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Fiches des espèces floristiques
Vente et culture interdites
La culture de cette espèce à des fins de multiplication est interdite au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Sa vente sera interdite à compter du 4 juin 2027 en vertu de ce même règlement.
Myriophylle aquatique. © C. Haden, Geological Survey
Nom français
Myriophylle aquatique
Autre(s) nom(s) français
Myriophylle du Brésil
Nom anglais
Parrot feather
Autre(s) nom(s) anglais
Brazilian watermilfoil, parrot’s feather, parrot feather watermilfoil
Myriophyllum aquaticum (Vellozo) Verdcourt
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Haloragaceae
Description
Le myriophylle aquatique est une plante vivace qui pousse dans les eaux peu profondes. C’est une plante aquatique submergée dont l’extrémité des tiges sort de l’eau. Originaire d’Amérique du Sud, il est considéré comme une espèce exotique envahissante en Amérique du Nord.
Identification
Tige
Les tiges du myriophylle aquatique se développent à partir des stolons Lire le contenu de la note numéro 1 présents dans les sédiments. Elles mesurent 4-5 mm de large et peuvent atteindre 1,5 m de long. Leurs extrémités, qui ressemblent à de petits conifères, sortent de l’eau jusqu’à 30 cm. Ce détail permet de le distinguer des autres espèces de myriophylle du nord-est de l’Amérique du Nord.

Tiges du myriophylle aquatique. © Ryan Wersal, Mississippi State University
Feuilles
Le myriophylle aquatique a deux types de feuilles : des feuilles brun rougeâtre qui poussent sous l’eau et des feuilles vert tendre qui sortent de l’eau. Les deux types ressemblent à des plumes. Celles sous l’eau sont deux à trois fois plus grandes, tandis que celles hors de l’eau ont un peu plus de folioles Lire le contenu de la note numéro 2 (24 à 36 contre 16 à 36). Les feuilles forment des groupes de 4 à 6 autour de la tige, espacés d’environ 1 cm sur la tige.

Feuilles du myriophylle aquatique. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Le myriophylle aquatique est une espèce dioïque, ce qui veut dire qu’un plant est soit mâle, soit femelle. En Amérique du Nord, on n’a répertorié que des plants femelles, donc la reproduction sexuée ne semble pas possible. Les petites fleurs femelles sont composées de 4 sépales Lire le contenu de la note numéro 3 blanc rosé. Elles poussent au printemps à la base des feuilles qui sortent de l’eau.

Fleurs femelles de myriophylle aquatique. © C. Haden, U.S. Geological Survey
Racines
Le système racinaire du myriophylle aquatique se développe à partir des stolons, formant de nombreuses fines racines.

Stolons et racines du myriophylle aquatique. © Donald Cameron, Gobotany.nativeplanttrust.org
Distinctions
Il existe plusieurs espèces indigènes de myriophylle au Québec. Elles ont toutes des feuilles submergées ou flottantes. Certaines espèces, comme M. sibiricum et M. heterophyllum produisent des épis qui sortent de l’eau. Contrairement au myriophylle aquatique, ces espèces ne colonisent pas les rives ni les eaux très peu profondes (de moins d’un mètre).
Le myriophylle à épis est une autre plante exotique envahissante. On le retrouve déjà dans plus de 200 plans d’eau du sud du Québec. Ses épis dépassent légèrement de la surface de l’eau, tandis que ses feuilles restent submergées ou flottantes.
La cornifle nageante est une plante indigène courante en Amérique du Nord. Elle pousse sous l’eau sans racine. Ses feuilles sont rigides et conservent leur forme lorsqu’elles sortent de l’eau.
Répartition
Le myriophylle aquatique est originaire d’Amérique du Sud, où on le retrouve en climat subtropical et tempéré chaud. Il a été introduit aux États-Unis à la fin du 19e siècle, dans la région de Philadelphie, comme plante d’aquarium. Depuis, il s’est établi dans plus de 38 États, surtout dans le sud du pays et sur la côte ouest.
Le nord-est des États-Unis est encore peu touché, mais on trouve des populations au Connecticut, au Massachusetts et dans l’État de New York. Plusieurs populations sont aussi présentes au Michigan et près des Grands Lacs.
Au Canada, il a été détecté au cours des dernières années dans la péninsule ontarienne et en Colombie-Britannique. Les populations ontariennes ont depuis été éliminées, mais il est maintenant bien implanté dans la vallée du fleuve Fraser, près de Vancouver.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le myriophylle aquatique n’a jamais été observé au Québec, il est donc considéré comme absent.
Détection et suivi
Plusieurs outils peuvent faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.
Signalement
Puisque le myriophylle aquatique est une espèce exotique envahissante non répertoriée au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle.
Habitat
Le myriophylle aquatique pousse dans les eaux peu profondes, entre 25 et 150 cm. On le trouve dans les lacs, les étangs, les marais, les chenaux, les canaux et les petits cours d’eau lents. Il préfère les sols riches en éléments nutritifs (surtout en azote) et les eaux claires, mais il peut aussi s’adapter à différents substrats et à des eaux troubles. Il tolère l’ombre ainsi qu’une faible salinité. Bien qu’il pousse surtout en climat chaud, la résistance des stolons lui permet de survivre à des hivers tempérés froids. Toutefois, il ne résiste pas aux hivers très rigoureux, ce qui pourrait limiter sa propagation au Québec.
Reproduction et propagation
En Amérique du Nord, l’absence de plant mâle rend la reproduction sexuée impossible. Il se propage plutôt de façon végétative. Des fragments de tiges ou de stolons peuvent s’enraciner et former de nouveaux plants. Les colonies se densifient et s’étendent rapidement grâce au développement d’un vaste réseau de stolons.
Le myriophylle aquatique est utilisé dans les aquariums et les jardins d’eau. Le rejet de plants dans les égouts ou les milieux naturels peut favoriser sa propagation. Le transport par les embarcations est possible, mais peu documenté.
Conséquences, prévention et contrôle
Le myriophylle aquatique est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un
risque modéré
Lire le contenu de la note numéro 4
pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il est également listé comme une menace pour l’environnement et l’économie de la
région des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Lire le contenu de la note numéro 5
. De plus, il est visé par le
Les conséquences de la présence du myriophylle aquatique sont encore mal connues, même dans le sud des États-Unis où l’espèce est relativement abondante. Le myriophylle aquatique forme des tapis de végétation qui peuvent déloger les espèces indigènes et obstruer les canaux, les fossés, les marais et les étangs. Son arrivée dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent pourrait causer de graves conséquences :
- Réduction de la diversité des espèces en raison de l’envahissement de milieux naturels;
- Dégradation de l’habitat de la faune aquatique en diminuant la disponibilité de l’oxygène dans l’eau;
- Réduction de la disponibilité en eau par l’obstruction de prises d’eau municipales ou industrielles;
- Nuisance aux activités comme la baignade, la pêche ou la navigation de plaisance.
Il est donc important de faire ce qui suit :
- Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
- Évaluer les risques et les impacts de sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du myriophylle aquatique :
- Apprendre à le reconnaitre;
- Éviter de naviguer dans les herbiers;
- Nettoyer, vider et sécher toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consulter les étapes à suivre.
- Surveiller les plans d’eau afin de détecter rapidement son introduction;
- Ne jamais rejeter dans la nature les restes de plantes, l’eau, les poissons et les invertébrés de votre jardin d’eau ou de votre aquarium.
Méthodes de contrôle
La lutte contre le myriophylle aquatique est peu documentée. Malgré tout, l’arrachage manuel est efficace pour contrôler de petites invasions. Lorsque les conditions le permettent, le dragage, le remplissage ou l’assèchement de petits plans d’eau envahis peuvent être effectués. Aux États-Unis, comme c’est souvent le cas avec les plantes envahissantes, la lutte repose principalement sur l’utilisation d’herbicides.
Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [
LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [
U.S. FISH & WILDLIFE SERVICE (2018). « Parrotfeather (Myriophyllum aquaticum) », Ecological Risk Screening Summary.
WERSAL, R. M., E. BAKER, J. LARSON, K. DETTLOFF, A. J. FUSARO et J. REDINGER (2025). « Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc. », dans U.S. Geological Survey, Nonindigenous Aquatic Species Database, Gainesville, FL, and NOAA Great Lakes Aquatic Nonindigenous Species Information System, [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1Les stolons sont des tiges rampantes ou allongées que certaines plantes produisent pour se propager horizontalement le long du sol et former de nouvelles pousses à leurs extrémités. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2La foliole est une partie d'une feuille composée, c'est-à-dire une division ou un segment de la feuille qui est elle-même divisée en plusieurs segments. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Espèces qui peuvent nuire à certaines espèces indigènes ou perturber certains écosystèmes, sans causer d’impacts graves. Pour plus d’information concernant l’exercice de classification du niveau de risque, consultez les Espèces exotiques envahissantes floristiques nuisibles à la biodiversité au Québec (PDF 615 Ko). Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (CGPMGLSL) considère
sept espèces floristiques comme des menaces pour l’environnement et l’économie de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Retour à la référence de la note numéro 5
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026