Microstégie en osier

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Plants de microstégie en osier formant une colonie dense.

Microstégie en osier. © Richard Gardner, Bugwood.org

Nom français
Microstégie en osier

Autre(s) nom(s) français
Herbe à échasses japonaise

Nom anglais
Japanese stiltgrass

Autre(s) nom(s) anglais
Nepalese browntop

Nom scientifique

Microstegium vimineum (Trinius) A. Camus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Poaceae

Description

La microstégie en osier est une plante herbacée annuelle du type graminée. Elle a la capacité de se propager rapidement et de perturber les écosystèmes. Originaire d’Asie, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige de la microstégie en osier est verte ou parfois pourpre. Au niveau du sol, les tiges rampantes, appelées « stolons », se divisent en plusieurs branches qui se recourbent vers le haut. Les tiges peuvent mesurer de 40 à 100 cm.

Feuilles

Les feuilles de la microstégie en osier sont vertes et sont traversées par une nervure blanche ou argentée. Elles ont une forme ovale allongée aux deux extrémités et mesurent de 3 à 10 cm de long sur 0,8 à 1,5 cm de large. Leur rebord est lisse et parfois parsemé de poils. Elles sont insérées sur la tige de façon alterne. Comme toutes les graminées, la microstégie en osier ne possède pas de pétiole Lire le contenu de la note numéro 1 . Les feuilles s’attachent à la tige par une extrémité appelée gaine. L’intersection entre la gaine et la feuille de la microstégie en osier, qu’on appelle la ligule, comporte des poils semblables à des filaments (ligule ciliée).

Fleurs

Les inflorescences sont regroupées en un racème Lire le contenu de la note numéro 2 d’une ou plusieurs branches (jusqu’à 6) de 4 à 6 cm de long. Ces branches soutiennent des épillets, c’est-à-dire un groupe de 2 à 5 fleurs. Ces derniers sont regroupés par paires et mesurent de 4 à 6 mm. Les épillets portent des poils très fins.

Fruits

Les fruits de la microstégie en osier sont des caryopses, qu’on appelle communément grains, les fruits typiques des graminées. Ils sont ellipsoïdes et mesurent 3 mm de long. Les plants peuvent être prolifiques, en produisant jusqu’à 19 000 semences par m2.

Racines

Les racines de la microstégie en osier sont ramifiées, c’est-à-dire sans racine principale et comptant de nombreuses petites racines fibreuses, peu profondes.

Espèces similaires

Léersie de Virginie (Leersia virginica)

Distinctions

La microstégie en osier peut être confondue avec la léersie de Virginie, une plante indigène du Québec. Cette dernière se distingue par ses rhizomes et ses feuilles plus longues (jusqu’à 20 cm) et plus effilées. Ses feuilles ne présentent pas de nervure blanche.

Répartition

Originaire d’Asie, la microstégie en osier a été introduite en Amérique du Nord au début du 20e siècle pour des raisons qui demeurent inconnues.

Au Canada, l’espèce n’est présente qu’en Ontario. Dans le nord-est des États-Unis, on la retrouve dans plusieurs États, dont deux voisins du Québec : les États de New York et du Vermont.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La microstégie en osier n’a jamais été observée au Québec, elle est donc considérée comme absente.

Signalement

La microstégie en osier est réglementée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Sa présence doit être signalée au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), au moyen de l’outil Sentinelle, ou à l’ACIA.

Habitat

La microstégie en osier tolère l’ombre et peut croître dans une multitude d’habitats tels que les boisés, les milieux humides, les parcs, les bords de route et les milieux perturbés.

Reproduction et propagation

La microstégie en osier se propage principalement de façon sexuée, c’est-à-dire par la dissémination de ses graines, qu’elle produit en grande quantité annuellement. L’homme et les animaux contribuent à sa propagation, puisque les semences peuvent s’accrocher aux vêtements, aux chaussures, aux pneus des voitures, à la fourrure ou au plumage. La microstégie en osier peut constituer une banque de semences dans le sol où elle se trouve, car elles peuvent conserver leur viabilité pendant au moins 3 ans. Le transport de ce sol contribue à la propagation de l’espèce.

Conséquences, prévention et contrôle

La microstégie en osier est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 3 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle est visée par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

Les conséquences environnementales de cette espèce ont été bien documentées aux États-Unis. Elle forme rapidement des colonies denses, ce qui nuit sévèrement à la croissance des plantes indigènes. Cette densité réduit considérablement la diversité floristique des milieux qu’elle envahit, entravant la régénération des forêts, par exemple. La microstégie en osier peut également modifier la chimie du sol.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de la microstégie en osier :

  • Apprendre à la reconnaître;
  • Éviter de la semer, de la planter, de la multiplier ou de la transporter;
  • Éviter de disperser ses graines et ses fragments de racines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Jeter aux poubelles les résidus de microstégie en osier qui contiennent graines. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

La lutte contre la microstégie en osier n’a pas été testée au Québec. Toutefois, étant donné que l’espèce produit beaucoup de semences qui peuvent demeurer viables dans le sol pendant plusieurs années, la lutte est présumée de longue haleine. Il est préférable de commencer les travaux de contrôle dès l’apparition de nouvelles colonies, en se concentrant sur la prévention et la détection précoce. Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les nouveaux plants.

L’arrachage manuel des plants peut être effectué durant l’été, moment où les tiges sont assez longues pour être facilement agrippées. Il faut répéter les travaux durant plusieurs années, le temps d’épuiser la banque de semences présente dans le sol.

La fauche annuelle des plants après le mois de juin et avant la production de semences permet de réduire le couvert de microstégie en osier et peut avoir des effets durables si elle est réalisée durant plusieurs années consécutives.

La plantation ou l’ensemencement d’espèces indigènes à croissance rapide sont fortement recommandés afin d’éviter de laisser le sol à nu et afin de faire compétition, de favoriser la succession végétale ou de réduire la vigueur de la colonie.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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