous définit. 
Soutenir la culture québécoise, la faire rayonner, c’est donc soutenir notre langue, notre créativité et surtout notre identité.
C’est pourquoi je me suis engagée à faire vivre la culture québécoise partout sur le territoire.
Mais affirmer notre identité, ce n’est pas juste sur scène ou dans les musées. C’est aussi dans les écoles, dans les milieux de travail, dans les parcours de vie.
C’est pour cette raison là que je me suis engagée à assujettir la formation professionnelle et la formation générale aux adultes à la Charte de la langue française.
Pour que le français soit pleinement la langue d’apprentissage, de travail et de réussite au Québec.
Affirmer notre identité, ça veut aussi dire prendre les moyens nécessaires pour la protéger. 
Je veux être très claire aujourd’hui : je ne reculerai devant rien pour protéger notre langue française, notre culture et nos valeurs québécoises.
Certains préparent un référendum, et d’autres voudraient qu’on s’efface. Moi, je choisis d’agir. 
Je vais défendre la laïcité de l’État jusqu’au bout, parce que c’est au Québec de décider de ses propres lois.
Bref, je vais me battre avec tous les moyens à ma disposition pour protéger la nation québécoise.

Nos aînés
Je vous ai parlé de mes parents, qui, comme tous les parents du Québec, avancent en âge. 
Je pense que l’une des vraies démonstrations de force d’une société réside dans sa capacité à prendre soin de ses aînés.
Nos parents vieillissent. Et avec eux, une génération entière qui a construit le Québec moderne. 
On leur doit plus que de la reconnaissance. 
On leur doit de la dignité et des soins accessibles.

Et la possibilité de demeurer chez eux le plus longtemps possible, entourée, soutenue. C’est pourquoi je me suis engagée à offrir un million d’heures supplémentaires en soutien à domicile. 
Parce que vieillir chez soi, ce n’est pas un luxe.

La santé
J’ai aussi un fils, qui est ici, mon beau grand Olivier. Être parent, ça m’a appris l’importance d’avoir accès à un réseau de santé efficace. Quand nos enfants ont besoin de soins, on ne devrait pas être obligé d’attendre des heures dans une salle d’urgence.
C’est pourquoi nous allons déployer la télémédecine et des salles d’attente virtuelles.
Parce que consulter un professionnel de la santé, ça doit se faire rapidement, efficacement, et sans alourdir inutilement le quotidien des familles.

L’économie et les PME
Mon passage comme PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal a contribué à fortifier ma vision économique.
J’y ai vu le courage des entrepreneurs. La résilience des PME québécoises. L’importance de créer de la richesse ici, pour pouvoir investir dans nos services en santé et en éducation.
Comme première ministre, je défendrai une économie forte, innovante et profondément québécoise. 
En simplifiant l’État. En réduisant le fardeau administratif. 
Et en soutenant les PME dans l’augmentation de leur productivité et l’accès aux marchés. 
Je vais continuer de créer de nouvelles opportunités d’affaires pour les travailleurs d’ici et les entreprises d’ici.

Immigration
Plus récemment, j’ai été ministre de l’Immigration et ministre de l’Économie.
En matière d’immigration, je crois à une approche humaine ET responsable. Pour moi, trois conditions sont non négociables.
On doit respecter notre capacité d’accueil, pour bien intégrer celles et ceux qu’on reçoit.
Et, on doit aussi répondre aux besoins de nos régions et de nos PME, qui souhaitent se développer.
Et, bien sûr, on doit protéger notre langue et notre identité. 

En vous parlant aujourd’hui, j’ai souvent pensé à la jeune Christine.
À celle qui a appris le piano avec sa mère. À celle qui parlait d’Hydro-Québec avec son père.
Je pense à celle qui a grandi en regardant aller Janette Bertrand, Diane Dufresne, Madeleine Poulin et Pauline Marois.
Cette jeune femme a grandi avec des repères simples : la famille, le travail bien fait, l’éducation et l’engagement.
Et surtout avec une conviction profonde : on peut contribuer à quelque chose de plus grand que soi.
Cette jeune femme ne savait pas qu’un jour, elle se tiendrait ici.
Je veux vous dire que je n’oublierai jamais d’où je viens.
Et je n’oublierai jamais non plus vers où on doit aller : un Québec plus ambitieux.
Les Québécois ne demandent pas de grandes promesses abstraites.
Ils demandent des gestes concrets, ancrés dans la réalité.
Aujourd’hui, je prends l’engagement de gouverner avec ambition et détermination. 
Je prends l’engagement de construire un Québec à la hauteur de vos efforts.

Mon nouveau gouvernement va alléger la pression sur les Québécois;
On va protéger notre économie et notre identité.
Et on va redonner confiance aux Québécois.
Et, ensemble, on va bâtir l’avenir !

Merci.

Dernière mise à jour : 15 avril 2026