Dompte-venin de Russie

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Plants de dompte-venin de Russie recouvrant le sol et s'agrippant aux arbres.

Dompte-venin de Russie. © David Nisbet, Invasive Species Centre, Bugwood.org

Nom français
Dompte-venin de Russie

Autre(s) nom(s) français
Cynanche

Nom anglais
European swallowwort

Autre(s) nom(s) anglais
Dog-strangling vine, pale swallowwort

Nom scientifique

Vincetoxicum rossicum (Kleopow) Barbaricz

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Apocynaceae

Description

Le dompte-venin de Russie est une plante herbacée vivace semblable au dompte-venin noir. Il s’enroule autour des structures et des plantes ligneuses, ou sur lui-même, formant des masses de tiges emmêlées. Originaire de Russie occidentale, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige du dompte-venin de Russie est érigée ou grimpante et peut atteindre jusqu’à 2,5 m de hauteur. Ligneuse et verte, elle est souvent poilue et renferme un latex blanc.

Feuilles

Les feuilles du dompte-venin de Russie sont ovales et se terminent en pointe. Elles mesurent de 5 à 7 cm de largeur et de 7 à 12 cm de longueur. Vert pâle ou vert foncé, elles sont légèrement luisantes. Leur marge est lisse et elles sont disposées de façon opposée sur la tige. Comme les tiges, elles renferment un latex blanc.

Fleurs

Les fleurs sont rassemblées en cymes Lire le contenu de la note numéro 1 de 5 à 20 unités, produites à l’aisselle des feuilles. Composées de 5 pétales roses ou brun rouge, elles sont en forme d’étoile et mesurent de 5 à 7 mm.

Fruits

Les fruits du dompte-venin de Russie sont des follicules Lire le contenu de la note numéro 2 en forme de gousse, regroupés par paires et mesurant de 4 à 7 cm de longueur. D’abord verts, ils deviennent brun pâle lorsqu’ils sont mûrs. À maturité, les fruits s’ouvrent sur le côté pour libérer des graines aplaties, munies d’un faisceau de poils soyeux.

Racines

Le dompte-venin de Russie produit des racines épaisses et ligneuses qui partent d’un rhizome situé au niveau du collet de la plante. Ces rhizomes ne semblent pas capables de reproduction végétative.

Distinctions

Les fleurs du dompte-venin noir sont velues et de couleur pourpre foncé, presque noir.

L’asclépiade commune n’est pas une plante grimpante et elle mesure moins de 1 m de hauteur.

Répartition

Originaire d’Ukraine et du sud-ouest de la Russie, le dompte-venin de Russie a été introduit en Amérique du Nord à la fin du 19e siècle à des fins ornementales. Il est aujourd’hui bien implanté dans la région des Grands Lacs, notamment dans la péninsule ontarienne, ainsi que dans les États du nord-est des États-Unis, dont l’Illinois, la Pennsylvanie et le New Jersey.

Au Québec, il a été mentionné pour la première fois en 1973, à Montréal. On le trouve principalement dans la région de Gatineau, sur l’île de Montréal et à Longueuil. Des populations sont également présentes en Montérégie (vallée du Richelieu et lac Saint-François), à Oka, Rigaud, Québec et Saguenay.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

Le dompte venin de Russie est établi au Québec. Introduit dans les années 1970, il demeure encore très peu fréquent en dehors des régions de Gatineau et de Montréal. Toutefois, la découverte d’une colonie dans la ville de Saguenay en 2024 montre que sa propagation n’est pas limitée par la rigueur du climat.

Signalement

Comme le dompte-venin de Russie est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

Le dompte-venin de Russie préfère les milieux ouverts, mais tolère assez bien l’ombre. Il s’installe surtout dans des sols d’origine calcaire et peut pousser dans des sols sableux ou argileux. On le trouve en bordure de rivières, dans les prairies et les friches, dans les clairières et à l’orée des bois, ainsi que le long des voies ferrées, dans les plantations de pins et les boisés urbains.

Reproduction et propagation

Le dompte-venin de Russie se reproduit uniquement par ses graines. La floraison survient principalement entre la mi-juin et le début juillet, bien que certains plants puissent fleurir plus tard en été. En moyenne, chaque plant produit environ 250 graines et, dans les milieux fortement envahis, on peut observer plus de 100 plants par m2. Les poils soyeux des graines facilitent leur dispersion par le vent. Pour germer, celles-ci doivent être exposées au froid pendant plusieurs semaines et être légèrement enfouies dans le sol. La majorité germe au printemps, mais certaines peuvent le faire à l’automne. La plupart des graines germent l’année suivant leur production; la banque de semences dans le sol peut donc s’épuiser rapidement.

Conséquences, prévention et contrôle

Le dompte-venin de Russie est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 3 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec. De plus, il est visé par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

Même si les connaissances sur ses impacts demeurent limitées, l’ampleur de l’envahissement observé dans certaines régions de la péninsule ontarienne et de l’État de New York indique qu’il constitue une menace réelle pour certains écosystèmes. Dans la région de Toronto, les populations occupent plusieurs centaines d’hectares et peuvent couvrir jusqu’à 90 % de la surface du sol dans les sites envahis. Les milieux ouverts ou semi-ombragés, tels que les alvars Lire le contenu de la note numéro 4 , sont particulièrement vulnérables.

Des effets négatifs sur les champignons microscopiques présents dans les sols ont été documentés, notamment une diminution des espèces indigènes bénéfiques et une association avec des champignons nuisibles aux plantes indigènes. Dans les friches, la présence du dompte-venin de Russie entraine une réduction importante de la présence d’insectes. Le papillon monarque, dont les populations sont en déclin, peut confondre le dompte-venin avec l’asclépiade commune au moment de la ponte, ce qui compromet la survie des chenilles.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation du dompte-venin de Russie :

  • Apprendre à le reconnaître;
  • Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter;
  • Éviter de disperser ses graines lors du déplacement de terre ou de machinerie;
  • Éviter d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Lors de travaux sylvicoles en présence du dompte-venin de Russie, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
  • Jeter aux poubelles les résidus de dompte-venin de Russie qui contiennent des fruits. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

La lutte contre le dompte-venin de Russie est une entreprise ardue. L’arrachage est particulièrement difficile, car les tiges ont tendance à se casser près de la surface du sol. La fauche ne permet pas d’éliminer les plants, même lorsqu’elle est effectuée plusieurs fois par année, et ce, pendant plusieurs années. Elle contribue toutefois à réduire la production de graines. Environ quatre fauches par année sont nécessaires pour réduire cette production à zéro.

La lutte biologique à l’aide d’un papillon de nuit (Hypena opulenta) originaire du Moyen-Orient et de la Russie est possible au Canada. Les larves de ce papillon se nourrissent des feuilles du dompte-venin de Russie. Lorsque leur nombre est élevé, la défoliation Lire le contenu de la note numéro 5 peut être sévère. Il en résulte une réduction importante de la production de semences, bien que la mortalité des plants demeure faible.

En dernier recours, des herbicides homologués peuvent être utilisés. Avant toute application, assurez-vous de respecter la réglementation en vigueur ainsi que les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne], disponible à : http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 16 juin 2025).

DITOMMASO, A., F. M. LAWLOR et S. J. DARBYSHIRE (2005). « The Biology of Invasive Alien Plants in Canada 2. Cynanchum rossicum (Kleopow) Borhidi [= Vincetoxicum rossicum (Kleopow) Barbar.] et Cynanchum louiseae (L.) Kartesz et Gandhi [= Vincetoxicum nigrum (L.) Moench] ». Canadian Journal of Plant Science, 85 : 243-263.

LAVOIE, C. (2019). 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture. Québec : Les Publications du Québec, 415 p.

NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [https://gobotany.nativeplanttrust.org/] (Consultée le 16 juin 2025).

WESTBROOK, A. S., L. R. MILBRATH, J. WEINBERG et A. DITOMMASO (2023). « Biology of Invasive Plants 3. Vincetoxicum nigrum (L.) Moench et Vincetoxicum rossicum (Kleopow) Barbarich ». Invasive Plant Science Management 16(1) : 1-24.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

Évaluation de la page
Veuillez compléter la vérification reCAPTCHA.

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Pourquoi l’information n’a pas été utile?

Vous devez sélectionner une option

Quel est le problème?

Vous devez sélectionner une option

Pourquoi l’information a été utile?

Veuillez préciser la nature du problème