Égopode podagraire

Vente et culture interdites

La culture de cette espèce à des fins de multiplication est interdite au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Sa vente sera interdite à compter du 4 juin 2027 en vertu de ce même règlement.

Plants d'égopode podagraire en floraison.

Égopode podagraire. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Égopode podagraire

Autre(s) nom(s) français
Herbe aux goutteux

Nom anglais
Goutweed

Autre(s) nom(s) anglais
Bishop’s goutweed, Ground elder

Nom scientifique

Aegopodium podagraria Linnaeus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Apiaceae

Description

L’égopode podagraire est une plante herbacée vivace souvent utilisée comme couvre-sol. Il pousse aussi bien à l’ombre qu’au soleil. Originaire d’Europe, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige est verte, creuse et rainurée. Elle peut atteindre 1 m de hauteur.

Feuilles

Les feuilles sont formées de trois groupes de trois petites feuilles (folioles), au bord dentelé. Certaines feuilles poussent directement du sol par les rhizomes Lire le contenu de la note numéro 1 , ce qu’on appelle des feuilles basales. Elles sont vert foncé sur le dessus et vert pâle en dessous. La variété horticole « Variegatum » présente des feuilles bordées de blanc.

Fleurs

Les fleurs sont blanches à 5 pétales. Elles forment des groupes en forme de parapluie (ombelles) de 6 à 12 cm de diamètre. La floraison se produit de juin à août chez les plants de 5 ans et plus.

Fruits

Les fruits sont de petites graines aplaties, vertes puis brunes à maturité. Ils mesurent entre 3 et 4 mm.

Racines

La plante possède des tiges souterraines (rhizomes) situées entre 1 et 10 cm de profondeur. Chez les plants matures, ces rhizomes peuvent s’étendre jusqu’à 150 cm.

Espèces similaires

Cryptoténie du Canada (Cryptotaenia canadensis)

Osmorhize à long style (Osmorhiza longistylis)

Zizia doré (Zizia aurea)

Distinctions

La cryptoténie du Canada est indigène au Québec et se distingue de l’égopode podagraire par ses fleurs en petites grappes irrégulières et ses feuilles divisées en trois folioles seulement

L’osmorhize à long style est indigène au Québec et se distingue de l’égopode podagraire par le bord de ses feuilles plus dentelé et ses fruits plus longs (12 à 15 mm).

Le zizia doré est indigène au Québec et se distingue de l’égopode podagraire par ses fleurs jaunes.

Répartition

Originaire d’Europe, l’égopode podagraire a été introduit en Amérique du Nord au 19e siècle à des fins médicinales et alimentaires. La première observation au Québec remonte à 1916, à Montréal.

On le trouve dans toutes les provinces de l’est du Canada (Ontario, Québec et provinces maritimes) et dans plusieurs États du nord-est des États-Unis, dont ceux voisins du Québec : New York, New Hampshire, Vermont et Maine.

Au Québec, l’égopode podagraire est présent dans toutes les régions, mais il est surtout abondant dans le sud-ouest de la province.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

L’égopode podagraire est bien établi au Québec. Il s’installe facilement dans différents types d’habitats et plusieurs nouvelles observations sont signalées chaque année.

Signalement

Comme l’égopode podagraire est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

L'égopode podagraire préfère les milieux partiellement ensoleillés ou ombragés. Il tolère les sols pauvres, bien drainés ou humides. On le trouve dans les forêts, les zones riveraines, les champs abandonnés et les pâturages.

Reproduction et propagation

Les graines ont besoin d’une période de gel pour germer. Elles germent généralement l'année suivant leur production. Les rhizomes propagent rapidement la plante dans l’environnement.

L’utilisation de cette plante en horticulture contribue aussi à sa propagation.

Conséquences, prévention et contrôle

L’égopode podagraire est une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 2 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec. De plus, il est visé par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026. La vente de cette espèce fait l’objet d’un délai d’application. Il sera interdit d’en faire la vente au Québec à compter du 4 juin 2027.

En formant des colonies denses, il empêche la croissance des plantes indigènes et réduit la diversité floristique des milieux qu’il envahit.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’égopode podagraire :

  • Apprendre à le reconnaître.
  • Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter.
  • Éviter de disperser ses graines et ses rhizomes lors du déplacement de terre ou de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Lors de travaux sylvicoles en présence de l’égopode podagraire, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
  • Jeter aux poubelles les résidus d’égopode podagraire qui contiennent des graines et des rhizomes. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

La lutte contre l’égopode podagraire en milieu naturel est difficile. Il vaut mieux agir dès l’apparition d’une nouvelle colonie. Un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

Combiner plusieurs méthodes améliore les chances de succès.

L’arrachage manuel des plants et des racines peut être réalisé manuellement et doit être répété pendant plusieurs années pour réduire la taille d’une colonie.

L’excavation des 10 premiers cm de sol permet d’extraire les racines. Il faut excaver dans un périmètre de 150 cm autour de la colonie et gérer le sol excavé.

La plantation d’autres espèces non envahissantes à croissance rapide peut nuire à la croissance de l’égopode podagraire et favoriser la succession végétale.

Le bâchage consiste à couvrir le sol d’une toile opaque pour empêcher la croissance. Cette méthode demande du temps et ne garantit pas l’éradication.

Quelques conseils :

  • Utiliser une toile de qualité (géomembrane ou géotextile);
  • Couper et retirer les tiges avant de poser la toile;
  • Couvrir toute la colonie et une zone tampon d’au moins 2 m autour de cette dernière. Prévoir un chevauchement de 50 cm à 1 m entre les toiles;
  • Poser des poids pour maintenir les toiles en place;
  • Ne pas percer les toiles, car la plante peut s’y infiltrer;
  • Inspecter régulièrement et retirer toute nouvelle tige;
  • Maintenir les toiles en place plus de 2 ans;
  • Planter des arbustes à croissance rapide lors du retrait des toiles (p. ex. aulnes, cornouillers, saules).

Couper uniquement les tiges sans toucher aux rhizomes ne suffit pas à éliminer la plante. Une seule coupe peut même stimuler sa croissance.

En dernier recours, des herbicides homologués peuvent être utilisés. Consultez la page Application de pesticides commerciaux et respectez la réglementation en vigueur.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

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MARIE-VICTORIN, Frère, L. BROUILLET, E. ROULEAU, I. GOULET et S. HAY (2002). Flore laurentienne, Boucherville, Québec, 3e eìd. mise aÌ jour et annotée, Groupe Mori, 1093 p.

NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [https://gobotany.nativeplanttrust.org/]

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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