Épine-vinette du Japon
Vente et culture interdites
La culture de cette espèce à des fins de multiplication est interdite au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Sa vente sera interdite à compter du 4 juin 2027 en vertu de ce même règlement.
Épine-vinette du Japon. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Nom français
Épine-vinette du Japon
Autre(s) nom(s) français
Épine-vinette de Thunberg, berbéris de Thunberg
Nom anglais
Japanese barberry
Autre(s) nom(s) anglais
Thunberg’s barberry, Red barberry
Berberis thunbergii de Candolle
Groupe de plantes
Arbustes
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Berberidaceae
Dans cette page :
Description
L’épine-vinette du Japon est un petit arbuste épineux à feuilles caduques. Plusieurs cultivars pourpres, rosés ou jaunâtres ont été développés et sont souvent plantés dans les aménagements paysagers en milieu urbain. Originaire du Japon, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Les tiges de l’épine-vinette du Japon sont brunes ou rougeâtres, cannelées et souvent recourbées vers le sol. Elles mesurent généralement autour de 1 m de long, mais peuvent parfois atteindre 2 m. Elles portent de nombreuses petites épines (de 5 à 15 mm de longueur) disposées de façon alterne.

Tiges de l’épine-vinette du Japon. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Feuilles
Les feuilles de l’épine-vinette du Japon mesurent 1 cm de largeur et 1 à 3 cm de longueur. Elles sont plus larges à l’extrémité, et leur marge est lisse. Elles sont regroupées en bouquets de 2 à 7 feuilles (jusqu’à 12 chez certains cultivars), disposés de façon alterne sur les tiges. En milieu naturel, les plants ont généralement des feuilles vertes qui deviennent rouges ou orange à l’automne. Dans les aménagements paysagers, les cultivars utilisés ont souvent une coloration estivale pourpre, rosée ou jaunâtre.

Feuilles de l’épine-vinette du Japon. © Richard Gardner, Bugwood.org
Fleurs
Les fleurs de l’épine-vinette du Japon sont en forme de parapluie. Elles sont composées de 6 pétales jaunâtres et mesurent de 1 à 1,5 cm. Elles sont réunies en groupes de 2 à 5 fleurs qui se développent à partir des bouquets de feuilles.

Fleurs de l’épine-vinette du Japon. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Fruits
Les fruits de l’épine-vinette du Japon sont des baies légèrement allongées qui mesurent entre 7 et 10 mm. Ils sont rouges, ou rouge-orange chez certains cultivars, et parviennent à maturité à la fin de l’été et à l’automne. Les fruits ont tendance à persister sur les branches pendant l’hiver et même jusqu’au printemps. Les baies contiennent généralement une seule graine, mais parfois deux.

Fruits de l’épine-vinette du Japon. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Racines
Le système racinaire de l’épine-vinette du Japon est composé de rhizomes et de plusieurs fines racines. Il est généralement superficiel et étendu.
Espèces similaires
Épine-vinette commune (Berberis vulgaris)
Distinctions
L’épine-vinette commune est un arbuste de plus grande taille, mesurant généralement 2 m et pouvant atteindre 3 m. Ses feuilles ont une marge finement dentelée, contrairement aux feuilles de l’épine-vinette du Japon dont la marge est lisse. L’épine-vinette commune est également une espèce exotique envahissante.
Répartition
Originaire du Japon, l’épine-vinette du Japon a été introduite à Boston (Massachusetts) en 1875. À partir des années 1920-1930, elle devient populaire en horticulture et on la plante abondamment dans le nord-est des États-Unis. Rapidement, elle s’échappe des jardins et des haies pour coloniser les milieux naturels. De nos jours, l’épine-vinette du Japon est présente de l’Ontario et du Québec, au nord, jusqu’en Georgie et au Tennessee, au sud. Elle est bien implantée dans le nord-est des États-Unis, autour des Grands Lacs et dans les Appalaches. Au Canada, l’espèce est présente en milieu naturel en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.
Probablement introduite au Québec dans les années 1940, l’épine-vinette du Japon demeure pour l’instant peu fréquente en milieu naturel et se cantonne principalement dans le sud-ouest de la province. La plupart des observations proviennent de la Montérégie, de l’Estrie et de l’Outaouais et se concentrent autour des grands centres urbains que sont Montréal, Sherbrooke et Gatineau. Toutefois, de plus en plus d’observations sont faites dans d’autres régions du Québec : Centre-du-Québec, Laurentides, Mauricie, Capitale-Nationale, Bas-Saint-Laurent et Gaspésie.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
L’épine-vinette du Japon est établie au Québec, mais les observations en milieu naturel sont encore peu fréquentes, bien qu’elles soient en augmentation.
Signalement
Puisque l’épine-vinette du Japon est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
L’épine-vinette du Japon tolère bien l’ombre et peut s’implanter dans les milieux ouverts ou fermés. Elle s’installe de préférence dans des sols limoneux, bien drainés et riches en éléments nutritifs. Toutefois, elle peut supporter des sols acides, peu fertiles, minces et mal drainés. On la trouve souvent dans les friches, où elle peut persister même après l’établissement d’un couvert arborescent, de même que dans les plaines inondables, les prairies et les boisés, notamment à la lisière de ceux-ci. En milieu naturel, c’est principalement dans les forêts de feuillus que l’épine-vinette du Japon montre son caractère envahissant.
Reproduction et propagation
L’épine-vinette du Japon se reproduit principalement par ses graines. Cependant, l’espèce se propage aussi grâce à ses rhizomes et à ses rejets de souche. Les branches basses ont également la capacité de s’enraciner. La feuillaison survient tôt au printemps, avant celle de la plupart des arbres, et la floraison a lieu dès le mois de mai au Québec.
Les plants matures produisent des fruits chaque année, et ce, en grande quantité. En condition naturelle, un plant produit entre 1 000 et 7 000 fruits, parfois beaucoup plus chez certains cultivars ou certains plants bénéficiant de conditions environnementales avantageuses. La plupart des fruits tombent à proximité des plants, mais certains oiseaux (gélinotte huppée, dindon sauvage, jaseur d’Amérique et merle d’Amérique) peuvent les disséminer sur de plus grandes distances après les avoir ingérés. Pour germer, les graines n’ont pas besoin d’être exposées au froid, mais elles ont besoin d’un sol dépourvu de litière. La plupart des graines germent la première année, et leur taux de viabilité diminue rapidement les années suivantes. Ainsi, la banque de semences dans le sol est plutôt restreinte.
Conséquences, prévention et contrôle
L’épine-vinette du Japon est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 1 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle figure sur la liste des espèces contre lesquelles on doit lutter en priorité au Québec.
L’épine-vinette du Japon peut être l’hôte d’un champignon (la rouille noire) qui cause des dommages importants aux cultures de céréales. Pour cette raison, seuls les cultivars d’épine-vinette du Japon résistants à la rouille sont
Les conséquences environnementales de l’épine-vinette du Japon sont de mieux en mieux connues, notamment grâce à de nombreux travaux réalisés au cours des dernières années en Nouvelle-Angleterre, région où cette espèce est particulièrement bien implantée. Les effets de l’épine-vinette du Japon sur la flore indigène sont plutôt modérés, car l’espèce constitue généralement un faible pourcentage du couvert végétal (en moyenne moins de 10 %). Il existe cependant des cas où le recouvrement est supérieur à 50 % (et peut atteindre 90 %). Les effets sur la diversité végétale sont alors importants. Certaines études montrent que la présence de l’épine-vinette du Japon, même à faible recouvrement, nuit à la germination de plusieurs espèces d’arbres, notamment à celle des érables. Par ailleurs, les cerfs de Virginie ne broutent pas l’épine-vinette du Japon en raison de ses épines. Dans les régions où les cerfs sont abondants, la suppression de la compétition par le broutage intensif permet à l’épine-vinette du Japon de proliférer davantage.
L’épine-vinette du Japon apporte souvent des changements dans les sols des écosystèmes qu’elle colonise, notamment en élevant leur pH. De plus, l’abondante litière produite par l’épine-vinette du Japon est riche en azote. Puisque cette litière se décompose rapidement, la disponibilité de l’azote dans le sol augmente, ce qui profite davantage à l’épine-vinette du Japon qu’aux plantes indigènes. Par ailleurs, la rapidité de la décomposition de cette litière s’explique en partie par le fait que l’épine-vinette du Japon modifie la composition microbienne du sol au profit des bactéries et au détriment des champignons. Les bactéries transforment plus efficacement l’azote présent dans les sols en une forme assimilable par les plantes.
Les effets de l’épine-vinette du Japon sur la faune sont également plutôt modérés. Certaines espèces d’oiseau semblent profiter de la protection de son couvert arbustif pour installer leurs nids. Plusieurs petits mammifères sont aussi plus abondants sous le couvert de l’épine-vinette du Japon, et ce, pour la même raison. Cela devient particulièrement problématique en présence de la souris à pattes blanches, car elle est l’hôte de la tique à pattes noires, qui est souvent porteuse de la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Dans les États du Connecticut et du Maine, il a été démontré que la présence de tiques porteuses de la bactérie est beaucoup plus élevée là où l’épine-vinette du Japon est abondante.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’épine-vinette du Japon :
- Apprendre à la reconnaître;
- Éviter de la semer, de la planter, de la multiplier ou de la transporter;
- Éviter de disperser ses graines et ses rhizomes lors du déplacement de terre et de machinerie;
- Éviter également d’utiliser cette terre;
- Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
- S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
- Lors de travaux sylvicoles en présence de l’épine-vinette du Japon, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
- Jeter aux poubelles les résidus d’épine-vinette du Japon qui contiennent des fruits et des rhizomes. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.
Méthodes de contrôle
La lutte contre l’épine-vinette du Japon a été testée dans certains États de la Nouvelle-Angleterre, notamment au Connecticut. Le système racinaire de cette espèce étant plutôt superficiel, l’arrachage manuel est envisageable, mais la présence des épines vient compliquer la tâche. L’utilisation d’une pince à levier, un outil conçu spécifiquement pour arracher des arbustes, facilite néanmoins le travail.
La fauche, à elle seule, est inefficace, car les plants d’épine-vinette du Japon produisent alors une multitude de rejets de souche. Toutefois, la fauche est essentielle lorsqu’on souhaite mettre en œuvre une stratégie de lutte qui inclut l’utilisation d’un herbicide ou le brûlage. Cette stratégie consiste à faucher les plants dès que le couvert de neige a fondu, puis à pulvériser un herbicide quelques semaines plus tard lorsque les nouvelles tiges émergent ou à brûler les plants avec une torche quelques semaines après la fauche. Cette stratégie peut diminuer radicalement le couvert d’épine-vinette du Japon en une seule année. Si elle est répétée deux années de suite, le couvert d’épine-vinette du Japon demeurera très faible pendant plusieurs années.
Avant d’utiliser des herbicides, assurez-vous de respecter la réglementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2020+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. Disponible à :
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. Disponible à :
ZOUHAR, K. (2008). « Berberis thunbergii », Fire Effects Information System, [En ligne]. U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Rocky Mountain Research Station, Fire Sciences Laboratory (Producer). Disponible à :
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Note de bas de page numéro 1Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez le document Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 1
Dernière mise à jour : 17 juillet 2026