Petite naïade

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Fragment de petite naïade dans l'eau.

Petite naïade. © Graves Lovell, Alabama Department of Conservation and Natural Resources, Bugwood.org

Nom français
Petite naïade

Autre(s) nom(s) français
Naïade mineure

Nom anglais
Brittle-leaved naiad

Autre(s) nom(s) anglais
Brittle naiad, Brittle water-nymph, Eutrophic water-nymph, Smaller najas

Nom scientifique

Najas minor Allioni

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Hydrocharitaceae

Description

La petite naïade est une plante annuelle submergée qui peut pousser à des profondeurs de plus de 5 m. Elle s’établit en sous-étage et peut être difficile à détecter. Originaire d’Eurasie et du nord de l’Afrique, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

Les tiges de la petite naïade sont fines (1 mm de diamètre) et peuvent atteindre 1,2 m de long. Elles sont abondamment ramifiées près de la surface. Elles se fragmentent aisément, surtout à la fin de l'été et au début de l'automne.

Feuilles

Les feuilles de la petite naïade sont petites et minces; elles mesurent rarement plus de 3,5 cm de long et 1 mm de large. Elles sont linéaires et se recourbent à partir du mois d'août. Le contour des feuilles est orné de dents, visibles à l'œil nu. Les feuilles embrassent la tige et, lorsqu'elles sont arrachées, il est possible d'observer leur base carrée, proéminente, qui se décline abruptement. Les feuilles sont regroupées en bouquets à l’allure de plumeaux.

Fleurs

Les fleurs de la petite naïade sont petites (entre 2 et 4 mm) et discrètes. Elles sont formées à l’aisselle des feuilles. Elles sont monoïques, c’est-à-dire soit mâles, soit femelles.

Fruits

Les fruits de la petite naïade sont des akènes Lire le contenu de la note numéro 1 de forme allongée. Ils ne portent qu’une seule graine pourpre de 1,5 à 3,0 mm de long sur 0,5 à 0,7 mm de large. Les graines sont en forme de fuseau légèrement courbé. Les graines se forment de septembre à octobre. Elles s'accumulent dans les sédiments.

Racines

Les racines de la petite naïade sont fines et peu profondes.

Espèces similaires

Naïades (Najas spp.)

Potamots (Potamogeton spp.)

Characées (Chara spp.)

Distinctions

Il y a cinq autres espèces de naïade au Québec, soit quatre indigènes (Najas canadensis, Najas flexilis (PDF 848 Ko), Najas Gracillima, Najas guadalupensis) et une exotique (Najas marina). Cette dernière n’a cependant pas été aperçue depuis 1901 dans la province. Elles se distinguent par leurs feuilles, droites et sans dent.

Il y a 28 espèces de potamots indigènes au Québec. Certains potamots (p. ex. Potamogeton richardsonii, P. praelongus et P. perfoliatus) peuvent avoir des feuilles ondulées, mais leur contour ne porte pas de petites dents. Le potamot crépu (P. crispus) est exotique et présente des feuilles dentées. Ses feuilles sont toutefois plus larges (5 à 10 mm).

Les characées sont des algues macroscopique (visibles à l’œil nu). Elles ne produisent pas de fleur, de fruit ni de graine. Elles sont maintenues au fond de l’eau par de minuscules filaments appelés rhizoïdes.

Répartition

La petite naïade provient d’Eurasie et du nord de l’Afrique. Les causes de son introduction en Amérique du Nord demeurent à ce jour inconnues. La première observation en milieu naturel sur le continent a eu lieu en Ohio en 1932. Au Québec, la petite naïade a été découverte en milieu naturel en 2015.

Dans le nord-est des États-Unis, elle est présente dans plusieurs États, dont ceux voisins du Québec : les États de New York, du Vermont et du New Hampshire.

Au Québec, elle est présente en Outaouais, en Montérégie et en Estrie.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La petite naïade est établie au Québec. Puisqu’elle se situe souvent en sous-étage dans les herbiers Lire le contenu de la note numéro 2 de plantes aquatiques, l’espèce est difficile à détecter. Il est probable qu’elle soit plus répandue que ce que les observations suggèrent.

Détection et suivi

Plusieurs outils peuvent faciliter la détection d’espèces exotiques envahissantes floristiques aquatiques.

Signalement

Puisque la petite naïade est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

La petite naïade préfère les eaux douces peu profondes, surtout entre 1,5 et 2 m, mais peut pousser jusqu’à 5 m de profondeur. Elle tolère les eaux légèrement salées des estuaires, de même que les eaux turbides. La petite naïade peut coloniser les étangs, les lacs, les rivières et les ruisseaux à écoulement lent. Elle préfère le sable et le gravier, mais peut se développer dans plusieurs types de substrats.

Reproduction et propagation

La petite naïade se reproduit principalement de manière sexuée par une production abondante de graines. Les graines sont disséminées par l'eau et probablement par la sauvagine lorsqu'elle se nourrit de la plante. La fragmentation des tiges peut faciliter le transport des graines qui restent attachées aux tiges. Les fragments peuvent flotter ou s'accrocher aux embarcations et au matériel.

Certains ouvrages mentionnent une reproduction végétative à l’aide de turions Lire le contenu de la note numéro 3 , mais cela ne fait pas l’unanimité parmi la communauté scientifique.

Conséquences, prévention et contrôle

La petite naïade est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 4 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle figure sur la liste des espèces contre lesquelles il faut lutter en priorité au Québec. De plus, elle est visée par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

La petite naïade envahit l’habitat de plusieurs plantes aquatiques indigènes, réduisant ainsi la diversité végétale des plans d’eau.

Les herbiers denses de petite naïade gênent la baignade et la navigation de plaisance lorsque les tiges atteignent la surface de l’eau. Les petites embarcations ont alors du mal à se déplacer et les tiges peuvent s’enrouler autour des hélices des moteurs hors-bord.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de la petite naïade :

  • Apprenez à la reconnaitre;
  • Évitez de naviguer dans les herbiers;
  • Nettoyez, videz et séchez toute embarcation ou tout équipement ayant été en contact avec l’eau lors de déplacements entre différents plans d’eau. Consultez les étapes à suivre.
  • Surveillez les plans d’eau afin de détecter rapidement l’introduction de la petite naïade;
  • Ne rejetez jamais dans la nature les contenus d’aquarium et les plantes de jardin d’eau.

Méthodes de contrôle

L’expertise en matière de lutte contre la petite naïade est très limitée et peu documentée.

La fauche et de retrait des tiges est la principale méthode de lutte recommandée. Il est important d’amorcer le travail avant la production des semences en septembre. Toutes les parties de la plante doivent être retirées du plan d’eau pour éviter qu’elle ne se propage dans d’autres secteurs. Elles doivent être jetées aux poubelles ou au compost de façon sécuritaire.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et les bureaux de la Direction régionale ou de la Direction de la gestion de la faune du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

Pour en savoir plus

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec : Les Publications du Québec, 348 p.

U.S. FISH & WILDLIFE SERVICE (2018). « Brittle Waternymph (Najas minor) », Ecological Risk Screening Summary.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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