L’érable de Norvège est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque élevé
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pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec.
L’érable de Norvège a la capacité de s'établir facilement dans divers habitats, et plusieurs caractéristiques en font un compétiteur redoutable. En effet, grâce à un feuillage dense, à une grande fertilité, à une croissance rapide et à une longue saison de croissance, l’érable de Norvège tend à dominer les boisés urbains et périurbains, réduisant ainsi la diversité des espèces indigènes.
L’érable de Norvège est l’un des rares arbres à tolérer les conditions difficiles des milieux urbains, dans un contexte où les autres options s’amenuisent en raison d’insectes et de maladies. Bien qu’il joue un rôle important dans le maintien d’une canopée en milieu urbain, son implantation soulève des préoccupations quant à son impact sur la flore indigène.
En formant des peuplements denses, il modifie les conditions de lumière et de sol, ce qui peut nuire aux espèces végétales et animales qui dépendent d’écosystèmes forestiers diversifiés. De plus, la décomposition de ses feuilles libère des toxines qui peuvent altérer la composition microbienne du sol et nuire aux champignons dont dépendent plusieurs arbres indigènes.
L’augmentation de son abondance peut notamment nuire à l’érable à sucre, posant ainsi un risque pour l’acériculture.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’érable de Norvège :
- Apprendre à le reconnaître;
- Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter. La plantation de l’érable de Norvège devrait être strictement réservée aux milieux fortement urbanisés et lorsque les conditions de croissance sont difficiles. Pour tout autre contexte, il existe plusieurs autres options qui permettent d’éviter l’érable de Norvège, notamment l’érable à sucre et l’érable rouge;
- Éviter de disperser les graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
- Éviter également d’utiliser cette terre;
- Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
- S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
- Lors de travaux sylvicoles en présence d’érables de Norvège, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
- Jeter aux poubelles les résidus d’érable de Norvège qui contiennent des fruits. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.
Méthodes de contrôle
Avant d’envisager des travaux de lutte contre l’érable de Norvège, il est important de bien évaluer le contexte. Comme il a été mentionné précédemment, l’espèce joue un rôle important dans les milieux urbains (procure des îlots de fraîcheur, réduit le bruit ambiant, épure les eaux d’écoulement, ajoute au bien-être). Ainsi, éliminer les érables de Norvège en contexte urbain entrainerait la perte de leurs bénéfices et présenterait un risque pour le milieu. D’autant plus que d’autres espèces d’arbres, comme les frênes et les ormes, subissent déjà un déclin important. Certaines mesures sont toutefois possibles en milieu urbain : éviter la plantation de nouveaux érables de Norvège, éliminer les semis produits, remplacer progressivement les érables de Norvège présents en commençant par ceux situés à proximité des milieux naturels.
Pour contrôler l’érable de Norvège en milieu naturel, il importe d’abord de couper les arbres matures, puis d’arracher les semis et les jeunes individus. Les tiges et les branches sans fruits peuvent être laissées sur place, sans risque de propagation. Le contrôle de l’érable de Norvège est toutefois peu documenté et pourrait favoriser la prolifération d’autres espèces exotiques envahissantes forestières qui bénéficient d’une ouverture dans la canopée.
En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la réglementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.