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Fiches des espèces floristiques
Ventes et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Chèvrefeuille de Maack. © Richard Gardner, Bugwood.org
Nom français
Chèvrefeuille de Maack
Nom anglais
Maack’s honeysuckle
Autre(s) nom(s) anglais
Amur honeysuckle
Lonicera maackii (Ruprecht) Herder var. maackii
Groupe de plantes
Arbustes
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Caprifoliaceae
Description
Le chèvrefeuille de Maack est un arbuste de grande taille qui peut mesurer jusqu’à 6 m de haut et 9 m de large. Utilisé comme plante ornementale, il peut facilement se propager hors des jardins ou des lieux de culture. Originaire d’Asie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Les tiges du chèvrefeuille de Maack sont nombreuses et creuses. Leur écorce est brune ou grise, et leur diamètre peut atteindre 15 cm à la base. Les jeunes tiges, vertes à rougeâtres, sont couvertes de poils fins. Lorsqu’on le coupe, le chèvrefeuille produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ».

Tronc du chèvrefeuille de Maack.
Feuilles
Les feuilles du chèvrefeuille de Maack sont disposées sur la tige de façon opposée. Elles ont une forme ovale ou elliptique et se terminent par une pointe effilée. Elles mesurent entre 5 et 8 cm de long sur 1 à 4 cm de large. Leurs deux faces et leur bordure sont couvertes de poils fins. Les pétioles Lire le contenu de la note numéro 1 mesurent de 2 à 9 mm.

Feuilles du chèvrefeuille de Maack. © Rob Routledge, Sault College, Bugwood.org
Fleurs
Les fleurs du chèvrefeuille de Maack sont odorantes et de couleur blanc crème tournant au jaune vers la fin de l’été. Leurs pétales forment un tube qui se divise en deux parties distinctes. Celle du dessus est composée de quatre lobes fusionnés et celle du dessous est constituée d’un seul lobe. Les fleurs émergent à l’aisselle des feuilles en groupes de deux et sont portées par de courts pédoncules Lire le contenu de la note numéro 2 (1,5 à 5 mm). La floraison s’effectue de mai à juin.

Fleurs du chèvrefeuille de Maack. © Rob Routledge, Sault College, Bugwood.org
Fruits
Les fruits du chèvrefeuille de Maack sont rouges, sphériques et mesurent de 4 à 9 mm de diamètre. Ils apparaissent dès la fin juin et arrivent à maturité vers septembre. Ils peuvent demeurer sur la tige jusqu’à la moitié de l’hiver. Un individu peut produire jusqu’à 600 fruits. Chaque fruit contient de 3 à 5 graines.

Fruits du chèvrefeuille de Maack. © Chris Evans, University of Illinois, Bugwood.org
Racines
Les racines du chèvrefeuille de Maack sont superficielles, ramifiées et ligneuses. Elles sont de couleur jaune ou orange.
Espèces similaires
Chèvrefeuilles spp. (Lonicera spp.)
Distinctions
Le chèvrefeuille de Maack peut être confondu avec le chèvrefeuille de Morrow (Lonicera morrowii), le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica) et le chèvrefeuille joli (Lonicera ×bella). Ces derniers se distinguent principalement par la forme de leurs feuilles, qui se terminent par une pointe moins effilée, et par la longueur de leurs pédoncules (de 10 à 15 mm), plus longs que leurs pétioles. Le chèvrefeuille du Canada (Lonicera canadensis) et les autres chèvrefeuilles indigènes se distinguent par leur plus petite taille, des fleurs jaunes et des tiges qui ne sont généralement pas creuses et ayant plutôt une moelle blanche.
Répartition
Le chèvrefeuille de Maack est originaire d’Asie, plus précisément de la Chine, de la péninsule de Corée et de la Russie orientale. Il a été introduit en Amérique du Nord vers la fin du 19e siècle pour des raisons horticoles. La première observation en milieu naturel au Canada a eu lieu en 1955 à Hamilton, en Ontario.
Sa présence est confirmée dans deux États américains près du Québec : les États de New York et du Vermont.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le chèvrefeuille de Maack n’a jamais été observé au Québec, il est donc considéré comme absent.
Signalement
Puisque le chèvrefeuille de Maack est une espèce exotique envahissante non répertoriée au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle.
Habitat
Le chèvrefeuille de Maack se retrouve dans les clairières des boisés, les champs en friche, les prairies, à la lisière des forêts et sur le bord des routes et des cours d’eau. Il préfère les sols acides (pH : 4,0-7,0) et plutôt bien drainés.
Reproduction et propagation
Le chèvrefeuille de Maack se multiplie à l’aide de ses graines. Les oiseaux et certains mammifères se nourrissent de ses fruits, dispersant ses semences sur de longues distances. L’espèce se propage aussi de manière végétative grâce à ses rejets de souche.
L’espèce était parfois utilisée en horticulture et cette pratique a pu contribuer à sa propagation. Certains cultivars (« Erubescens », « Rem Red ») étaient parfois vendus dans le commerce.
Conséquences, prévention et contrôle
Le chèvrefeuille de Maack est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 3
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. De plus, il est visé par le
En formant des peuplements denses, il modifie les conditions de lumière et de sol, ce qui peut nuire aux espèces végétales et animales qui dépendent d’écosystèmes forestiers diversifiés. De plus, il est capable d’altérer un écosystème dans son ensemble en accélérant le recyclage des éléments nutritifs ou en modifiant la structure physique des sols (litière).
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du chèvrefeuille de Maack :
- Apprendre à le reconnaître;
- Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter;
- Éviter de disperser ses fruits et ses graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
- Éviter également d’utiliser cette terre;
- Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
- S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
- Lors de travaux sylvicoles en présence du chèvrefeuille de Maack, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
- Jeter aux poubelles les résidus de chèvrefeuille de Maack qui contiennent des fruits. Ne pas les laisser dans la nature et ne pas les composter.
Méthodes de contrôle
La lutte contre le chèvrefeuille de Maack exige une stratégie soutenue et combinée : l’arbuste se régénère facilement après coupe, et ses graines restent viables dans le sol pendant un an. Les interventions précoces, ciblées et répétées donnent les meilleurs résultats.
L’arrachage manuel des petits plants peut être effectué à l’aide d’une pince à levier (outil à déraciner) en s’assurant de retirer le système racinaire duquel peuvent émerger de nouvelles tiges. Un sol humide qui n’est pas compacté facilite l’extraction des racines.
La coupe du chèvrefeuille de Maack sans l’arrachage de son système racinaire peut provoquer la production de rejets de souche, ce qui contribue au développement du plant à court terme. Toutefois, une coupe estivale répétée pendant au moins trois années consécutives peut réduire la densité des tiges (30 % à 90 %).
Les résidus du chèvrefeuille de Maack, surtout ceux qui contiennent des fruits et des racines, doivent être jetés aux poubelles afin de limiter les risques de propagation.
Le brûlage n’est pas une méthode recommandée, car il a pour effet de favoriser la pousse du chèvrefeuille de Maack en éliminant la compétition végétale.
Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.
En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
À consulter aussi
-
Note de bas de page numéro 1Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 1
-
Note de bas de page numéro 2Le pédoncule est une pièce florale en forme de tige qui porte les fleurs ou les fruits. Retour à la référence de la note numéro 2
-
Note de bas de page numéro 3Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez le document Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026