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Assermentation du conseil des ministres

Madame la Lieutenante-gouverneure,
Madame la Présidente de l’Assemblée nationale, Madame la Juge en chef,
Les Ministres et les Députés,
Les Membres du corps consulaire, Les Maires et Mairesses,
Monsieur le Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador,
Monsieur le Secrétaire général du gouvernement, Monsieur le Secrétaire général de l’Assemblée nationale, Les dirigeants et dirigeantes des institutions d’enseignement universitaire et collégial,
Chers invités, chers Québécois,

Introduction

Au cours de notre histoire contemporaine, notre nation a fait preuve de très grandes ambitions.

Avec Hydro-Québec, on a nationalisé notre électricité. Avec le ministère de l’Éducation, on a scolarisé nos enfants et on a développé notre économie du savoir.
Avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, on a rassemblé nos économies.
Avec l’assurance maladie, on a soigné nos malades. Avec les lois 101 et 96, on a protégé notre langue.
Et avec la loi 21, on a défendu notre laïcité.

Dans les épreuves difficiles, les Québécois et les Québécoises ont su se tenir avec détermination.
La crise du verglas, la pandémie, les feux de forêt… Chaque fois, les Québécois, on s’est rassemblés et on a bravé la tempête.
Chaque fois, on l’a traversée, puis on en est sortis plus forts.

Nouveau contexte

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le monde change profondément.
Il est incertain, puis il se transforme à vitesse grand V.

On le voit avec la guerre commerciale, qui fait très mal à notre économie, à nos travailleurs, à nos entrepreneurs.

Dans mes tournées du Québec, je l’ai vu, je l’ai entendu.

On le voit aussi avec les guerres en Ukraine, en Iran et au Moyen-Orient, qui ont des répercussions chez nous, en particulier sur le coût de la vie.

Alors on a deux choix.
Soit on retourne dans le passé, et on recule,
soit on bâtit l’avenir et on avance tous ensemble.

Assermentation comme première ministre

Moi, comme première ministre, j’ai fait mon choix.

Malgré la tempête, j’ai choisi de faire preuve d’ambition et de détermination.

Malgré l’incertitude, j’ai choisi de bâtir notre avenir, et d’avancer.

J’ai entendu ce que les Québécois m’ont dit. J’ai pris acte de leurs attentes, de leurs inquiétudes, mais aussi de leurs espoirs qui s’expriment partout sur notre territoire.

C’est pourquoi l’équipe que je vous présente aujourd’hui porte un nouveau souffle.

Il s’agit d’une équipe solide, composée de femmes et d’hommes dévoués.
Une équipe représentative de toutes nos régions, et prête à servir le Québec.

Les fronts prioritaires

Les Québécois et les Québécoises ont de grandes attentes. La vie coûte cher. La vitalité économique du Québec est menacée. Nos infrastructures sont vieillissantes. Nos services publics ne sont pas à niveau. Et notre identité doit être protégée.

Coût de la vie

En matière de coût de la vie, j’ai déjà annoncé que mon nouveau gouvernement allait rembourser une part importante de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs.

Chaque année, plus de 38 000 ménages pourront profiter d’un remboursement allant jusqu’à 5 875 $.

Cette mesure, qui est rétroactive, permettra à des milliers de Québécois d’avoir bientôt plus d’argent dans leurs poches.

Dorénavant, le coût de la vie comme l’accès à la propriété doivent être une préoccupation de tous les instants.

Afin d’alléger la pression sur le portefeuille des Québécois, j’ai chargé le ministre des Finances d’évaluer tous les scénarios possibles pour réduire le prix de certains biens de consommation.

Dorénavant, on va faire tout ce qui est possible pour que les Québécois aient plus d’argent dans leurs poches.

Partout où je me suis déplacée, les familles m’ont dit que c’était essentiel d’avoir accès aux services de garde à prix réduit.

C’est important que les jeunes parents, les mères monoparentales surtout, puissent retourner au travail et contribuer à l’essor du Québec.

J’ai donc mandaté la ministre de la Famille d’accélérer la conversion de 5 000 places de garde non subventionnées en places subventionnées.

L’itinérance est un enjeu criant partout au Québec. Ça ne concerne plus juste Montréal. Si on veut aider les personnes en situation d’itinérance, il faut mieux coordonner les organismes communautaires, les milieux scolaires, les services de santé et les services de police.

C’est le mandat que je donne au ministre responsable des Services sociaux : améliorer la prévention et l’accompagnement des personnes vulnérables.

Dorénavant, on va en faire plus pour permettre à un maximum de personnes de s’en sortir, et résorber la crise.

Oui, ce qu’on souhaite, c’est une économie de propriétaires. Mais la réalité actuelle, c’est que de nombreuses familles et de nombreux aînés sont incapables de se trouver un logement avec un loyer décent.

Alors il faut faire deux choses.
1 : accélérer la construction de logements abordables.

Et 2 : envisager quels pouvoirs on pourrait donner aux villes pour construire plus rapidement de nouveaux projets résidentiels.
Ce sont les missions de la ministre responsable de l’Habitation et du ministre des Affaires municipales.

À ce sujet, on doit mieux collaborer avec les villes.
Et quand on y pense, on doit mieux collaborer tout court. L’État québécois doit dorénavant être un meilleur partenaire.
Partenaire du gouvernement fédéral.
Partenaire des Premières Nations et des Inuits. Partenaire des PME.
Partenaire des régions.
Et partenaire des organismes communautaires.

Économie

En matière d’économie, on a des défis.

D’abord, on a besoin de plus d’électricité pour décarboner notre économie, pour alimenter la croissance de nos entreprises, et pour attirer des investissements.

Avec les investissements prévus, on va créer de nouvelles occasions pour les travailleurs et les entreprises, dans toutes les régions du Québec.

Puis en ayant plus d’énergie disponible, on va pouvoir soutenir la croissance de nos PME.

D’ailleurs, il va falloir inclure les peuples autochtones dans nos projets de développement économique.
Si on veut bâtir l’avenir de nos nations ensemble, on doit faire du développement économique… ensemble.

J’ai été très claire auprès du ministre de l’Économie et de l’Énergie : je veux qu’il travaille en ce sens avec le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits et avec la ministre des Ressources naturelles et des Forêts.

Dans le cadre de la renégociation de l’ACEUM, le Québec doit défendre ses intérêts. Je pense à la protection du français et à la gestion de l’offre. Pour mon nouveau gouvernement, c’est non négociable.

Je demande au ministre de l’Économie et au ministre responsable des Relations canadiennes de défendre avec fermeté ces intérêts auprès du gouvernement fédéral.

Actuellement, l’économie du Québec dépend trop des États-Unis.
Je pense en particulier à nos industries du bois et de l’aluminium.
Il faut aider davantage nos entreprises à percer de nouveaux marchés.
Et il faut aussi acheter québécois.

C’est la responsabilité de chacun d’entre nous. Le Québec doit acheter québécois. Et les Québécois doivent acheter au Québec.

J’ai donc demandé à la présidente du Conseil du trésor d’ajouter des critères pour favoriser les matériaux québécois dans les appels d’offres publics.

J’ai aussi demandé au ministre des Relations internationales de renforcer notre diplomatie économique et de promouvoir leur qualité partout à travers le monde.

Plus que jamais, on doit acheter québécois, et dorénavant, le gouvernement va faire sa part!

Comme ancienne ministre de l’Immigration et ancienne ministre de l’Économie, j’ai fait le tour du Québec plusieurs fois.

Puis partout, nos entrepreneurs m’ont parlé du fardeau administratif qui leur incombe. C’est compliqué, c’est lourd. Les permis sont longs à obtenir. Et pendant qu’ils remplissent de la paperasse, ils ne font pas ce qu’ils font de mieux pour le Québec : créer de la richesse.

Un ménage dans la bureaucratie est maintenant nécessaire. Il faut simplifier, raccourcir, optimiser nos façons de faire. C’est la mission des ministres délégués à l’Économie, en plus d’épauler nos PME dans cette période tumultueuse.

Infrastructures

Au Québec, il est temps de prendre plus soin des infrastructures que nos parents et nos grands-parents ont construites.
Les Québécois méritent des infrastructures de qualité. On doit donc opérer un grand rattrapage.

Ce qu’il faut, c’est couper moins de rubans et mieux prioriser les investissements.

Nos hôpitaux, nos écoles et nos routes ont besoin d’amour. Le ministre responsable des Infrastructures, avec les ministres de la Santé, de l’Éducation et des Transports, va se charger de leur en donner.

En ce qui concerne de nouvelles écoles, il faut aussi accélérer le pas, réduire les coûts et les délais. J’ai mandaté la ministre de l’Éducation de rassembler le secteur public et le secteur privé pour innover dans la construction de belles écoles.

Tous les élèves, les enseignants et le personnel scolaire vont en bénéficier.

Et comme ça, on va pouvoir donner rapidement de belles classes à nos enfants!

Services

Les Québécois payent assez d’impôts, ils ont le droit d’avoir de meilleurs services.
Des services plus efficaces, plus simples, plus accessibles. On ne doit plus se concentrer sur les réformes de structure, mais bien améliorer les services directs aux Québécois.

En santé, le réseau doit s’adapter au monde d’aujourd’hui et utiliser davantage les nouvelles technologies pour simplifier l’accès aux soins.

La ministre de la Santé devra rapidement rendre plus simple et plus accessible l’accès à un professionnel de la santé, via des consultations virtuelles, à distance.

Je lui ai aussi demandé de lancer des projets pilotes pour créer des salles d’attente virtuelles dans les urgences du Québec.

Je suis convaincue que cette mesure va améliorer l’expérience des Québécois aux urgences et faciliter l’accès aux soins.

Maintenant, nos aînés.
Nos aînés ont bâti le Québec moderne. On leur doit beaucoup.

Il faut offrir plus de services à domicile.
On va permettre à plus d’aînés d’être soignés dans leur maison et d’y rester le plus longtemps possible.
Alors j’ai demandé à la ministre responsable des Aînés d’ajouter un million d’heures en soutien à domicile.

En éducation, on doit faire confiance aux experts, et là je parle des vrais experts.

Ceux qui connaissent les élèves par leur prénom : les enseignants, les directeurs et les équipes-écoles.

Si on veut augmenter la réussite scolaire, il faut offrir plus d’agilité au réseau et plus de services personnalisés aux élèves.

Il faut aussi protéger le budget des services aux élèves. C’est la mission que j’ai donnée à la ministre de l’Éducation.

Dorénavant, je veux aussi que chaque Québécois et chaque Québécoise se sentent en sécurité, partout sur notre territoire.

Pour y arriver, j’ai créé le tout nouveau ministère de la Sécurité intérieure.

Mon objectif, c’est de rassembler en un seul endroit l’expertise de l’État québécois en matière de sécurité.

Le ministre va pouvoir assurer une meilleure coordination des services sur tout le territoire, au bénéfice de la population.

En plus des anciennes responsabilités qu’il avait, le nouveau ministre de la Sécurité intérieure aura sous sa responsabilité : les contrôleurs routiers, les agents de la protection de la faune et la coordination des ministères en matière de renseignement criminel et de cybersécurité.

Concrètement, j’ai demandé au ministre de la Sécurité intérieure de travailler avec la ministre de la Santé et le ministre responsable des Services sociaux pour faire adopter la réforme de la loi P-38.

Ce projet de loi vise à mieux accompagner les personnes dont l’état mental peut représenter un risque pour leur propre sécurité ou celle d’autrui.

Ce qu’on vise, c’est permettre aux personnes atteintes de graves troubles mentaux de recevoir les soins dont ils ont besoin, puis protéger les membres de leur entourage et la population, qui sont souvent démunis face à de telles situations.

Et là, je veux m’adresser à toutes les victimes de violence conjugale et à leurs proches : je ne vous oublie pas.

C’est pourquoi on va présenter un projet de loi inspiré de la loi de Clare.

Ça va permettre aux femmes de pouvoir solliciter les policiers pour connaître les antécédents de leur conjoint.

C’est le ministre de la Sécurité intérieure qui portera le projet de loi.

Ces dernières années, un travail colossal a été effectué pour venir en aide aux femmes victimes de violence conjugale.

Le déploiement des bracelets antirapprochements et l’augmentation du nombre de places en hébergement ont beaucoup aidé. Malgré tout, c’est insuffisant.

Depuis le début de l’année, neuf féminicides ont eu lieu. Neuf féminicides… pensez-y!

Comme femme, comme première ministre du Québec, je le dis clairement : il faut que ça cesse.

Dorénavant, plus de femmes victimes de violence pourront aussi obtenir l’aide dont elles ont besoin.

J’ai également demandé au ministre de la Sécurité intérieure, à la ministre responsable de l’Habitation et à la ministre responsable de la Condition féminine d’augmenter le nombre de places disponibles en maisons d’hébergement.

Identité

Notre identité, c’est ce qu’on a de plus précieux au Québec.

Depuis plus de 400 ans, elle définit notre nation.
Alors je ne reculerai devant rien pour protéger notre langue, notre culture et nos valeurs, comme la laïcité et l’égalité hommes-femmes.

Pour y arriver, il faut notamment poursuivre l’étude de la Constitution du Québec.

Mais pour protéger notre identité, on doit aussi faire vivre notre culture, la consommer, la partager. On doit surtout la transmettre à nos enfants.

Dorénavant, lorsque nos jeunes se branchent sur Craveet
Netflix, je veux qu’on leur propose des séries québécoises.

C’est la mission du ministre de la Culture et des Communications, qui devra poursuivre son travail sur la présence de contenus québécois ET francophones sur les plateformes de diffusion.

Afin de protéger le français, on va déposer un projet de loi pour appliquer la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation des adultes.

Grâce à notre ministre responsable de la Laïcité et de la langue française, 10 000 personnes de plus seront diplômées en français au Québec, chaque année!

Dorénavant, on doit aussi avoir une approche plus humaine en matière d’immigration.

Pour accorder plus de prévisibilité aux immigrants déjà présents sur notre territoire qui parlent français et qui sont intégrés, j’ai confié au ministre de l’Immigration la responsabilité de rouvrir pour deux ans le Programme de l’expérience québécoise — le PEQ.

On va rouvrir le programme tout en respectant nos seuils d’immigration, qui sont prévus à 45 000 immigrants par année.

J’ai aussi demandé au ministre des Relations canadiennes de travailler davantage en partenariat avec le gouvernement fédéral.

Dorénavant, on doit obtenir plus rapidement les sommes qui proviennent des ententes de financement avec Ottawa, mais toujours dans le respect de nos champs de compétence.

Enfin, pour protéger notre identité nationale, on doit rester maîtres chez nous.

Et pour le rester, on a besoin de la clause dérogatoire. Comme je l’ai indiqué la semaine dernière au premier ministre du Canada : il est hors de question de légiférer là-dessus.

J’ai donc demandé au ministre de la Justice et au ministre responsable des Relations canadiennes de veiller au grain, et de défendre à tout prix l’usage préventif de cette clause.

Après tout, c’est l’outil démocratique le plus important pour défendre qui on est et ce qu’on souhaite devenir.

Avant de conclure, je veux m’adresser aux élus des 17 régions du Québec. Chaque région a sa propre identité, ses réalités et ses défis.

Chacune contribue fièrement à notre identité nationale, et à notre rayonnement international.

J’ai décidé de maintenir dans mon gouvernement un ministre responsable de Montréal, notre métropole, et un ministre responsable de Québec, notre capitale.

Mais j’ai tenu mordicus à nommer un ministre délégué aux Régions qui va vous représenter à temps plein au Conseil des ministres. Avec l’appui du nouveau Conseil des régions, je suis persuadée que vos intérêts seront dorénavant entendus et défendus.

Vous serez donc au cœur de notre action gouvernementale, et vous aurez dorénavant une voix forte.

Conclusion

En terminant, même si notre nation fait face à énormément d’incertitude, une chose est sûre :
Avec mon nouveau gouvernement, on a dorénavant un plan clair pour avancer.
Ce plan, c’est de :

  • diminuer le coût de la vie des Québécois;
  • propulser notre économie, pour nos travailleurs, nos entrepreneurs et nos régions;
  • rénover nos infrastructures, nos hôpitaux, nos écoles et nos routes;
  • simplifier les services de l’État, pour les rendre plus efficaces et accessibles;
  • et protéger à tout prix notre identité nationale, notre langue et notre culture.

Dans notre histoire, on a su faire preuve d’ambition et de détermination aux bons moments.
Dorénavant, tout ce qu’il nous faut, c’est être audacieux. Alors, soyons audacieux!
Et ensemble, on va bâtir l’avenir du Québec!

Dernière mise à jour : 22 avril 2026