Érable de Norvège

Érables de Norvège plantés comme arbres de rue.

Érables de Norvège. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Érable de Norvège

Autre(s) nom(s) français
Érable plane, érable platanoïde

Nom anglais
Norway maple

Nom scientifique

Acer platanoides Linnaeus

Groupe de plantes

Arbres

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Sapindaceae

Description

L’érable de Norvège est un arbre feuillu dont la cime est étendue et arrondie. Il peut atteindre de 12 à 30 m de hauteur et ressemble à l’érable à sucre. Plusieurs variétés horticoles sont fréquemment plantées en milieu urbain. Originaire d’Europe, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tronc

Le tronc de l’érable de Norvège possède une écorce lisse de couleur grise ou brunâtre. Avec l’âge, l’écorce devient striée et prend une coloration plus foncée. Le tronc peut atteindre 80 cm de diamètre.

Feuilles

Les feuilles de l’érable de Norvège possèdent 5 à 7 lobes principaux et pointus et poussent de façon opposée sur les branches. Leur contour porte quelques grandes dents. Les feuilles mesurent de 10 à 18 cm de large et sont de couleur vert foncé, virant au jaune à l'automne. Le dessous de la feuille est lustré. Il existe de nombreuses variétés horticoles dont la coloration estivale peut varier (vert entouré de blanc crème, rouge marron, jaune). Le pétiole Lire le contenu de la note numéro 1 est rougeâtre et contient une sève laiteuse visible lorsqu’il est cassé. Les feuilles tombent tardivement à l’automne.

Fleurs

Les fleurs sont rassemblées par groupes de 30 à 40 sous la forme de corymbes, c’est-à-dire en inflorescence dans laquelle les pédoncules Lire le contenu de la note numéro 2 secondaires partent de points différents sur le pédoncule principal et arrivent à peu près à la même hauteur. Elles sont petites (5 à 10 mm) et portent 5 pétales jaune verdâtre. La floraison a lieu d’avril au début juin.

Fruits

Les fruits de l’érable de Norvège sont des samares groupées par paires. Les ailes des samares sont très écartées l’une de l’autre, presque horizontales. Chaque samare mesure de 4 à 5 cm de long et porte une graine. Elles sont vertes lorsqu'elles sont jeunes et elles deviennent jaunes puis marron à maturité. Les samares sont matures à la fin de l’été et dispersées à l’automne. La germination se produit généralement le printemps suivant.

Racines

Le système racinaire de l'érable de Norvège est généralement peu profond, mais quelques grosses racines peuvent descendre plus profondément.

Espèces similaires

Érable à sucre (Acer saccharum)

Distinctions

L’érable à sucre est un arbre indigène au Québec. Il se distingue par la forme de ses feuilles, qui ne possèdent que trois lobes principaux et dont la couleur peut virer à l’orange ou au rouge à l’automne. Ses pétioles ne contiennent pas de sève laiteuse, et les ailes de ses samares ne sont pas divergentes.

Répartition

Originaire d’Europe, l’érable de Norvège a été introduit en Amérique du Nord au 18e siècle à des fins ornementales. Il a été massivement planté dans les villes, notamment comme arbre de rue, en raison de son port régulier et de sa tolérance aux conditions difficiles.

Au Canada, il est présent en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et dans les provinces maritimes. Dans le nord-est des États-Unis, il est présent dans plusieurs États, dont ceux voisins du Québec : États de New York, du Vermont, du New Hampshire et du Maine.

Il a été observé pour la première fois en milieu naturel au Québec en 1922. Il est aujourd’hui recensé en nature dans toutes les régions du Québec, sauf l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec. Il est abondant notamment dans les régions de Montréal, de la Montérégie, de l’Estrie, de la Capitale-Nationale et dans d’autres régions le long du fleuve Saint-Laurent.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

L’érable de Norvège est établi au Québec. L’espèce originale, abondamment plantée dans les villes, s’est propagée bien au-delà des aménagements. L’érable de Norvège occupe aujourd’hui une place importante dans les boisés situés en zone urbaine ou périurbaine. Il peut ensuite se propager dans divers milieux adjacents et ne semble pas limité par le climat frais et humide de l’est du Québec. Plusieurs indices suggèrent une augmentation de son abondance à venir. Les milieux ruraux ne sont donc pas moins exposés à cette espèce à plus long terme.

Signalement

Puisque l’érable de Norvège est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle pour permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

L'érable de Norvège a une grande tolérance aux conditions variées et difficiles. Il peut pousser dans une vaste gamme de types de sols et il tolère l’ombre, la chaleur, la sécheresse ainsi que la pollution. On le trouve dans les boisés, les lisières forestières, les bords de route et de cours d'eau, ainsi que dans les friches et d’autres milieux ouverts.

Reproduction et propagation

L’érable de Norvège se reproduit par ses nombreux fruits. Ceux-ci sont transportés par le vent ou par l’eau. Les graines possèdent un mécanisme de dormance qui est levé après une exposition au froid (4 °C et moins) pendant 90 à 120 jours. Des rejets de souche sont parfois produits après la coupe d’un jeune plant. L’individu n’est alors pas totalement éliminé.

Abondamment utilisé en horticulture et dans les aménagements urbains, l’érable de Norvège est aujourd’hui vendu seulement sous forme de cultivars horticoles. Ceux-ci sont nombreux et peuvent avoir des caractéristiques biologiques différentes de celles de l’espèce originale qui posent un risque élevé pour l’environnement. Nous disposons de très peu de données sur la fertilité des cultivars, ainsi que sur la propagation de ces derniers dans les milieux naturels.

Maladies

Vers la fin de l'été, les feuilles portent souvent des taches circulaires noires causées par une maladie fongique appelée tache goudronneuse. Il s’agit d’un trait distinctif de l’espèce.

Conséquences, prévention et contrôle

L’érable de Norvège est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque élevé Lire le contenu de la note numéro 3 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec.

L’érable de Norvège a la capacité de s'établir facilement dans divers habitats, et plusieurs caractéristiques en font un compétiteur redoutable. En effet, grâce à un feuillage dense, à une grande fertilité, à une croissance rapide et à une longue saison de croissance, l’érable de Norvège tend à dominer les boisés urbains et périurbains, réduisant ainsi la diversité des espèces indigènes.

L’érable de Norvège est l’un des rares arbres à tolérer les conditions difficiles des milieux urbains, dans un contexte où les autres options s’amenuisent en raison d’insectes et de maladies. Bien qu’il joue un rôle important dans le maintien d’une canopée en milieu urbain, son implantation soulève des préoccupations quant à son impact sur la flore indigène.

En formant des peuplements denses, il modifie les conditions de lumière et de sol, ce qui peut nuire aux espèces végétales et animales qui dépendent d’écosystèmes forestiers diversifiés. De plus, la décomposition de ses feuilles libère des toxines qui peuvent altérer la composition microbienne du sol et nuire aux champignons dont dépendent plusieurs arbres indigènes.

L’augmentation de son abondance peut notamment nuire à l’érable à sucre, posant ainsi un risque pour l’acériculture.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’érable de Norvège :

  • Apprendre à le reconnaître;
  • Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter. La plantation de l’érable de Norvège devrait être strictement réservée aux milieux fortement urbanisés et lorsque les conditions de croissance sont difficiles. Pour tout autre contexte, il existe plusieurs autres options qui permettent d’éviter l’érable de Norvège, notamment l’érable à sucre et l’érable rouge;
  • Éviter de disperser les graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Lors de travaux sylvicoles en présence d’érables de Norvège, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
  • Jeter aux poubelles les résidus d’érable de Norvège qui contiennent des fruits. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

Avant d’envisager des travaux de lutte contre l’érable de Norvège, il est important de bien évaluer le contexte. Comme il a été mentionné précédemment, l’espèce joue un rôle important dans les milieux urbains (procure des îlots de fraîcheur, réduit le bruit ambiant, épure les eaux d’écoulement, ajoute au bien-être). Ainsi, éliminer les érables de Norvège en contexte urbain entrainerait la perte de leurs bénéfices et présenterait un risque pour le milieu. D’autant plus que d’autres espèces d’arbres, comme les frênes et les ormes, subissent déjà un déclin important. Certaines mesures sont toutefois possibles en milieu urbain : éviter la plantation de nouveaux érables de Norvège, éliminer les semis produits, remplacer progressivement les érables de Norvège présents en commençant par ceux situés à proximité des milieux naturels.

Pour contrôler l’érable de Norvège en milieu naturel, il importe d’abord de couper les arbres matures, puis d’arracher les semis et les jeunes individus. Les tiges et les branches sans fruits peuvent être laissées sur place, sans risque de propagation. Le contrôle de l’érable de Norvège est toutefois peu documenté et pourrait favoriser la prolifération d’autres espèces exotiques envahissantes forestières qui bénéficient d’une ouverture dans la canopée.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la réglementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. Disponible à : http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 23 mai 2025).

CONKLIN, J., et J. SELLMER (2009). « Flower and seed production of Norway Maple cultivars », Hort. Technology, 19: 91-95.

CONKLIN, J., et J. SELLMER (2009). « Germination and seed viability of Norway Maple cultivars, hybrids, and species », Hort. Technology, 19: 120-126.

LAVOIE, C (2019). 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture. Québec : Les Publications du Québec, 415 p.

MUNGER, G. T. (2003). « Acer platanoides, Norway maple ». Fire Effects Information System. U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Rocky Mountain Research Station, Fire Sciences Laboratory. Disponible à : https://research.fs.usda.gov/feis/species-reviews/acepla.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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