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Fiches des espèces floristiques
Ventes et culture interdites
La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.
Hydrille verticillée. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Hydrille verticillée
Autre(s) nom(s) français
Élodée de Floride
Nom anglais
Hydrilla
Autre(s) nom(s) anglais
Water thyme, florida elodea, indian star-vine
Hydrilla verticillata (L.f.) Royle
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Hydrocharitaceae
Description
L'hydrille verticillée est une plante vivace, monoïque Lire le contenu de la note numéro 1 ou dioïque Lire le contenu de la note numéro 2 , submergée, qui pousse dans des eaux calmes et peu profondes. Elle peut former des herbiers Lire le contenu de la note numéro 3 denses. Originaire d’Asie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante en Amérique du Nord.
Identification
Tige
Les tiges de l’hydrille verticillée sont souvent enracinées, mais peuvent parfois flotter librement. Elles sont fines (1 mm de diamètre) et peuvent mesurer plusieurs mètres de long. Elles poussent vers la surface, puis s’étendent à l’horizontale en formant des tapis de plantes.
Les tiges du type monoïque se divisent près du fond de l’eau, tandis que celles du type dioïque se divisent plutôt près de la surface.
De petits bourgeons verts appelés turions (de 5 et 8 mm) poussent à la base des feuilles. Ils se détachent des plants et peuvent former de nouveaux plants. Les turions peuvent survivre à l’hiver.

Tige de l’hydrille verticillée. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Feuilles
Les feuilles de l’hydrille verticillée sont vert brillant et allongées. Elles poussent par groupes de 4 à 8 autour de la tige, disposées à environ tous les centimètres. Chaque feuille mesure entre 4 et 10 mm de long sur 1 à 4 mm de large. Leurs rebords ont de petites dents visibles. Les feuilles du type monoïque n’ont pas de nervure centrale ni d’épine, contrairement à celles du type dioïque.

Feuilles de l’hydrille verticillée. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs femelles de l’hydrille verticillée sont petites, blanches et flottent à la surface. Elles ont 3 pétales blancs et 3 sépales Lire le contenu de la note numéro 4 transparents.
Les fleurs mâles sont sous l’eau, très petites, de couleur blanchâtre ou rougeâtre. Elles se détachent et flottent à la surface afin de croiser une fleur femelle pour transférer son pollen. La plante fleurit jusqu'à l'automne. Aux États-Unis, on a seulement observé des plants femelles chez les populations dioïques.
Racines
Le système racinaire de l’hydrille verticillée est formé de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 5 et de stolons Lire le contenu de la note numéro 6 . À leur extrémité, de petits tubercules brun-beige (de 5 à 10 mm) peuvent se développer. Ces tubercules survivent à l’hiver et peuvent rester en dormance dans le fond de l’eau pendant plusieurs années avant de donner un nouveau plant.

Rhizomes et tubercules de l’hydrille verticillée. © Shaun Winterton, Aquarium and Pond Plants of the World, Edition 3, USDA APHIS PPQ, Bugwood.org
Distinctions
L’élodée dense est une espèce exotique envahissante qui n’a pas été observée au Québec. Elle se distingue à ses groupes de 4 à 6 feuilles autour de la tige, sans petites dents visibles sur les bords et sans épines sous les feuilles.
L’élodée du Canada est une espèce indigène qui se distingue par sa taille. Elle est plus petite, puisqu’elle n’atteint qu’un mètre de long. Ses feuilles sont groupées par 3, et ses fleurs sont très petites (0,5 cm).
L’élodée de Nuttall est une espèce indigène similaire à l’élodée du Canada. Ses feuilles sont aussi groupées par 3, mais elles sont plus fines, plus fragiles et pointues.
Répartition
L’hydrille verticillée est originaire d’Asie. Le type dioïque est présent dans le sud des États-Unis et est originaire du sous-continent indien. Le type monoïque est présent dans le nord des États-Unis et est originaire de la péninsule coréenne.
Sa présence a été confirmée dans quatre États du nord-est des États-Unis : l’État de New York, le Maine, le Massachusetts et le Connecticut. Au Canada, l’espèce a été observée pour la première fois en 2024 dans un marais près de Leamington, dans le sud de l’Ontario.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
L’hydrille verticillée n’a jamais été observée au Québec, elle est donc considérée comme absente.
Détection et suivi
Plusieurs outils facilitent la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque l’hydrille verticillée est une espèce exotique envahissante non répertoriée au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle.
Habitat
L’hydrille verticillée pousse dans des eaux calmes, comme les étangs, les lacs, les cours d’eau à écoulement lent et les canaux. Elle s’adapte à plusieurs conditions environnementales : eaux riches en nutriments ou non, salinité modérée et faible luminosité. Même si elle préfère les climats chauds, elle peut s’établir dans des régions plus froides grâce à ses turions et tubercules.
Reproduction et propagation
L’hydrille verticillée se reproduit de façon végétative par la fragmentation de ses tiges. Chaque fragment peut s’enraciner au fond de l’eau et donner un nouveau plant. Les turions et les tubercules participent aussi à la reproduction, surtout dans les régions plus froides, en raison de leur capacité à survivre à l’hiver. Cette façon de se reproduire est très efficace et permet à l’hydrille verticillée de former de grands tapis de végétation très denses.
En Amérique du Nord, les plants du type monoïque peuvent aussi se reproduire de façon sexuée, mais cette forme de reproduction n’est pas bien documentée.
Les courants, les embarcations, leurs remorques et d’autres équipements nautiques peuvent propager des fragments de tiges, des turions et des tubercules. L’hydrille verticillée est utilisée en aquariophilie, car elle supporte bien différents environnements. Mais si l’on jette des plants dans les égouts ou les milieux naturels en nettoyant l’aquarium, cela peut entraîner la propagation de l’espèce dans l’environnement.
Conséquences, prévention et contrôle
L’hydrille verticillée est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 7
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle est également listée comme une menace pour l’environnement et l’économie de la
région des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Lire le contenu de la note numéro 8
. De plus, elle est visée par le
Les conséquences de la présence de l’hydrille verticillée sont bien documentées dans plusieurs régions du monde. Aux États-Unis, cette espèce est même considérée comme l’une des pires plantes aquatiques envahissantes. Si elle s’installe dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent, elle pourrait causer de graves conséquences :
- Réduction de la diversité des espèces en raison de l’envahissement de milieux naturels;
- Dégradation de l’habitat de la faune aquatique en diminuant la disponibilité de l’oxygène dans l’eau;
- Réduction de la disponibilité en eau par l’obstruction de prises d’eau municipales ou industrielles;
- Nuisance aux activités comme la baignade, la pêche ou la navigation de plaisance.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation de l’hydrille verticillée :
- Apprendre à la reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement l’introduction de l’hydrille verticillée;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
Il est très difficile de lutter contre l’hydrille verticillée. L’arrachage manuel et le bâchage Lire le contenu de la note numéro 9 peuvent aider pour contrôler de petites populations, mais ne les éliminent pas complètement. Si les conditions le permettent, le dragage Lire le contenu de la note numéro 10 ou l’assèchement de petits plans d’eau envahis peuvent être effectués, mais l’éradication demeure incertaine. Aux États-Unis, on utilise surtout des phytocides étant donné les limites des autres méthodes.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
HARMS, N. E., M. PURCELL et G. S. WHEELER (2022). « Hydrilla (Hydrilla verticillata): History and Ecology in North America », dans R. L. Winston (sous la dir. de), Biological Control of Weeds in North America. North American Invasive Species Management Association, Milwaukee, WI. NAISMA-BCW-2022-32-HYDRILLA-P.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [
JACONO, C. C., M. M. RICHERSON, V. H. MORGAN, E. BAKER et J. LI (2025). « Hydrilla verticillata (L. f.) Royle », U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, Gainesville, FL, and NOAA Great Lakes Aquatic Nonindigenous Species Information System, Ann Arbor, MI, [
U.S. FISH & WILDLIFE SERVICE (2020). « Hydrilla (Hydrilla verticillata) », Ecological Risk Screening Summary.
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Note de bas de page numéro 1Chez les espèces monoïques, chaque plant a des fleurs mâles et des fleurs femelles. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Chez les espèces dioïques, chaque plan a des fleurs mâles ou des fleurs femelles. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Un herbier est une agglomération de plantes aquatiques diverses. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Le rhizome est une tige souterraine, généralement horizontale, qui produit des racines et des tiges aériennes. Retour à la référence de la note numéro 5
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Note de bas de page numéro 6Les stolons sont des tiges rampantes ou allongées que certaines plantes produisent pour se propager horizontalement le long du sol et former de nouvelles pousses à leurs extrémités. Retour à la référence de la note numéro 6
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Note de bas de page numéro 7Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez les Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 7
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Note de bas de page numéro 8La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (CGPMGLSL) considère
sept espèces floristiques comme des menaces pour l’environnement et l’économie de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Retour à la référence de la note numéro 8 -
Note de bas de page numéro 9Le bâchage est une méthode qui consiste à recouvrir d’une toile l’ensemble des tiges d’une population d’une espèce envahissante pour en empêcher la croissance ou bloquer la lumière. Retour à la référence de la note numéro 9
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Note de bas de page numéro 10Méthode qui consiste à retirer mécaniquement du fond d’un plan d’eau les sédiments et parfois les racines des plantes. Retour à la référence de la note numéro 10
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026