Le Québec fait face à une transformation rapide de son système énergétique, marquée par une croissance soutenue de la demande liée à l’électrification des usages et au développement économique.
En 2022, la consommation finale d’énergie s’élevait à environ 496 TWh, dont 48 % reposaient sur des sources renouvelables, un atout enviable pour le Québec. Toutefois, environ 52 % de l’énergie consommée au Québec proviennent encore de combustibles fossiles importés, ce qui a une incidence sur la balance commerciale. Cette structure énergétique reflète à la fois l’importance des ressources locales, notamment des ressources naturelles telles que l’hydroélectricité, et une dépendance à des sources d’approvisionnement externes, comme le pétrole et le gaz naturel, pour répondre à certains besoins stratégiques.
Dans cette page :
Portrait de la consommation énergétique du Québec
Le bouquet énergétique du Québec repose sur des sources renouvelables et fossiles. En 2022, les énergies renouvelables représentaient 48 % de la consommation finale. L’électricité en fournissait 41 % et constituait un avantage économique majeur en raison de sa fiabilité et de ses coûts compétitifs.
Les bioénergies représentent quant à elles environ 7 % de la consommation finale d’énergie au Québec. Elles proviennent principalement de biocombustibles :
solides (p. ex., granules de bois ou bois de chauffage);
liquides (p. ex., éthanol);
gazeux (p. ex., gaz naturel renouvelable).
Les énergies fossiles demeurent toutefois prépondérantes et représentent 52 % de la consommation finale, principalement sous forme de produits pétroliers (37 %), utilisés surtout dans le transport, et de gaz naturel (14 %), qui joue un rôle complémentaire, notamment en période de pointe hivernale.
Consommation finale d’énergie par forme d’énergie en 2022
Origine des sources énergétiques
L’approvisionnement énergétique du Québec repose sur un équilibre entre production locale et importations. En 2022, 42 % de l’énergie disponible au Québec provenait de la production locale, tandis que 58 % de l’énergie était issue des importations.
L’hydroélectricité domine les sources locales et constitue un atout stratégique en matière de sécurité énergétique.
Du côté des importations, le pétrole demeure la principale source d’approvisionnement et représente environ le tiers de l’approvisionnement énergétique total, suivi du gaz naturel. Ces sources demeurent essentielles à ce jour pour répondre à des besoins, notamment dans les secteurs du transport et de l’industrie, ainsi que pour le chauffage des grands bâtiments par temps froid. Le Québec dispose par ailleurs d’infrastructures de raffinage qui permettent de transformer le pétrole brut, qui provient entièrement du Canada et des États-Unis, en produits pétroliers et d’assurer l’approvisionnement du territoire en carburants. Une part plus modeste provient également du propane, du charbon et de l’électricité importée.
Disponibilité des sources d’énergie primaires du Québec, 2022
Approvisionnement électrique
En 2022, l’approvisionnement électrique du Québec reposait principalement sur l’hydroélectricité, qui représentait la majeure partie de la production d’électricité. L’énergie éolienne occupait le deuxième rang, en complément d’autres sources de production. À cette production locale s’ajoutaient les échanges d’électricité avec les marchés voisins : les importations ont totalisé 34 TWh, tandis que les exportations ont atteint 36 TWh. En tenant compte de l’ensemble de ces apports, l’approvisionnement électrique total du Québec s’élevait à 217 TWh en 2022.
Le réseau électrique québécois, l’un des plus vastes en Amérique du Nord, comprend plus de 34 900 km de lignes de transport à haute tension et quelque 539 postes de transformation. Il est interconnecté avec les réseaux voisins, notamment ceux :
de l’Ontario;
des Maritimes;
du nord-est des États-Unis.
Ces interconnexions contribuent à la flexibilité du système électrique québécois et permettent au Québec de participer aux marchés d’échange d’électricité avec les provinces et les États voisins.
La distribution de l’électricité s’effectue au moyen d’un réseau de près de 230 000 km de lignes électriques à moyenne et basse tension.
Position du Québec sur la scène internationale
Le Québec se distingue sur la scène internationale par la place importante qu’occupent les énergies renouvelables dans son bouquet énergétique. Cette situation s’explique principalement par l’importance de l’hydroélectricité.
Grâce à l’abondance de ses ressources hydrauliques, le Québec se classait au quatrième rang mondial pour sa puissance hydroélectrique installée, qui atteignait 40,9 GW en 2022. La majeure partie de cette production est assurée par Hydro-Québec, mais également par des autoproducteurs et des producteurs privés indépendants.
Historiquement, cette abondance d’électricité a procuré au Québec un avantage comparatif à l’échelle internationale. Au fil de la croissance économique de la province, cette ressource a favorisé l’implantation et le développement d’industries énergivores, ce qui contribue à la place centrale qu’occupe l’électricité dans l’économie québécoise. Cette structure industrielle place aujourd’hui le Québec parmi les plus grands consommateurs d’électricité par habitant au monde, avec une consommation moyenne de 50 MWh par habitant par année, suivi de l’Islande et de la Norvège, dont la consommation moyenne se situe autour de 44 MWh par habitant par année.