Portrait général de l'industrie des technologies de l'information et des communications

Aperçu de l'industrie des technologies de l'information

Faits saillants en 2024 - Technologies de l’information et des communications (SCIAN 3341, 3342, 3343, 3344, 3346, 4173, 5132, 517, 518, 5415 et 8112)
Indicateurs202320242023 à 2024
Nombre d’entreprises avec employés9 8409 819 
 
-0,2 %
Nombre d’emplois183 848180 933-1,5 %
Revenu154,17 G$55,57 G$2,6 %
PIB réel ($ enchaînés de 2017)126,90 G$27,03 G$0,5 %
Rémunération annuelle193,78 k$99,57 k$6,2 %
Investissement en R-D12,37 G$2,86 G$5,4 %
Exportations internationales des TIC112,97 G$13,13 G$1,3 %
Capital de risque658 M$1,02 G$55,0 %

1. Inclut des estimations du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.

Sources : Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec et Aperçu du marché québécois du capital de risque et du capital de développement T4 2024, Réseau Capital et Canadian Venture Capital and Private Equity Association (CVCA).

L’industrie québécoise des technologies de l’information et de la communication (TIC) regroupe près de 180 933 travailleurs et génère des revenus de près de 55,6 milliards de dollars, en plus d’être la source d’investissements avoisinant les 2,9 milliards de dollars par année en recherche et développement (R D).

Cette industrie contribue de manière importante au produit intérieur brut (PIB) québécois. En effet, le PIB de ce secteur représentait un total de 27,03 G$ (dollars enchaînés de 2017) en 2024, soit 6,2 % du PIB québécois.

Depuis 2019, la croissance annuelle moyenne de l’industrie des TIC a été plus forte que celle de l’ensemble de l’économie. Pendant cette période, ce secteur a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,74 % comparativement à 1,52 % pour l’ensemble de l’économie du Québec.

L’industrie des TIC occupe une place prépondérante dans l’économie québécoise. Elle contribue à positionner le Québec parmi les leaders mondiaux dans plusieurs secteurs d’activité :

  • l’infonuagique;
  • le jeu vidéo;
  • l’intelligence artificielle.

Ce positionnement avantageux du Québec a attiré de nombreux investissements d’entreprises de grande envergure telles que :

  • Ubisoft;
  • Google;
  • Microsoft.

Forces de l'industrie québécoise des TIC

L’industrie des TIC a été désignée comme l’un des principaux secteurs à soutenir afin de réussir le virage vers l’industrie du savoir.

Le Québec a ainsi mis en place une série de mesures visant à développer cette industrie d’avenir. Ces différentes mesures agissent sur de multiples facteurs :

  • La main-d’œuvre, car le Québec demeure un emplacement de choix pour les entreprises étrangères en raison de l’expertise et de la créativité de sa main‑d’œuvre. Il possède un avantage réel pour les activités de R‑D et de création;
  • Des infrastructures de recherche privées et publiques importantes, grâce à la présence au Québec d’une masse critique d’entreprises du secteur et à des investissements récurrents du gouvernement du Québec dans divers centres de recherche et de transfert spécialisés en TIC, notamment ceux-ci :
    • Centre de collaboration MiQro Innovation (C2MI),
    • Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM),
    • Centre R‑D pour la défense Canada‑Valcartier (RDDC‑Valcartier),
    • Consortium de recherche PROMPT,
    • Institut national d’optique (INO),
    • Société des arts technologiques (SAT),
    • Plusieurs centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) très spécialisés;
  • La présence d’établissements d’enseignement et de centres de recherche universitaires ayant des programmes de qualité, et celle d’un solide réseau de formation collégiale et universitaire dans des créneaux de pointe diversifiés, notamment l’IVADO de l’Université de Montréal et le CIM (Centre for Intelligent Machines) de l’Université McGill, tous deux spécialisés en intelligence artificielle;
  • Des mesures fiscales avantageuses, notamment les crédits d’impôt à la R‑D, le crédit d’impôt pour la recherche précompétitive en partenariat privé, le crédit d’impôt pour la production de titres multimédias (CTMM), le crédit d’impôt pour le développement des affaires électroniques (CDAE) et le congé fiscal pour le traitement et l’hébergement de données (congé d’impôt pour les investissements : C2I);
  • Des coûts compétitifs d’implantation et d’exploitation des entreprises au Québec. L’agglomération de Montréal se classe au premier rang des 20 plus grandes métropoles nord-américaines pour la compétitivité des coûts d’exploitation, selon Montréal International, en matière de salaires, de loyer commercial et de coût de l’énergie.

Les TIC – effet stratégique et transformateur de l’économie

Les progrès accomplis dans l’industrie des TIC sont considérés comme indispensables pour innover, améliorer la compétitivité de l’économie du Québec, accroître la productivité des entreprises et atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Les TIC sont devenues une partie intégrante du mode de fonctionnement des entreprises et de la société en général. En effet, leur large utilisation influe profondément sur :

  • la manière de gérer les entreprises;
  • la façon dont les entreprises organisent leurs communications internes et externes;
  • le partage des informations avec des partenaires commerciaux;
  • le partage de plans ou documents avec les clients et les fournisseurs.

Des moteurs de changement

Les TIC sont maintenant considérées comme des technologies transformatrices et perturbatrices et comme des moteurs de changement. Elles ont en effet une influence sur l’économie du Québec, sur le marché du travail, et sur la nature des compétences recherchées maintenant et dans l’avenir.

L’adoption des nouvelles technologies a mené à l’élaboration de nouveaux modèles d’affaires :

  • Les progiciels de gestion ont ouvert la voie à la numérisation des entreprises et des organisations;
  • L’infonuagique a rendu possible un paiement à l’usage;
  • Les mégadonnées (big data) ont permis de mieux rejoindre, de mieux cibler et de mieux fidéliser la clientèle;
  • L’Internet des objets a permis de rendre les objets et les dispositifs plus intelligents.

Les progrès réalisés dans les domaines de la robotique, de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et de l’apprentissage machine marquent le début d’une nouvelle ère technologique et créent d’importantes opportunités de croissance. Une intégration optimale de ces technologies favorise plus de transformation, et peut aider une entreprise :

  • à devenir une plateforme d’un écosystème, comme Apple et Uber;
  • à développer un nouveau marché, comme Google avec le Google Car.

Les industries émergentes de l’informatique et des communications axées sur les technologies quantiques

Sur quoi reposent les technologies quantiques?

À l’échelle atomique et subatomique, la matière se comporte différemment qu’à l’échelle macroscopique : elle suit les lois de la physique quantique Lire le contenu de la note numéro 1 .

Ces comportements, aux propriétés quantiques uniques Lire le contenu de la note numéro 2 , ont été découverts il y a une centaine d’années. Leur compréhension a permis d’inventer des technologies, comme les transistors et les lasers, et de créer les grandes industries de la microélectronique, de la photonique et des télécommunications.

Récemment, des avancées significatives en matière de manipulation et de contrôle des propriétés quantiques ont suscité l’apparition de nouvelles disciplines, telles que l’ informatique quantique Lire le contenu de la note numéro 3 et les communications basées sur la cryptographie quantique Lire le contenu de la note numéro 4 . Ces dernières promettent d’être innovantes et d’avoir des retombées considérables sur l’économie québécoise.

L’industrie de l’informatique quantique au Québec

Relativement nouvelle, l’industrie de l’informatique quantique québécoise compte seulement une dizaine d’entreprises. Celles-ci proposent diverses solutions logicielles et matérielles, telles que :

  • des processeurs quantiques (parties d’ordinateur);
  • des ordinateurs quantiques complets;
  • des algorithmes de calcul sur des ordinateurs quantiques;
  • des émetteurs pour la cryptographie quantique.

Le Québec possède une expertise reconnue en informatique quantique et en cryptographie quantique. La maturité des industries québécoises en matière de photonique, de matériaux de pointe et de microélectronique contribue également au développement du domaine des technologies quantiques au Québec.

Le développement et le potentiel du marché

L’émergence récente du marché de l’informatique quantique rend ses valeurs actuelles et futures difficiles à évaluer avec précision. Les conclusions des études à ce sujet sont variables. Cependant, on anticipe qu’il pourrait avoir des répercussions très importantes sur l’économie, valant plusieurs milliards de dollars dans les années à venir.

Selon une étude de la firme Yole, ce marché était évalué (équipements, logiciels et services y compris) à 33 millions de dollars américains en 2020 et atteindra 1,9 milliard de dollars américains en 2030, suivant une croissance annuelle moyenne de 50 %. La firme Marketandmarkets l’estime plutôt à 474 millions de dollars américains en 2021 et indique qu’il devrait croître à un taux annuel moyen de 30 %, pour s’établir à 1,76 milliard de dollars américains en 2026.

Ce marché, considéré comme hautement compétitif, comprend notamment des entreprises canadiennes telles que D-Wave et Xanadu ainsi que des entreprises américaines comme IBM, Google, IonQ et Rigetti Computing.

Quelques applications de l’informatique quantique

La simulation de systèmes réels quantiques Lire le contenu de la note numéro 5 (atomes, molécules) sera rendue possible grâce à l’informatique quantique. Ces simulations, qui exigent une énorme puissance de calcul excédant celle des ordinateurs classiques, permettront d’importantes avancées dans les secteurs :

  • de la santé (développement de médicaments et de vaccins);
  • de la chimie (développement de nouveaux matériaux);
  • du transport (optimisation des services et de la logistique);
  • manufacturier (optimisation de la chaîne d’approvisionnement, de la production et de la distribution).

Le décryptage de l’information bénéficiera également de la puissance de l’informatique quantique. Puisqu’il sera possible de décoder en très peu de temps les protocoles de chiffrement de données actuels, la plupart des méthodes utilisées pour rendre les communications sécurisées deviendront obsolètes. Cela aura des répercussions majeures sur plusieurs secteurs économiques (finances, commerce, etc.) ainsi que stratégiques (sécurité, défense, etc.) et, par le fait même, sur les entreprises et les gouvernements.

Nos sociétés devront alors envisager la cryptographie quantique comme solution pour crypter les communications, afin qu’elles demeurent sécuritaires. Plusieurs considèrent que l’avenir des communications sécurisées reposera sur ces techniques et les réseaux de communication qui en feront usage.

Le marché de la cryptographie quantique offre donc un fort potentiel de développement. La firme Yole indique que ce dernier était évalué à 84 millions de dollars américains en 2020 et qu’il connaîtra une croissance annuelle moyenne de 25 % au cours des dix prochaines années, atteignant 786 millions de dollars américains en 2030. La firme MarketsandMarkets estimait sa valeur à 89 millions de dollars américains en 2019 et estime qu’il affichera une croissance annuelle moyenne de 19 % durant les cinq prochaines années, pour s’établir à 214 millions de dollars américains en 2025.

  • Note de bas de page numéro 1
    Le qualificatif « quantique » provient de la théorie des quanta, selon laquelle l’énergie rayonnante (la lumière) a, comme la matière, une nature discontinue. À la base de la physique moderne, cette théorie a révolutionné notre compréhension du monde.En physique, on qualifie de « quantique » le comportement de systèmes à l’échelle atomique et subatomique. À ces très petites échelles, les entités telles que les atomes, les électrons et les photons présentent des caractéristiques particulières (quantiques), qui n’existent pas dans le monde macroscopique (classiques). Retour à la référence de la note numéro 1
  • Note de bas de page numéro 2
    À titre d’exemple, la dualité onde-particule de la matière et de la lumière ainsi que l’enchevêtrement des états d’un système de particules font partie de ces propriétés. Retour à la référence de la note numéro 2
  • Note de bas de page numéro 3
    Informatique quantique: Domaine de l’informatique dans lequel on utilise le bit quantique (qbit) comme unité de base de l’information. L’informatique est une discipline qui s’intéresse à tous les aspects, tant théoriques que pratiques, liés au traitement automatique de l’information, à la conception, à la programmation, au fonctionnement et à l’utilisation des ordinateurs. Retour à la référence de la note numéro 3
  • Note de bas de page numéro 4
    Cryptographie quantique : Cryptographie (ensemble des principes et techniques permettant le chiffrement et le déchiffrement des données afin d’en préserver la confidentialité et l’intégrité) qui utilise le principe de superposition ou l’intrication quantique comme moyen de protéger l’échange d’une clé.  Retour à la référence de la note numéro 4
  • Note de bas de page numéro 5
    David Deutsch and Artur Ekert, « Beyond the Quantum Horizon », Scientific Americain, 2013. Retour à la référence de la note numéro 5

Dernière mise à jour : 3 février 2026