Renouée du Japon

Renouée du Japon.

Renouée du Japon. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Renouée du Japon

Autre(s) nom(s) français
Bambou du Japon

Nom anglais
Japanese knotweed

Autre(s) nom(s) anglais
Fleeceflower, Mexican bamboo

Nom scientifique

Reynoutria japonica Houttuyn var. japonica

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Polygonaceae

Description

La renouée du Japon est une plante herbacée vivace. Elle a une croissance rapide, formant des colonies de 1 à 3 m de haut. C’est une espèce exotique envahissante originaire de l’Asie de l’Est.

Identification

Tige

Les tiges de la renouée du Japon sont rondes, lisses, creuses, et elles ressemblent à celles du bambou. Leur couleur varie de vert à rougeâtre et elles peuvent avoir des taches pourpres. Certaines atteignent jusqu’à 3 m de haut et sont facilement cassables. Un plant est souvent formé de tiges principales et de plusieurs tiges secondaires plus petites, poussant très proche les unes des autres.

Feuilles

Les feuilles de la renouée du Japon sont de forme ovale à triangulaire, avec une extrémité pointue et une base droite. Elles ne sont pas dentelées et mesurent entre 7 et 15 cm de long par 5 à 12 cm de large. Elles sont disposées en alternance sur la tige.

Fleurs

Les fleurs de la renouée du Japon sont de couleur blanc crème. Elles sont petites, mesurant de 2 à 3 mm de diamètre. Elles sont regroupées en grappes de 2 à 4 cm et fleurissent en août et septembre.

Fruits

Les fleurs fécondées donnent de petits fruits blancs d’environ 3 mm de long. Dans les régions du Québec où la saison de croissance est plus courte, les graines n’ont pas le temps de murir.

Racines

Le système racinaire de la renouée du Japon est composé d’un réseau de rhizomes, qui sont des tiges souterraines charnues contenant les réserves d’énergie de la plante. Ces derniers sont ligneux, ont l’apparence du bois et sont de couleur brun foncé à l’extérieur et orangé à l’intérieur. Ils peuvent atteindre jusqu’à 3 m de profondeur dans le sol et s’étendre jusqu’à une distance de 7 m du plant d’origine.

Espèces similaires

Renouée de Bohème (Reynoutria xbohemica)

Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis)

Distinctions

La renouée du Japon ne ressemble à aucune plante indigène. Elle peut toutefois être confondue avec deux autres renouées exotiques envahissantes : la renouée de Sakhaline et la renouée de Bohème. La taille et la forme de leurs feuilles permettent souvent de les distinguer. Contrairement aux deux autres, la renouée du Japon n’a pas de poils sur les nervures au dos de ses feuilles.

Répartition

La renouée du Japon, originaire de l’est de l’Asie, a été introduite en Amérique du Nord dans les années 1860 comme plante ornementale. Elle est présente au Québec depuis 1901. Aujourd’hui, elle est répandue dans toutes les régions du Québec, surtout dans le sud de la province, comme en Estrie, en Montérégie, en Mauricie, dans la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches.

La renouée du Japon et son hybride, la renouée de Bohème, sont très similaires, ce qui rend leur distinction difficile sur le terrain. Elles sont donc traitées ensemble quant à leur répartition.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La renouée du Japon est bien établie au Québec. Difficile à contrôler, et se propageant facilement par ses rhizomes, l’espèce connaît une expansion continue.

Signalement

Comme la renouée du Japon est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution. Même si vous n’êtes pas certain d’avoir identifié la bonne espèce de renouée, n’hésitez pas à soumettre votre signalement. Il sera vérifié par une équipe du Ministère.

Habitat

La renouée du Japon colonise une grande variété de sols et préfère les endroits ouverts, tout en tolérant l’ombre. On la trouve surtout dans les rives des cours d’eau et des lacs, sur les bords des routes et des voies ferrées et dans les friches. Elle se retrouve fréquemment dans les jardins, car elle est utilisée comme plante ornementale.

Reproduction et propagation

Bien que la renouée du Japon puisse produire des graines viables, elle se propage principalement de façon végétative, avec des fragments de rhizomes ou de tiges qui peuvent produire de nouveaux plants.

Les principaux moyens de propagation de la renouée du Japon sont :

  • le transport de fragments par l'eau et la glace près des cours d’eau, surtout lors des crues;
  • le transport de fragments par la machinerie et les équipements mal nettoyés;
  • le transport de fragments lors de travaux d’excavation avec exportation de sols;
  • la plantation volontaire à des fins ornementales.

Conséquences, prévention et contrôle

La renouée du Japon est classée parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.

En formant des colonies denses, elle nuit à la croissance d’autres espèces végétales, réduisant ainsi la diversité des espèces. Elle peut également favoriser l’érosion des rives et modifier la composition chimique du sol ainsi que la diversité des microorganismes. Elle limite l’accès aux rives et les points de vue sur le paysage. Ses racines et ses tiges peuvent également s’infiltrer dans les infrastructures.

Il est donc essentiel :

  • De prévenir sa propagation;
  • De surveiller son introduction dans les milieux naturels;
  • De signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
  • D’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation de la renouée du Japon :

  • Apprenez à la reconnaître;
  • Évitez de semer, planter, multiplier ou transporter cette plante;
  • Optez pour l’ensemencement ou la plantation d’espèces végétales indigènes compétitives qui couvriront rapidement les sols découverts;
  • Évitez de disperser les fragments de tiges, de rhizomes et les graines avec de la machinerie contaminée et lors du transport de terre;
  • Évitez également d’utiliser la terre excavée qui contient des résidus de renouée du Japon. Selon le volume, vous pouvez l’enfouir sur place à une profondeur recommandée de 2 m ou l’envoyer à un site autorisé à le recevoir;
  • Jetez les résidus de la renouée du Japon dans les ordures. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.

Méthodes de contrôle

La lutte contre la renouée du Japon est difficile et peut prendre plusieurs années. Il est donc préférable de commencer les travaux de contrôle dès l’apparition de nouvelles colonies, en se concentrant sur la prévention et la détection précoce. Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

L’excavation d’une colonie peut être réalisée à l’aide d’une pelle mécanique. Si elle est bien exécutée, cette technique permet d’éliminer une colonie. Il faut toutefois gérer correctement le sol excavé.

L’arrachage des tiges avec extraction des rhizomes en surface, effectué régulièrement pendant plusieurs années, peut réduire la taille d’une colonie.

Le bâchage, qui consiste à couvrir le sol avec une toile opaque pour empêcher la croissance de la plante, est aussi efficace, mais il faut du temps et l’éradication n’est pas garantie.

Quelques recommandations pour l’utilisation de cette méthode :

  • Utilisez une toile de qualité (géomembrane ou géotextile);
  • Coupez et retirez les tiges;
  • Couvrez toute la colonie de même qu’une zone tampon d’au moins 2 m autour de cette dernière. Lorsque plus d’une toile est nécessaire, prévoyez un chevauchement de 50 cm à 1 m;
  • Posez des poids, comme des sacs de terre, pour maintenir les toiles en place;
  • Évitez de percer les toiles, car la renouée peut s’y infiltrer;
  • Inspectez régulièrement les toiles pour les ajuster et retirez toute nouvelle tige;
  • Maintenez les toiles en place pendant plusieurs années (plus de cinq ans peuvent être nécessaires);
  • Restaurez le site en plantant des arbustes à croissance rapide lors du retrait des toiles (ex. : aulnes, cornouillers, saules).

Couper uniquement les tiges sans toucher aux rhizomes ne permet pas d’éliminer une colonie. Une seule coupe peut même stimuler sa croissance au lieu de l’affaiblir.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

Pour en savoir plus

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 2024-06-07)

GROENEVELD, E., F. BELZILE et C. LAVOIE (2014). « Sexual reproduction of Japanese knotweed (Fallopia Japonica S.L.) at its northern distribution limit: New evidence of the effect of climate warming on an invasive species. » American journal of botany 101(3): 459-466.

LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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