Dans l’article Relever le défi de la productivité, nous mentionnons que l’un des premiers pas à franchir pour contrer la pénurie de main-d’œuvre et augmenter la productivité des entreprises du secteur de la transformation alimentaire est de planifier les besoins d’opérationnalisation. Plus précisément, en ce qui concerne deux volets : l’automatisation des procédés et le développement des compétences requises pour maintenir et renforcer l’évolution technologique.
Certains organismes spécialisés ont pour mandat d’accompagner les entreprises dans ce cheminement et de proposer des solutions adaptées, entre autres pour le recrutement ou le développement de la main-d’œuvre, l’évaluation des procédés de fabrication ainsi que l’implantation d’outils numériques ou d’équipements robotisés.
Le réseau de la formation
Plusieurs processus en transformation alimentaire demandent une formation initiale ou continue pour développer les compétences nécessaires à l’emploi. De nombreux établissements d’enseignement offrent des programmes d’études professionnelles, collégiales ou universitaires en transformation alimentaire. La majorité d’entre eux possèdent un service de placement, proposent à leurs diplômés et futurs diplômés une journée carrière ou même un volet d’alternance travail-études. Toute entreprise a avantage à se faire connaître comme employeur de qualité auprès de ces établissements pour recruter des finissants formés selon les plus récentes technologies, mais aussi pour les embaucher comme stagiaires ou étudiants pendant leurs études. Cette expérience pourrait devenir le début d’une longue aventure professionnelle réussie.
Bien que les compétences techniques demeurent primordiales, une autre catégorie plus transversale et souvent négligée s’avère essentielle pour tirer son épingle du jeu en ces temps de mouvement. Il s’agit du développement de compétences en communication, en gestion du changement, en gestion des ressources humaines, en transfert numérique, en intelligence artificielle, etc. Certains établissements offrent de la formation continue adaptée aux besoins en entreprise pour les personnes déjà à l’emploi. Au-delà du développement des compétences, fournir une formation personnalisée à une équipe de travail renforce les liens et encourage la collaboration.
Lorsqu’il est question de formation des employés, cela implique nécessairement d’aménager l’horaire, surtout si la formation s’étale dans le temps. Toutefois, les avantages qui en découleront compenseront grandement les adaptations nécessaires. Le site Inforoute FPT est intéressant à consulter, car il répertorie les différents programmes de formation offerts en fonction des besoins de l’entreprise.
Les services et les programmes d’aide disponibles
Par sa boite à outils interactive, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale propose des stratégies pour maximiser les actions des entreprises en recrutement, en formation ainsi qu’en mobilisation des ressources humaines. Accessible et adapté aux besoins des organisations, ce service les guide quant aux options possibles.
Services Québec est la porte d’entrée des services gouvernementaux pour les citoyens et les entreprises. À travers ses différents programmes, ses mesures et ses outils accessibles en ligne, il offre un soutien pour les activités de planification et de recrutement de main-d’œuvre. Notamment, sa page Embauche et gestion de personnel se veut un accompagnement en ce qui concerne les quatre principales étapes d’embauche. D’autres mesures visent le développement des compétences en entreprise, pour les gestionnaires et la main-d’œuvre. Cela constitue une excellente façon d’amorcer le processus de formation continue et de conserver des employés fidèles.
Le site Web du Comité sectoriel de main-d’œuvre en transformation alimentaire (CSMOTA) regorge quant à lui d’outils pratiques et de renseignements utiles sur plusieurs sujets. Des conseillers épaulent les dirigeants en proposant des pistes de solutions en ressources humaines, des formations et de l’information pertinente pour l’industrie.
La Classification nationale des professions est le système national canadien qui décrit les professions. Les entreprises peuvent effectuer des recherches en ligne pour prendre connaissance des tâches principales, des conditions d’accès et d’autres renseignements utiles sur les postes à pourvoir qu’elles souhaitent afficher. Cet outil facilite la rédaction des offres d’emploi et aiguille sur les compétences requises ainsi que sur le niveau de responsabilité associé à un poste. Par exemple, la description d’emploi pour un boucher industriel (CNP 9462) ne sera pas la même que pour un boucher – commerce de gros ou de détail (CNP 6331).
Aujourd’hui, lorsque nous parlons de productivité, nous ne pouvons passer sous silence le virage numérique et technologique. Les solutions qui en découlent sont parfois plus complexes à intégrer sans les ressources humaines et les compétences adéquates. Une transition vers le numérique exige une métamorphose des pratiques de l’entreprise. Par exemple, celle-ci peut se doter d’un progiciel de gestion intégré (PGI) pour l’aider à mieux gérer les actions quotidiennes (finances, ressources humaines, marketing, achats, inventaires, distribution, etc.), de manière uniforme, en évitant les doubles saisies de mise à jour des données.
De plus, ces progiciels s’allient aux avancées technologiques qui permettent d’améliorer l’efficacité en contrôlant les équipements d’automatisation ou de robotisation. Pour ce faire, une adaptation de certains procédés de fonctionnement ou de fabrication est nécessaire. À titre d’exemple, une seule trieuse optique remplace plusieurs employés. Elle fonctionne plus rapidement et sans diminution de rendement durant huit heures consécutives. En outre, un tel système conçu en fonction des besoins de l’entreprise permet un fonctionnement flexible, efficace et plus efficient en éliminant les activités isolées pouvant dupliquer les efforts ou créer des écarts de processus.
Lorsqu’il est question de virage numérique, cela peut représenter des investissements importants et il est parfois difficile d’y voir clair. Plusieurs organismes, ainsi que les gouvernements provincial et fédéral, ont mis en place des programmes d’aide financière pour répondre aux besoins des entreprises de transformation alimentaire. Le soutien prend la forme de subvention ou de financement avantageux pour identifier les besoins de l’entreprise, évaluer l’ensemble de ses procédés et faciliter l’achat et l’implantation de différents équipements et technologies. En voici quelques exemples.
Le Programme canadien d’adoption du numérique aide les petites et moyennes entreprises (PME) à réaliser leur plein potentiel grâce à l’adoption des technologies numériques. Deux programmes sont disponibles, selon le besoin et la taille de l’entreprise.
Inno-centre accompagne les PME entre autres dans leurs stratégies de croissance et d’adaptation vers la transformation numérique et la robotisation. Des conseillers spécialisés définissent les défis et trouvent des solutions adaptées. Une entente permet aux entreprises de profiter des services d’Inno-centre à un tarif préférentiel lorsqu’elles sont mises en relation avec l’organisme par l’intermédiaire des conseillers régionaux en transformation alimentaire du MAPAQ. Ajoutons que ces derniers peuvent aussi faciliter la prise de décision des PME et les guider dans leur recherche d’aide financière.
Le site Web du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) de même que celui d’Investissement Québec sont des incontournables à consulter. Ils contiennent plusieurs guides, des outils de gestion utiles et des détails au sujet des différents programmes et mesures d’aide financière disponibles, dont les programmes Essor ou Productivité innovation. Le volet de la production est aussi considéré puisque sur le site du MEIE, dans la section Aménagement d’une usine, on retrouve des conseils appliqués pour améliorer le flux et les performances des postes de travail. Une autre partie du site, consacrée à la méthode 5S, explique comment standardiser les postes de travail pour avoir à portée de main ce qui est nécessaire pour effectuer les tâches.
Nous espérons que ces informations et ressources aiguilleront les entreprises agroalimentaires qui ont à cœur l’amélioration de leur productivité quant aux démarches à considérer. Il n’y a pas de petites actions. L’important, c’est de se mettre en mouvement.