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Fiches des espèces floristiques
Ventes et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Hydrocharide grenouillette. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Hydrocharide grenouillette
Autre(s) nom(s) français
Morène
Nom anglais
European frog-bit
Hydrocharis morsus-ranae Linnaeus
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Hydrocharitaceae
Description
L’hydrocharide grenouillette est une plante aquatique vivace et flottante, généralement non enracinée. Elle est particulièrement tolérante à la pollution par les métaux lourds. Originaire d’Eurasie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
L’hydrocharide grenouillette n’a pas de tige. Les plants possèdent plutôt des stolons Lire le contenu de la note numéro 1 qui relient les groupes de feuilles d’où émergent les racines.

Stolons d’hydrocharide grenouillette. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Feuilles
Les feuilles de l’hydrocharide grenouillette sont vertes et en forme de cœur. Elles mesurent de 1,5 à 6,5 cm de long, et leur rebord est lisse. Elles sont attachées à de longs pétioles Lire le contenu de la note numéro 2 (6 à 14 cm) et disposées en rosettes de 2 à 5 feuilles.

Feuilles d’hydrocharide grenouillette. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs de l’hydrocharide grenouillette sont émergentes et peuvent être mâles ou femelles. Elles sont composées de 3 sépales Lire le contenu de la note numéro 3 verts et de 3 pétales blanc rosé mesurant jusqu'à 2 cm. Le centre des fleurs est jaune. Les inflorescences mâles comptent 1 à 5 fleurs, tandis que les fleurs femelles sont solitaires.
La floraison survient de la mi-juin à la mi-août, mais ne se produit pas nécessairement chaque année.

Fleurs d’hydrocharide grenouillette. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Les fruits de l’hydrocharide grenouillette sont des baies sphériques mesurant de 5 à 10 mm sur 4 à 8 mm et peuvent contenir jusqu’à 74 graines.
Racines
Les racines de l’hydrocharide grenouillette peuvent atteindre 50 cm de long. Elles sont couvertes de nombreux poils.
Espèces similaires
Brasénie de Schreber (Brasenia schreberi) (PDF 531 Ko)
Faux-nymphéa pelté (Nymphoides peltata)
Faux-nymphéa à feuilles cordées (Nymphoides cordata)
Distinctions
La brasénie de Schreber est une plante aquatique flottante indigène au Québec. Elle se distingue par ses feuilles ovales rouges ou pourpres en dessous, ainsi que par ses fleurs de couleur marron à pourpre. Elle porte une seule feuille par tige.
Le faux-nymphéa pelté est une plante aquatique flottante. Il s’agit d’une espèce exotique envahissante présente au Québec. Il se distingue par le dessous pourpre de ses feuilles et par ses fleurs jaunes à 5 pétales.
Le faux-nymphéa à feuilles cordées est une plante aquatique flottante qui est indigène au Québec. Il se distingue par le dessous pourpre de ses feuilles, ses fleurs blanches à 5 pétales et la présence de petits tubercules en forme de banane sur la tige.
Répartition
L’hydrocharide grenouillette est originaire d’Eurasie, où son aire de répartition s’étend des îles britanniques jusqu’en Russie. On la retrouve aussi naturellement au nord de l’Afrique, au Moyen-Orient et en Asie occidentale.
Au Canada, elle est présente en Ontario et au Québec. Aux États-Unis, on la trouve dans l’État de New York, en Pennsylvanie et au Vermont.
L’introduction de l’hydrocharide grenouillette au Québec remonte à 1932, lorsque des spécimens ont été rejetés dans un fossé menant au canal Rideau à Ottawa. La plante s’est ensuite propagée jusqu’à la rivière des Outaouais, atteignant Montréal en 1952.
Au Québec, la plante est principalement observée dans la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Elle est présente dans presque toutes les régions, à l’exception de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
L’hydrocharide grenouillette est bien établie au Québec. Son aire de répartition tend à s’agrandir vers le nord et l’est de la province.
Détection et suivi
Plusieurs outils facilitent la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque l’hydrocharide grenouillette est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
L’hydrocharide grenouillette se développe dans les milieux aquatiques riches en nutriments et au pH neutre. On la trouve dans les baies calmes des rivières et des lacs, ainsi que dans les étangs, les marais, les canaux et les fossés de drainage.
Reproduction et propagation
L’hydrocharide grenouillette se reproduit principalement de façon végétative grâce à la formation de turions Lire le contenu de la note numéro 4 , à la fin de l’été, ou sur les stolons en automne. Ces turions se détachent à la fin de l’automne et coulent au fond de l’eau pour se protéger du gel. Au printemps suivant, avec le réchauffement de l’eau, ils remontent à la surface et produisent de nouveaux individus.
La plante peut aussi se propager par ses graines (250 à 3 000 par m2). Celles-ci germent lorsque la température de l’eau atteint 15 °C.
Les courants, les embarcations et leurs équipements, les remorques et divers types de matériel peuvent transporter des plants vers de nouveaux endroits.
Conséquences, prévention et contrôle
L’hydrocharide grenouillette est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 5
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle est listée comme une menace pour l’environnement et l’économie de la
région des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Lire le contenu de la note numéro 6
. Elle figure également sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec. De plus, elle est visée par le
Elle se développe rapidement et forme de vastes tapis flottants. Elle réduit la lumière nécessaire à la croissance des plantes aquatiques submergées. En grande quantité, elle peut nuire à la pratique d’activités comme la navigation de plaisance, la baignade ou la pêche.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’hydrocharide grenouillette :
- Apprenez à la reconnaitre;
- Évitez de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
- Surveillez les plans d’eau afin de détecter rapidement son introduction;
- Ne rejetez jamais dans la nature les contenus d’aquarium et les plantes de jardin d’eau.
Méthodes de contrôle
L’arrachage manuel est la principale méthode utilisée pour lutter contre l’hydrocharide grenouillette. Il est important de commencer le travail au début de la saison estivale, avant la production des turions. Cette méthode peut être complexe, car les plants gorgés d’eau sont lourds à manipuler. De plus, les rosettes peuvent être dissimulées dans la végétation indigène, qu’il faut préserver.
Pour les interventions dans les milieux humides ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir.
Informations complémentaires
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/search] (consultée le 2025-02-19)
CATLING, P. M., G. MITROW, E. HABER, U. POSLUSZNY et W. A. CHARLTON (2003). « The biology of Canadian weeds. 124. Hydrocharis morsus-ranae L. », Canadian Journal of Plant Science, vol. 83, no 4, mai, p. 1001-1016.
LAVOIE, C. (2019). 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [
JACONO, C. C., et L. BERENT (2025). « Hydrocharis morsus-ranae L. », dans U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, NOAA Great Lakes Aquatic Nonindigenous Species Information System, [En ligne]. [
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1Les stolons sont des tiges rampantes ou allongées que certaines plantes produisent pour se propager horizontalement le long du sol et former de nouvelles pousses à leurs extrémités. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 3
-
Note de bas de page numéro 4Les turions sont de petits bourgeons qui se forment sur la tige à la fin de l’été ou en automne. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez le document Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 5
-
Note de bas de page numéro 6La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (CGPMGLSL) considère
sept espèces floristiques comme des menaces pour l’environnement et l’économie de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Retour à la référence de la note numéro 6
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026