Berce du Caucase

Berce du Caucase.

Berce du Caucase. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Berce du Caucase

Autre(s) nom(s) français
Berce de Mantegazzi

Nom anglais
Giant hogweed

Nom scientifique

Heracleum mantegazzianum Sommier & Levier

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Apiaceae

Description

La berce du Caucase est une plante herbacée vivace mesurant de 2 à 4 m de haut lors de sa floraison. Elle ne fleurit qu’à sa dernière année de vie, vers trois ou quatre ans. Sa sève peut causer de graves brûlures si elle entre en contact avec la peau et que celle-ci est ensuite exposée à la lumière du soleil ou à la lumière artificielle.

Identification

Tige

La tige de la berce du Caucase est solide et creuse, et son diamètre varie de 4 à 10 cm. Elle est verte et présente de nombreuses taches rougeâtres bien définies sur toute sa longueur. Elle porte aussi des poils blancs rugueux et irréguliers.

Feuilles

Les feuilles de la berce du Caucase sont très grandes, atteignant jusqu’à 2,5 m de long. Elles sont divisées en trois parties (lobes), profondément découpées et dentelées. Le dessus est dépourvu de poils et cireux, tandis que le dessous est lisse ou légèrement écailleux, avec quelques poils blancs rugueux et irréguliers.

Fleurs

Les fleurs de la berce du Caucase sont blanches et apparaissent en juillet. Elles forment des ombelles aplaties, comme des parapluies, de 20 à 50 cm de diamètre. On compte de une à huit ombelles par plant. L’ombelle principale, qui pousse en premier, est plus courte que les autres et produit la majorité des semences.

Fruits

Le fruit de la berce du Caucase est plat, ovale, d’abord vert puis beige à maturité, et mesure de 1 à 1,5 cm. Il contient deux graines collées en forme d’ellipse. Les graines sont dispersées par le vent et l’eau à partir d’août.

Racines

Les racines de la berce du Caucase ont la forme d’une carotte et peuvent mesurer jusqu'à 60 cm de long et 15 cm de diamètre.

Espèces similaires

Berce laineuse (Heracleum maximum)

Berce commune (Heracleum sphondylium)

Angélique pourpre (Angelica atropurpurea)

Distinctions

La berce laineuse, la berce commune et l’angélique pourpre se distinguent de la berce du Caucase par leur hauteur, qui ne dépasse pas plus de 2 m. Leurs feuilles, leurs fleurs et leurs tiges sont moins massives. Leurs tiges diffèrent également de celle de la berce du Caucase, car elles ne présentent pas de taches rouges/pourpres ni de poils blancs et rugueux. La floraison de la berce laineuse survient en juin, tandis que la berce de Caucase fleurit en juillet.

Les feuilles de la berce laineuse et de la berce commune ont une face inférieure couverte de poils blancs souples, contrairement à celles de la berce du Caucase, qui sont dépourvues de poils. L’angélique pourpre se distingue par sa fleur, qui est une ombelle sphérique, et par sa tige et ses feuilles, qui sont dépourvues de poils.

Répartition

La berce du Caucase est originaire du Caucase du Sud. Elle a été introduite en Amérique du Nord, au début du 20e siècle, à des fins ornementales. Au Québec, son introduction date probablement des années 1970.

La berce du Caucase s’est rapidement répandue dans le sud de la province et elle est maintenant bien établie, notamment dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de l’Estrie et des Laurentides. Au nord, elle se trouve au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ainsi qu’en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La berce du Caucase est établie au Québec depuis 1979. Les efforts de sensibilisation et de contrôle menés depuis une quinzaine d’années aident à ralentir sa propagation. Dans des régions comme la Capitale-Nationale, la Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent, il est possible que l’abondance de l’espèce diminue grâce à ces efforts.

Détection et suivi

Pour confirmer la présence de plants de berce du Caucase, il est possible de remplir un formulaire de signalement spécifique à cette plante envahissante. Les signalements sont vérifiés et un suivi est effectué auprès des utilisateurs.

Signalement

Comme la berce du Caucase est une espèce exotique envahissante au Québec et qu’elle présente des risques pour la santé humaine, il est très important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution. Il est également important d’informer la municipalité concernée, surtout si le terrain envahi lui appartient.

Si vous n’êtes pas sûr de l’identification, vous pouvez soumettre un signalement présumé de berce du Caucase à l’aide du formulaire de signalement. Une équipe du Ministère confirmera s’il s’agit bien de cette plante.

Habitat

La berce du Caucase aime les climats frais et humides comme celui du Québec. Elle préfère les milieux ouverts, comme les friches, les rives et les fossés, mais on la trouve parfois en milieu forestier. Elle préfère les sols riches, humides et profonds, mais elle peut s’implanter dans la plupart des types de sols.

En général, la présence d’arbres et d’arbustes limite l’établissement de la berce du Caucase. En milieu forestier, les plants sont plus dispersés, moins vigoureux, atteignent la maturité plus tard et produisent moins de graines. Les rives boisées sont moins envahies que les rives herbacées.

Reproduction et propagation

La berce du Caucase se reproduit uniquement de manière sexuée, c’est-à-dire à l’aide des 10 000 à 20 000 semences qu’elle produit par plant mature. Ces graines peuvent rester viables dans le sol pendant plusieurs années.

De façon générale, la berce du Caucase produit des graines entre sa troisième et sa cinquième année de vie. Après la production de ces graines, le plant meurt. On dit qu’il s’agit d’une espèce monocarpe, c’est-à-dire qu’elle ne fructifie qu’une seule fois.

Les semences se dispersent principalement par le vent et l’eau, et comme la berce du Caucase préfère les sols riches et humides, les invasions les plus importantes au Québec se trouvent près des cours d’eau.

Elle peut également se propager par l’homme qui l’utilise à des fins ornementales et horticoles, en raison de sa taille spectaculaire. On la trouve parfois dans les jardins privés, d’où les graines peuvent se disperser vers les friches, les fossés et les cours d’eau environnants.

Conséquences, prévention et contrôle

La berce du Caucase est classée parmi les espèces exotiques envahissantes floristiques jugées prioritaires pour des actions de lutte au Québec, en raison des risques élevés qu’elle présente pour la santé humaine et de ses impacts négatifs faibles à modérés sur la biodiversité.

Sa sève contient des substances toxiques activées par la lumière qui peuvent causer de graves brûlures si la peau imprégnée de sève est ensuite exposée au soleil ou à une lumière artificielle. Il est donc important de laver rapidement la peau touchée et de la protéger de la lumière pendant au moins 48 heures.

Il est donc essentiel :

  • De surveiller attentivement son introduction;
  • De signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
  • D’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence;
  • D’effectuer des travaux de contrôle afin de l’éliminer et d’éviter qu’elle se propage.

Méthode de prévention

Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation de la berce du Caucase :

  • Apprenez à la reconnaître;
  • Évitez de semer, planter, multiplier ou transporter cette plante;
  • Optez pour l’ensemencement ou la plantation d’espèces végétales indigènes compétitives qui couvriront rapidement les sols découverts;
  • Évitez de disperser les graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Jetez dans les ordures les résidus de berce du Caucase qui ont fleuri et produit des fruits. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.

Méthodes de contrôle

Si vous trouvez des plants de berce du Caucase sur votre propriété, il est conseillé de les éliminer rapidement. Étant donné le risque élevé qu’elle présente pour la santé, il est préférable de faire appel à des professionnels. Si vous décidez de le faire vous-même, protégez-vous avec des vêtements longs, une visière, des gants et des bottes. Nettoyez les outils et lavez les vêtements après leur utilisation.

Commencez par enlever les plants matures avant qu’ils relâchent leurs semences en août. Pour accélérer le processus, éliminez également les jeunes plants. Même en réalisant ces actions, il faudra plusieurs années pour éradiquer une colonie, car les semences dans le sol continueront de germer.

Pour éliminer un plant de berce du Caucase, l’arrachage à l’aide d’une pelle est la méthode la plus efficace. Il est nécessaire d’extraire une bonne partie de la racine principale, ce qui est plus facile en début de saison. Un labour à 20 cm de profondeur peut aussi être efficace dans une prairie ou une friche.

Il n’est pas recommandé de couper ou de faucher la tige sans retirer la racine principale, car cela ne permet pas d’éliminer les plants et augmente le risque de brûlures. Cependant, une fauche répétée des plants pendant l’été peut ralentir leur croissance et empêcher la production de semences.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Il est fortement recommandé de faire appel à des spécialistes. Les herbicides sont plus efficaces en début de saison. Lorsqu’ils sont utilisés plus tard, leur efficacité diminue, ce qui nécessite des traitements répétés.

Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

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Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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