Atelier Peintures
Pour quelle raison faites-vous l’analyse d’une coupe stratigraphique d’un échantillon de peinture?
Une coupe stratigraphique est un minuscule échantillon de peinture prélevé sous microscope, souvent au bord d’une lacune. Parfois plus petit qu’une tête d’épingle, cet échantillon révèle les différentes couches picturales d’une œuvre. Parmi elles : l’encollage, la préparation, les pigments, le glacis, le vernis, ou même les surpeints ajoutés plus tard.
Dans quel contexte réalise-t-on une coupe stratigraphique?
On réalise une coupe stratigraphique lorsqu’une œuvre soulève des questions avant ou pendant son traitement. L’analyse aide à comprendre les phénomènes de dégradation, à identifier les matériaux et à distinguer la couche originale des ajouts subséquents.
Pourquoi cette méthode est-elle importante?
Parce qu’elle oriente tout le plan de traitement : choix des produits, méthodes de nettoyage ou de dévernissage. Elle complète d’autres analyses comme la lumière ultraviolette, infrarouge ou la radiographie. Ces données servent aussi à la recherche en histoire de l’art, en comparant les techniques de différentes écoles, époques ou artistes.
Atelier Textiles
Est-ce que les textiles anciens traités au CCQ sont nécessairement faits de fibres naturelles ?
Oui, les textiles anciens sont majoritairement composés de fibres naturelles comme la laine, la soie, le coton ou le lin. Ces matériaux se retrouvent, par exemple, dans des ceintures fléchées, des vêtements liturgiques ou des drapeaux.
Avant toute restauration, une analyse microscopique est réalisée pour identifier la fibre. Certaines découvertes étonnent encore. Des barbes de plumes de paon ont ainsi été trouvées sur un parement d’autel chinois, révélant la diversité des techniques et la richesse des matériaux utilisés.
Ces analyses permettent de choisir les bons traitements et de mieux comprendre les savoir-faire anciens.
Atelier Sculptures
Est-ce que la restauration d’œuvre qu’un restaurateur s’effectue toujours en atelier?
Non. Les restauratrices et restaurateurs de l’atelier Sculptures, entre autres, se déplacent souvent vers les œuvres trop grandes ou intégrées à leur environnement. Ils interviennent notamment sur des œuvres d’art public dans des parcs, des bâtiments gouvernementaux ou des stations de métro.
Certains projets sont traités dans des conditions inhabituelles :
- Des sculptures situées dans des parcs et places publiques, et même des parcs nationaux;
- Des éléments sculpturaux faisant partie de fontaines ou de jeux d’eau;
- Des éléments décoratifs de bâtiments historiques et de théâtres;
- Des œuvres d’art et des éléments architecturaux intégrés aux stations de métro, où il faut souvent travailler la nuit, pendant la fermeture des stations;
- Une œuvre suspendue dans un puits de lumière, à une température de plus de 40°C!
Ce travail demande de la planification, de la rigueur et une grande capacité d’adaptation.
