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Fiches des espèces floristiques
Ventes et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Faux-nymphéa pelté. © Shaun Winterton, Aquarium and Pond Plants of the World, Edition 3, USDA APHIS PPQ, Bugwood.org
Nom français
Faux-nymphéa pelté
Autre(s) nom(s) français
Faux-nénuphar
Nom anglais
Yellow floatingheart
Nymphoides peltata (S. G. Gmelin) Kuntze
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Menyanthaceae
Description
Le faux-nymphéa pelté est une plante aquatique vivace et flottante. Il pousse en eau peu profonde et a des fleurs jaune vif. Originaire d’Eurasie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Le faux-nymphéa pelté n’a pas de tige. Il possède plutôt des stolons Lire le contenu de la note numéro 1 pouvant mesurer jusqu’à 3 m, qui relient les pédoncules Lire le contenu de la note numéro 2 de feuilles.

Stolon, feuilles et fleurs de faux-nymphéa pelté. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org.
Feuilles
Les feuilles ont une forme de cœur, d’ovale ou de cercle. Elles mesurent de 3 à 5 cm de diamètre, parfois jusqu'à 10 cm. Le contour de la feuille est lisse et ondulé. Le dessus est vert et peut présenter de petites taches pourpres. Le dessous est souvent pourpre ou violet. Le pétiole Lire le contenu de la note numéro 3 part du centre et peut atteindre 3 m.

Feuilles de faux-nymphéa pelté. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org
Fleurs
Les fleurs sont jaune vif et mesurent de 3 à 4 cm de diamètre. Elles sortent de 3 à 4 cm hors de l’eau et poussent par groupes de 2 à 5. Chaque fleur a 5 pétales dont le bord est dentelé. La floraison a lieu de juillet à septembre.

Fleur de faux-nymphéa pelté. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Le fruit est une capsule qui contient de 20 à 40 graines ovales et plates. Les graines sont jaunes, brunes ou grises et sont couvertes de poils. Elles peuvent survivre hors de l’eau pendant plusieurs mois.
Racines
Le système racinaire est constitué de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 4 .
Espèces similaires
Brasénie de Schreber (Brasenia schreberi)
Hydrocharide grenouillette (Hydrocharis morsus-ranae)
Faux-nymphéa à feuilles cordées (Nymphoides cordata)
Distinctions
La brasénie de Schreber est une plante aquatique flottante indigène. Elle se distingue par ses feuilles ovales au bord lisse et ses fleurs marron-pourpre.
L’hydrocharide grenouillette est une plante aquatique flottante. Il s’agit d’une espèce exotique envahissante présente au Québec. Elle se distingue par ses feuilles au bord lisse et ses fleurs blanches qui ont 3 pétales seulement.
Le faux-nymphéa à feuilles cordées est une plante aquatique flottante indigène. Il se distingue par ses fleurs blanches formées de 5 pétales et de petits tubercules en forme de banane sur la tige.
Répartition
Originaire d’Eurasie, le faux-nymphéa pelté a été introduit en Amérique du Nord à des fins ornementales.
Au Canada, il est présent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario, au Québec et dans les provinces maritimes, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard et au Labrador. Dans le nord-est des États-Unis, on le trouve dans plusieurs États, dont ceux près du Québec : États de New York, du Vermont, du New Hampshire et du Maine.
Il a été observé pour la première fois en milieu naturel au Québec en 1950. Il a été répertorié dans quelques petits plans d’eau situés en zone urbaine, en Outaouais, dans la région de Montréal et en Estrie.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le faux-nymphéa pelté est établi au Québec. Son observation est toutefois occasionnelle.
Détection et suivi
Plusieurs outils peuvent faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque le faux-nymphéa pelté est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle pour permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le faux-nymphéa pelté pousse en eau peu profonde et s’enracine à une distance de 0,2 à 2 m. Il aime les eaux riches en nutriments qui ont un pH neutre ou légèrement acide à basique. Il tolère les eaux saumâtres Lire le contenu de la note numéro 5 des estuaires. On le trouve dans les baies calmes des rivières, ainsi que dans les lacs, les étangs et les marais. Il peut aussi survivre hors de l’eau si le sol est gorgé d’eau.
Reproduction et propagation
Le faux-nymphéa pelté se propage principalement de façon végétative. Ses rhizomes peuvent s’allonger, et ses stolons se fragmenter, flotter et s’enraciner ailleurs pour créer de nouveaux plants.
Il peut aussi se reproduire de manière sexuée par ses graines. Chaque fruit produit de 20 à 30 graines. À la fin de l’été, elles flottent et peuvent s’accrocher entre elles grâce à leurs petits poils. Elles couleront au fond de l’eau grâce à la pluie ou au mouvement des vagues.
Pour germer, les graines ont besoin de conditions précises : une température d’au moins 4 °C pendant quatre semaines, beaucoup de lumière, une bonne oxygénation, une eau peu profonde ou un sol gorgé d’eau. Elles ne doivent pas être enfouies.
Les amateurs de jardins d'eau peuvent propager le faux-nymphéa pelté en le relâchant en milieu naturel. Les courants, les embarcations et leurs équipements mal nettoyés peuvent aussi transporter des rhizomes et des stolons vers de nouveaux plans d’eau.
Conséquences, prévention et contrôle
Le faux-nymphéa pelté est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque faible
Lire le contenu de la note numéro 6
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il est listé comme une menace pour l’environnement et l’économie de la
région des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Lire le contenu de la note numéro 7
. De plus, il est visé par le
Cette plante peut former rapidement de grands tapis flottants dans les eaux calmes et peu profondes, ce qui peut entraîner plusieurs conséquences :
- Elle peut envahir rapidement les petits étangs;
- Elle peut réduire la disponibilité en eau par l’obstruction de prises d’eau municipales ou industrielles;
- Elle peut nuire à des activités nautiques, comme la baignade, la pêche et la navigation de plaisance.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des mesures simples et efficaces peuvent être prises afin de prévenir l’introduction et la propagation du faux-nymphéa pelté :
- Apprendre à le reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consulter les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement l’introduction du faux-nymphéa pelté;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
Les rhizomes du faux-nymphée pelté et son réservoir de semences rendent la lutte difficile.
La meilleure méthode pour contrôler cette plante est l’arrachage à la main ou avec un râteau. Il faut commencer au début de la saison estivale, avant la production des fruits. Toutefois, cette méthode peut favoriser la fragmentation des tiges et des rhizomes, contribuant ainsi à la propagation de la plante. Pour cette raison, toutes les parties de la plante doivent être retirées du plan d’eau pour éviter qu’elles se propagent dans d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux poubelles ou au compost de façon sécuritaire.
Le faucardage consiste à faucher le faux-nymphéa pelté avec un engin mécanisé qui récolte les tiges en surface. Cette méthode ne l’élimine pas, mais permet de réduire temporairement sa présence et de faciliter certaines activités, comme la baignade et la navigation de plaisance.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [
DARBYSHIRE, S. J., et A. Francis (2008). « The Biology of Invasive Alien Plants in Canada. 10. Nymphoides peltata (S. G. Gmel.) Kuntze », Canadian Journal of Plant Science, vol. 88, mars, p. 811-829.
PFINGSTEN, I. A., D. D. THAYER, L. BERENT, et V. HOWARD. Nymphoides peltata (S. G. Gmel.) Kuntze, dans U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, NOAA Great Lakes Aquatic Nonindigenous Species Information System, [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1Les stolons sont des tiges rampantes ou allongées que certaines plantes produisent pour se propager horizontalement le long du sol et former de nouvelles pousses à leurs extrémités. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le pédoncule est une pièce florale en forme de tige qui porte les fleurs ou les fruits. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Le rhizome est une courte tige souterraine d’où partent plusieurs longues racines fibreuses dans le système racinaire. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Une eau saumâtre est un mélange d’eau douce et d’eau salée, présentant un degré de salinité intermédiaire. Retour à la référence de la note numéro 5
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Note de bas de page numéro 6Espèces dont les impacts sur la biodiversité et les écosystèmes demeurent limités. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez les Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 6
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Note de bas de page numéro 7La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (CGPMGLSL) considère
sept espèces floristiques comme des menaces pour l’environnement et l’économie de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Retour à la référence de la note numéro 7
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026