Roseau commun
Roseau commun. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Roseau commun
Autre(s) nom(s) français
Phragmite
Nom anglais
Common reed
Autre(s) nom(s) anglais
European reed
Phragmites australis (Cavanilles) Trinius ex Steudel subsp. australis
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Poaceae
Dans cette page :
Description
Le roseau commun est une graminée qui se distingue par sa grande taille. Il peut former de vastes colonies dans les sols humides et riches en nutriments, tels que les fossés routiers, les rives des cours d’eau ou des lacs, ainsi que les marais et les prairies humides. Cette plante, originaire de l’Eurasie, est considérée comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige
Les tiges du roseau commun mesurent entre 1,5 et 5 m de hauteur. Elles sont rigides et de couleur gris-vert, jaune pâle ou beige. À l’automne, les tiges meurent mais restent souvent debout tout l’hiver. Au printemps, elles s’affaissent progressivement pour former une épaisse couche de résidus qui se décompose lentement.
Le roseau commun produit des tiges rampantes au sol ou à la surface de l’eau, appelées « stolons », qui peuvent s’allonger de plusieurs mètres par année.

Tige de roseau commun. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Feuilles
Les feuilles du roseau commun sont plates et leur couleur varie de vert à gris-vert pendant la saison de croissance. Elles mesurent de 1 à 5 cm de large.
La membrane située à l’extrémité de la gaine des feuilles (ligule) mesure moins de 1 mm. Celles-ci sont translucides et comportent des poils semblables à des filaments (ligule ciliée).

Feuille de roseau commun. © Véronique Furois
Fleurs
Le roseau commun fleurit de juillet à septembre. La disposition des fleurs sur la tige, appelée « inflorescence », fait penser à un plumeau à plusieurs branches. Ces inflorescences mesurent de 15 à 35 cm de long et de 8 à 20 cm de large. Elles sont volumineuses, touffues et de couleur dorée ou pourpre. À l’automne, elles deviennent grisâtres et pelucheuses à mesure que les fruits murissent et elles persistent sur les tiges tout l’hiver.

Inflorescences du roseau commun à l’automne. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Le roseau commun produit des graines qui atteignent leur maturité en septembre et en octobre. Elles sont petites, mesurent environ 2 mm et sont recouvertes de poils soyeux.

Graines matures de roseau commun. © Jacques Brisson
Racines
Le système racinaire du roseau commun est composé d’un réseau dense de rhizomes, qui sont des tiges souterraines charnues contenant les réserves d’énergie de la plante. La plupart des rhizomes se situent à moins de 85 cm de profondeur dans le sol.

Tiges souterraines (rhizomes) de roseau commun. © Gilles Ayotte, 15-p.bot-phrag.commu-20, CC-BY-SA 4.0, Kalos, Bibliothèque de l’Université Laval
Espèces similaires
Roseau d’Amérique, soit la sous-espèce indigène du roseau commun (Phragmites australis subsp. americanus)
Alpiste roseau (Phalaris arundinacea)
Miscanthus (Miscanthus spp.)
Distinctions
Le roseau d’Amérique se distingue du roseau commun exotique par les caractéristiques suivantes :
- Sa ligule est plus longue (plus de 1 mm);
- Ses inflorescences sont moins volumineuses (23 x 10 cm) et ses branches sont moins denses;
- La couleur de ses tiges varie de rouge à pourpre, notamment à la base, et celles-ci peuvent présenter de petits points noirs, qui sont absents sur la tige du roseau exotique.
L’alpiste roseau se différencie aussi par ses inflorescences plus petites (de 8 à 15 cm) et ses feuilles plus étroites (de 0,5 à 2,5 cm). Les feuilles de la variété ornementale picta ont des stries blanches.
Les miscanthus se distingue du roseau commun exotique par leurs inflorescences moins denses, de couleur blanc ou argenté et de texture soyeuse. À l'automne, leurs feuilles deviennent orangées et présentent au centre une ligne blanche distincte.
Répartition
Le roseau commun, originaire de l’Eurasie, a été introduit au Québec au début des années 1900. Avant 1965, cette espèce était limitée aux rives du Saint-Laurent. Aujourd’hui, cette plante est répandue dans toutes les régions du Québec, surtout dans le sud de la province, comme en Estrie et en Montérégie. La raison de son introduction demeure inconnue.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le roseau commun est maintenant bien établi au Québec, particulièrement le long du réseau routier dans le sud de la province, et il fait partie intégrante du paysage. Il se propage facilement et il est difficile à contrôler, ce qui explique son expansion continue.
Signalement
Comme le roseau commun est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le roseau commun a besoin d’une bonne luminosité pour se développer. Il pousse principalement dans les milieux ouverts, c’est-à-dire là où les arbres sont très clairsemés ou absents, et il s’adapte à divers types de sols. Il préfère les endroits humides ou très riches en éléments nutritifs, tels que les berges des cours d’eau ou des lacs, les fossés, les marais d’eau douce ou légèrement salée, ainsi que les prairies humides.
Reproduction et propagation
Le roseau commun produit un grand nombre de graines chaque année, mais peu d’entre elles germeront. Leur germination exige un sol dégagé et humide, mais non inondé. Les graines sont dispersées par l’eau et le vent, notamment pendant l’hiver sur le couvert de neige.
Lorsqu’une graine de roseau commun germe, le nouveau plant développe rapidement son système racinaire et ses tiges souterraines (rhizomes), d’où poussent de nombreuses nouvelles tiges. À la fin de la saison de croissance, la majeure partie du poids de la plante (de 60 à 70 %) se trouve dans les tiges souterraines.
Le roseau commun se propage également grâce à ses tiges rampantes, appelées « stolons », qui s’enracinent dans le sol et donnent naissance à de nouvelles tiges verticales.
Ainsi, ce sont principalement les rhizomes et les stolons qui permettent à une colonie de roseau commun de s’étendre et de se densifier. Transporter de la terre contenant des rhizomes d’un endroit à un autre peut aussi favoriser la propagation de l’espèce.
Conséquences, prévention et contrôle
Le roseau commun est classé parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.
En formant rapidement des colonies denses, le roseau commun nuit à la croissance des autres plantes, réduisant ainsi considérablement la diversité floristique des milieux qu’il envahit. Le roseau commun peut aussi modifier la structure et l’humidité du sol, ce qui affecte les milieux humides et la faune qui en dépend, comme les invertébrés, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens.
Il est donc essentiel :
- De surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
- De signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
- D’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du roseau commun :
- Évitez de semer, de planter, de multiplier ou de transporter cette plante;
- Apprenez à reconnaître le roseau commun afin de le distinguer du roseau indigène;
- Optez pour l’ensemencement ou la plantation d’espèces végétales compétitives non exotiques envahissantes qui couvriront rapidement le sol et créeront de l’ombrage;
- Évitez de disperser les fragments de tiges, de rhizomes et les graines lorsque vous déplacez de la machinerie contaminée et que vous transportez de la terre. Évitez également d’utiliser cette terre;
- Jetez les résidus de roseau commun dans les ordures. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.
Méthodes de contrôle
Le roseau commun est extrêmement difficile à éliminer. Il est recommandé de débuter la lutte dès l’apparition de l’espèce et de continuer les efforts sur plusieurs années, en effectuant un suivi rigoureux des zones traitées.
Voici quelques méthodes de contrôle recommandées :
Extraire les plants et les rhizomes en creusant le sol avec une pelle ou à l’aide de machinerie;
Couper les rhizomes avec une pelle tranchante à environ 5 cm sous la surface du sol;
Faire la coupe régulière des tiges toutes les deux à trois semaines pendant l’été. Cela stimule la production de nouvelles tiges et réduit la vigueur des colonies. Cependant, dès que la coupe aura cessé, les colonies reprendront leur vigueur;
Couper les tiges sous l’eau. Cela peut donner de bons résultats, car cette technique noie les tiges en les privant d’oxygène;
Utiliser la technique du bâchage en étendant une toile opaque sur le sol pour empêcher la croissance de la plante et provoquer sa mort. Cette méthode élimine le roseau commun mais également toute la végétation présente sous la toile. Voici des recommandations pour l’utilisation de cette technique :
- Utilisez une toile de qualité comme une géomembrane ou un géotextile;
- Fauchez ou rabattez les plants au sol avant d’étendre la toile;
- Déposez les toiles pour couvrir entièrement la colonie et prévoyez couvrir la surface de 1 à 2 m supplémentaires;
- Si plusieurs toiles sont nécessaires, prévoyez un chevauchement de 0,5 à 1 m pour éviter que des tiges ne passent entre les toiles;
- Déposez des poids comme des sacs de terre pour maintenir les toiles en place;
- Inspectez régulièrement les toiles pour les réparer au besoin et pour retirer les tiges qui pourraient pousser en périphérie;
- Maintenez les toiles en place au moins 2 ans;
- Retirez les toiles et restaurez le site en plantant des arbustes à croissance rapide tels que des aulnes, des cornouillers ou des saules.
En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides, les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité, le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/search] (Consulté le 2024-06-07).
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [https://gobotany.nativeplanttrust.org/] (Consulté le 2024-09-20).
LAVOIE, Claude. Envahissement du roseau commun le long des corridors autoroutiers : état de situation, causes et gestion, juin 2008, 301 p. [Rapport réalisé pour le ministère des Transports du Québec]. [En ligne] [https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/65958] (Consulté le 8 octobre 2024).
LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.
MAL, T. K. et L. NARINE (2004). « The Biology of Canadian Weeds. 129. Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud. », Canadian Journal of Plant Science, vol. 84, no1, janvier, p. 365-396.
Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
