Oléastre à ombelles

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Plant d'oléastre à ombelles en floraison.

Oléastre à ombelles. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org

Nom français
Oléastre à ombelles

Autre(s) nom(s) français
Chalef en ombelles

Nom anglais
Autumn olive

Autre(s) nom(s) anglais
Autumn Elaeagnus, Oriental silverleaf

Nom scientifique

Elaeagnus umbellata Thunberg

Groupe de plantes

Arbustes

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Elaeagnaceae

Description

L’oléastre à ombelles est un arbuste de grande taille qui peut atteindre 5 m de haut et 9 m de large. En raison de sa croissance rapide, l’espèce forme facilement des buissons denses. Originaire d’Asie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

Les tiges de l’oléastre à ombelles sont de couleur brune ou grise et elles émergent du sol en grand nombre. Chez les jeunes individus, les tiges portent des épines de 3 à 5 cm de long. Lorsqu’on coupe son tronc, l’oléastre à ombelles produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ».

Feuilles

Les feuilles de l’oléastre à ombelles sont disposées en alternance sur la tige. Elles ont une forme ovale se terminant en une pointe allongée et mesurent de 2 à 6 cm de long sur 1 à 3 cm de large. Le dessous des feuilles est argenté, le dessus est vert lustré, et le rebord est ondulé. Les feuilles apparaissent tôt au printemps, entre avril et mai.

Fleurs

Les fleurs de l’oléastre à ombelles sont de couleur blanche à jaune pâle, de petite taille (de 5 à 9 mm sur 7 mm) et tubulaires. Elles sont abondantes et disposées en grappes par groupes de 2 à 7 à l’aisselle des feuilles. La floraison a lieu de mai à juin.

Fruits

Les fruits de l’oléastre à ombelles sont d’abord de couleur argentée avec des écailles brunes qui tournent au rouge en présentant des mouchetures argentées à maturité. Appelés « drupes », ils sont charnus et renferment une seule graine. Les fruits sont sphériques et de petite taille (de 6 à 9 mm). Les graines mesurent de 6 à 8 mm sur 2 à 3 mm. Les fruits mûrissent tout au long de l’été et ils sont prêts en septembre ou octobre. Un individu peut produire entre 700 et 10 000 fruits par année.

Les fruits sont comestibles, et certains producteurs fruitiers se spécialisent dans la culture de l’espèce.

Racines

Le système racinaire de l’oléastre à ombelles est fibreux et présente des nodules qui facilitent la fixation de l’azote atmosphérique dans le sol, un élément essentiel pour la croissance des plantes. Ce processus est possible grâce à une symbiose des racines de l’oléastre à ombelles avec des bactéries du genre Frankia.

Espèces similaires

Chalef argenté (Elaeagnus commutata)

Olivier de Bohême (Elaeagnus angustifolia)

Distinctions

L’oléastre à ombelles peut être confondu avec le chalef argenté et l’olivier de Bohême. Le chalef argenté, une espèce indigène, se distingue par son absence d’épines, ses feuilles de couleur argentée sur le dessus et le dessous, et par ses fruits argentés à maturité. L’olivier de Bohême, une espèce exotique, se distingue par ses feuilles plus longues (de 4 à 8 cm) et plus étroites (de 0,5 à 3 cm) et par ses fruits qui ressemblent davantage à de petites olives de couleur brune ou jaune présentant des écailles argentées à maturité.

Répartition

L’oléastre à ombelles est originaire d’Asie. Il a été introduit en Amérique du Nord en 1830 à des fins horticoles. On cultive l’espèce en Ontario depuis au moins 1950 et au Québec depuis 1961. La première observation en milieu naturel au Canada a eu lieu en 1983 à Ottawa, en Ontario.

Au Canada, l’espèce est naturalisée Lire le contenu de la note numéro 1 en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Île-du-Prince-Édouard. Sa présence est également confirmée dans les États américains près du Québec : le Vermont, l’État de New York, le New Hampshire et le Maine.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

L’oléastre à ombelles est cultivé au Québec, mais cette culture est marginale et l’espèce n’a pas encore été observée en milieux naturels.

Signalement

Puisque l’oléastre à ombelles est une espèce exotique envahissante non naturalisée au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle.

Habitat

L’oléastre à ombelles est modérément tolérant à l'ombre, mais il croît dans une variété de types de sols et il tolère plusieurs conditions de drainage. Il est fréquent de le retrouver dans des sites sableux, limoneux ou argileux dont le drainage est rapide ou modéré. Il peut tolérer la sécheresse, mais il semble être limité en conditions très humides. On le retrouve dans les boisés ouverts, les lisières forestières, le bord des routes, le long des clôtures, les prairies, les dunes et les milieux perturbés. Sa croissance et sa fructification sont optimales en milieu ouvert.

Reproduction et propagation

La capacité de reproduction de l’oléastre à ombelles est très grande en raison de son abondante fructification. Les fruits sont consommés par les mammifères et les oiseaux, qui dispersent ensuite les graines. Pour germer, les graines doivent être exposées au froid (5 °C) pendant 12 à 16 semaines, ce qui a pour effet de lever la dormance. Cette espèce est donc bien adaptée aux conditions climatiques du Québec. Lorsqu’on coupe son tronc, l’oléastre à ombelles produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ». Cela contribue également à sa propagation.

Divers cultivars ont été développés pour la production fruitière (p. ex. « Amber », « Cardinal ») et partagent les caractéristiques envahissantes de l’espèce. Cette pratique peut également contribuer à la propagation de l’espèce.

Conséquences, prévention et contrôle

L’oléastre à ombelles est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 2 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il est visé par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

L'oléastre à ombelles est très fertile, et ses semences sont propagées par les animaux, ce qui pourrait engendrer de nouveaux foyers d'infestation sur une base régulière. Bien que ses effets sur la biodiversité indigène du Québec ne soient pas documentés, l'arbuste est susceptible de modifier la chimie et la microbiologie des sols et d'enrichir l'eau en azote, ce qui pourrait engendrer des effets indésirables sur la faune et la flore.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de l’oléastre à ombelles :

  • Apprendre à le reconnaître;
  • Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter;
  • Éviter de disperser ses graines et ses rhizomes lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Lors de travaux sylvicoles en présence de l’oléastre à ombelles, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
  • Jeter aux poubelles les résidus d’oléastre à ombelles qui contiennent des fruits. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

Le contrôle de l’oléastre à ombelles n’est pas documenté au Québec.

La littérature présente l’arrachage manuel des petits plants comme une méthode efficace. Cela peut être effectué à l’aide d’une pince à levier (outil à déraciner) en s’assurant de retirer le système racinaire duquel peuvent émerger de nouvelles tiges. Un sol humide qui n’est pas compacté favorise l’extraction des racines. Les travaux doivent être réalisés avant la fructification afin d’éviter la dissémination des graines.

La coupe de l’oléastre à ombelles sans l’arrachage de son système racinaire provoque la production de rejets de souche, ce qui peut contribuer à la densification des populations. Les résidus, surtout ceux qui contiennent des fruits, doivent être jetés aux poubelles afin de limiter les risques de propagation.

Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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