Renoncule ficaire

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Plants de renoncule ficaire en floraison.

Renoncule ficaire. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org

Nom français
Renoncule ficaire

Autre(s) nom(s) français
Ficaire fausse-renoncule

Nom anglais
Lesser celandine

Autre(s) nom(s) anglais
Fig buttercup, Marsh pilewort

Nom scientifique

Ficaria verna Hudson

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Ranunculaceae

Description

La renoncule ficaire est une plante herbacée vivace et printanière. Elle pousse dans les endroits ombragés comme dans les endroits ensoleillés et s’établit souvent dans les boisés d’arbres feuillus. Originaire d’Europe, elle est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige de la renoncule ficaire est blanche ou parfois violette à la base et vert pâle au-dessus. Elle se divise en quelques branches. Elle mesure de 10 à 30 cm.

Feuilles

Les feuilles de la renoncule ficaire ont une forme de cœur et sont de couleur vert foncé. Leur contour est grossièrement dentelé et elles poussent en groupes formant ainsi des rosettes Lire le contenu de la note numéro 1 .

Fleurs

Les fleurs de de la renoncule ficaire sont habituellement formées de 7 à 13 pétales jaunes (parfois jusqu’à 60) et de 3  sépales Lire le contenu de la note numéro 2 . Elles sont portées individuellement sur une tige qui s’élève au-dessus des feuilles. La floraison a lieu en avril et en mai.

Fruits

Les fruits de la renoncule ficaire sont des akènes Lire le contenu de la note numéro 3 sphériques qui mesurent de 3 à 4,5 mm de large sur 4 à 6 mm de long. Les graines ont une viabilité variable selon les sous-espèces.

Il existe 5 sous-espèces en Amérique du Nord, dont 2 qui produisent des bulbilles Lire le contenu de la note numéro 4 sphériques de couleur crème. Les bulbilles sont produites après la floraison et avant que les tiges flétrissent en juin et juillet.

Racines

Le système racinaire de la renoncule ficaire possède des racines blanchâtres finement divisées et des tubercules Lire le contenu de la note numéro 5 . Chaque plant peut produire jusqu’à 11 tubercules.

Distinctions

Le populage des marais est indigène au Canada et se distingue de la renoncule ficaire par ses fleurs qui ne possèdent que 5 sépales jaunes. Il ne produit pas de tubercule ni de bulbille.

Répartition

Originaire d’Europe, la renoncule ficaire a été introduite en Amérique du Nord au début 19e siècle pour des raisons qui demeurent inconnues. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que l’espèce s’est propagée dans la plupart des États américains et des provinces canadiennes de l’Est.

La première observation en milieu naturel au Québec a eu lieu en 1932 à Montréal.

Bien qu’elle soit présente dans toutes les provinces de l’est du Canada, sauf le Nouveau-Brunswick, rares sont les populations naturalisées. Le sud de l’Ontario fait figure d’exception, particulièrement dans les milieux plus urbanisés. Dans le nord-est des États-Unis, elle est également présente dans plusieurs États, dont ceux voisins du Québec : les États de New York, du New Hampshire et du Vermont.

Au Québec, elle est présente à Montréal et à Laval, en Montérégie (Iberville) et en Chaudière-Appalaches (Sainte-Croix).

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La renoncule ficaire est établie au Québec. Son observation est toutefois occasionnelle.

Signalement

Puisque la renoncule ficaire est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de permettre de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

La renoncule ficaire pousse dans les boisés de feuillus, les milieux ouverts et riverains et les plaines inondables. Elle préfère les sols humides et se retrouve souvent près des lieux habités où elle a été utilisée comme plante ornementale.

Reproduction et propagation

La renoncule ficaire se multiplie par ses graines et, de façon végétative, grâce à ses tubercules et bulbilles. Les tubercules peuvent être transportés ailleurs, comme lorsque le sol est perturbé par la crue des eaux ou par un engin. Les sous-espèces qui produisent des bulbilles le font en abondance. Lorsqu’elles tombent au sol, elles peuvent s’enraciner pour former un nouvel individu ou être disséminées par l’eau en milieu riverain.

L’espèce est parfois utilisée en horticulture, et cette pratique peut contribuer à sa propagation.

Conséquences, prévention et contrôle

La renoncule ficaire est considérée comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 6 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Elle figure sur la liste des espèces contre lesquelles on doit lutter en priorité au Québec. De plus, elle est visée par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

Les conséquences environnementales de cette espèce en territoire québécois n’ont pas encore fait l’objet d’études exhaustives. Il est toutefois présumé qu’en formant rapidement des colonies denses, la renoncule ficaire nuit à la croissance des autres plantes printanières, réduisant ainsi la diversité floristique des milieux qu’elle envahit.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation de la renoncule ficaire :

  • Apprendre à la reconnaître;
  • Éviter de la semer, de la planter, de la multiplier ou de la transporter;
  • Éviter de disperser ses graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Jeter aux poubelles les résidus de renoncule ficaire qui contiennent des graines. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

La lutte contre la renoncule ficaire n’a pas été étudiée au Québec. Toutefois, parce qu’elle se propage facilement par ses rhizomes et bulbilles, la lutte est présumée ardue et de longue haleine. Il est donc préférable de commencer les travaux de contrôle dès l’apparition de nouvelles colonies, en se concentrant sur la prévention et la détection précoce. Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

Une combinaison de plusieurs techniques peut améliorer le succès de la lutte.

Pour les petites colonies : 
L’arrachage manuel des plants, en prenant soin d’extraire le système racinaire, peut être réalisé dès l’émergence des feuilles au printemps en s’assurant de jeter les résidus aux poubelles. Cette méthode doit être accompagnée d’un suivi rigoureux durant les années suivantes pour surveiller les repousses dues aux tubercules et aux bulbilles ayant échappé au contrôle.

Le recouvrement des plants par une couche d’au moins 15 cm de matière organique (copeaux de bois, feuilles, paille, compost, etc.) est souhaitable. Cette méthode peut être réalisée après ou avant la période de croissance des plants soit à l’été, soit à l’automne, soit très tôt au printemps.

Pour les colonies plus importantes : 
Labourer le sol sur une profondeur d’au moins 15 cm pour enfouir les tubercules dans le sol. Cela ne tue pas les tubercules, mais retarde l’émergence de plants et laisse une chance aux autres espèces de pousser.

La plantation d’autres espèces non envahissantes à croissance rapide doit être envisagée afin d’éviter de laisser le sol à nu pour faire compétition, favoriser la succession végétale ou réduire la vigueur de la colonie.

Couper uniquement les tiges sans toucher aux tubercules ne permet pas d’éliminer une colonie. Une seule coupe peut même stimuler sa croissance au lieu de l’affaiblir.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’information, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.

AXTELL, A. E., A. DITOMMASO et A. R. POST (2010). « Lesser Celandine (Ranunculus ficaria): A Threat to Woodland Habitats in the Northern United States and Southern Canada », Invasive Plant Science and Management, 3(2), 190-196. doi:10.1614/IPSM-D-09-00044.1

Washington State Noxious Weed Control Board. Lesser Celandine, [En ligne] s. d. [https://www.nwcb.wa.gov/weeds/lesser-celandine-1] (consulté le 16 janvier 2026).

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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