Biographies des récipiendaires — Conseillers en loi de l’État — Cérémonie 2026

Sonia LeBel (octobre 2018-juin 2020)

Madame la ministre Sonia Lebel est inscrite pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1991.

Avocate et procureure en chef de la commission Charbonneau, elle est élue députée de Champlain le 1er octobre 2018 et réélue en 2022.

Elle est ministre de la Justice et procureure générale du Québec d’octobre 2018 à juin 2020.

À ce titre, elle crée notamment le Comité d’experts sur l’accompagnement des personnes victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale, qui a déposé le rapport Rebâtir la confiance. Celui-ci contient 190 recommandations pour améliorer l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle.

Elle lance également une vaste consultation panquébécoise pour réformer le droit de la famille. Son équipe parcourt ainsi 11 régions en 3 mois pour recueillir l’opinion des Québécoises et Québécois sur les questions cruciales que soulève le droit de la famille.

Durant son mandat, elle dépose le projet de loi 55, Loi modifiant le Code civil pour notamment rendre imprescriptibles les actions civiles en matière d’agression à caractère sexuel, de violence subie pendant l’enfance et de violence conjugale, qui est finalement adopté à l’unanimité.

Elle conclut une première entente historique avec le gouvernement fédéral pour accroître la participation du Québec dans le choix des juges québécois siégeant à la Cour suprême du Canada.

Elle est également à l’origine de la Loi visant principalement à favoriser l’efficacité de la justice pénale et à établir les modalités d’intervention de la Cour du Québec dans un pourvoi en appel, qui a entraîné des modifications substantielles au Code de procédure pénale : utilisation accrue des moyens technologiques, introduction de mesures tenant compte de la situation sociale de certains défendeurs et mécanismes visant à réduire les délais judiciaires et à éviter les arrêts de procédure.

Stéphanie Vallée (avril 2014-octobre 2018)

Madame la ministre Stéphanie Vallée est inscrite pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1995.

Avocate et médiatrice familiale accréditée, elle est élue députée de Gatineau en 2007 et réélue en 2008, en 2012 et en 2014.

Elle est ministre de la Justice d’avril 2014 à octobre 2018.

À ce titre, elle fait notamment adopter la Loi apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes, une initiative marquante en matière de sécurité publique et de maintien de l’ordre démocratique.

Suivant les travaux de la commission Charbonneau, elle fait adopter la Loi visant principalement la récupération de sommes payées injustement à la suite de fraudes ou de manœuvres dolosives dans le cadre de contrats publics, y compris le Programme de remboursement volontaire, qui a permis aux municipalités de récupérer plus de 90 M$.      

Elle fait inscrire nommément dans la Charte québécoise des droits et libertés l’interdiction de discriminer en fonction de l’identité ou de l’expression du genre.

Elle modernise les règles d’adoption, notamment pour favoriser les retrouvailles entre une personne adoptée et sa famille d’origine grâce à l’adoption de la Loi modifiant le Code civil et d’autres dispositions législatives en matière d’adoption et de communication de renseignements.

Elle présente également un important plan ministériel visant la réduction des délais judicaires en réponse à l’arrêt Jordan.

Elle modernise la gouvernance des ordres professionnels prévue au Code des professions et met de l’avant la mission de protection du public.

Elle pilote par ailleurs l’ouverture de nouveaux centres de justice de proximité afin que davantage de régions au Québec soient desservies.

Bertrand St-Arnaud (septembre 2012-avril 2014)

Monsieur le ministre Bertrand St-Arnaud est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1983.

Avocat spécialisé en droit criminel, il est élu député de Chambly en 2008 et réélu en 2012.

Il est ministre de la Justice de septembre 2012 à avril 2014.

À ce titre, il orchestre plusieurs réformes structurantes, dont une augmentation historique des seuils d’admissibilité à l’aide juridique en liant le seuil d’admissibilité au salaire minimum, s’assurant ainsi qu’une personne travaillant à temps plein au salaire minimum a accès gratuitement à un avocat.  

Il assure également un meilleur accès au programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels.

Il présente le projet de loi 61 visant à récupérer l’argent payé en trop lors de contrats publics dans le secteur de la construction.

Il est aussi à l’origine de l’adoption d’un nouveau code de procédure civile.

Jean Marc Fournier (août 2010-septembre 2012)

Monsieur le ministre Jean-Marc Fournier est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1982.

Élu député de Châteauguay en 1994, il est réélu en 1998, en 2003 et en 2007.  

Il est élu député de Saint-Laurent de 2010 à 2018.

Il est ministre de la Justice d’août 2010 à septembre 2012.

À ce titre, il met en place le Fonds Accès Justice, une initiative visant à améliorer la compréhension du droit et à renforcer l’accessibilité du système judiciaire. Encore aujourd’hui, ce fonds permet de financer diverses initiatives en matière d’accès à la justice.

Il fait adopter la nouvelle procédure de nomination des juges, renforçant la transparence, l’indépendance et l’intégrité du processus.

Il crée également le Service administratif de rajustement des pensions alimentaires pour enfants, qui met en place un mécanisme novateur réduisant la judiciarisation en droit familial et permettant de réviser les pensions alimentaires sans recourir aux tribunaux.

Il met sur pied un comité d’experts juridiques pour encadrer la pratique de l’aide médicale à mourir.

Il conclut par ailleurs une entente avec son homologue français, créant ainsi un groupe de travail franco-québécois de coopération juridique et judiciaire afin d’échanger sur les meilleures pratiques en la matière.

Kathleen Weil (décembre 2008-août 2010)

Madame la ministre Kathleen Weil est inscrite pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1983.

Élue députée de Notre Dame de Grâce en 2008, elle est réélue en 2012, en 2014 et en 2018.

Elle est ministre de la Justice de décembre 2008 à août 2010.

À ce titre, elle réalise une réforme de l’aide juridique afin d’encadrer le financement public des services juridiques dans les procès longs et complexes.

Elle présente également le projet de loi 94, Loi établissant les balises encadrant les demandes d’accommodement dans l’Administration gouvernementale et dans certains établissements.

Elle pilote par ailleurs la première mouture de la Politique québécoise de la lutte contre l’homophobie.

Jacques P. Dupuis (avril 2004-février 2005; avril 2007-décembre 2008)

Monsieur le ministre Jacques P. Dupuis est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1974.

Il est élu député de Saint Laurent en 1998 et réélu en 2003, en 2007 et en 2008.

Il occupe à deux reprises les fonctions de ministre de la Justice, alors qu’il exerce ce rôle une première fois d’avril 2004 à février 2005, puis de nouveau d’avril 2007 à décembre 2008.

À ce titre, il propose une modification du Code de procédure civile pour contrer les poursuites abusives visant à faire taire la participation publique et à protéger ainsi les victimes de poursuites-bâillons.

Il défend par ailleurs l’intégrité et la tradition du droit civil au Québec en refusant l’arbitrage et la médiation sur une base religieuse en matière de famille et d’ordre public.

Yvon Marcoux (février 2005-avril 2007)

Monsieur le ministre Yvon Marcoux, avocat à la retraite, est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1964.

Il est élu député de Vaudreuil de 1998 à 2014.

Il est ministre de la Justice et procureur général du Québec de février 2005 à avril 2007.

À ce titre, il pilote plusieurs mesures législatives importantes, notamment la création de la charge de Directeur des poursuites criminelles et pénales.

En matière de justice administrative, il améliore les règles de fonctionnement du Tribunal administratif du Québec et établit l’indépendance de ses membres.

Il renforce la protection des consommateurs et encadre les transactions commerciales électroniques.

Il permet aussi la résiliation de bail pour les victimes de violence conjugale, élargit l’admissibilité à l’indemnisation pour les victimes d’actes criminels et facilite l’accès à des services de réadaptation psychologique pour leurs proches.

Il augmente également les seuils d’admissibilité à l’aide juridique.

Marc Bellemare (avril 2003-avril 2004)

Monsieur le ministre Marc Bellemare est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1979.

Il est élu député de Vanier en 2003.

Il est ministre de la Justice d’avril 2003 à avril 2004.

À ce titre, il entreprend une réforme du programme d’indemnisation des victimes afin de leur permettre d’exercer des recours devant les tribunaux civils. Il fait adopter la Loi modifiant le Code civil et le Code de procédure civile en matière de fixation de pensions alimentaires pour enfants en vue principalement d’assurer une plus grande égalité de traitement entre tous les enfants. Il assume également la responsabilité de l’application des lois professionnelles, ajoutée à son portefeuille de la Justice.

Normand Jutras (octobre 2002-avril 2003)

Monsieur le ministre Normand Jutras est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1972.

Il est élu député de Drummond en 1994 et réélu en 1998 et en 2003.

Il est adjoint parlementaire à la ministre de la Justice de janvier 1999 à décembre 2001. Il est ministre de la Justice et procureur général du Québec d’octobre 2002 à avril 2003.

À ce titre, il accorde une importance particulière à la consolidation et au développement des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels. Il fait notamment adopter la Loi modifiant le Code de procédure pénale permettant l’établissement d’une suramende pénale afin d’augmenter le financement des CAVAC et d’ainsi contribuer à l’amélioration de l’accessibilité des services offerts à travers le Québec. Il crée également de nouveaux CAVAC, dont celui de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et celui du Centre-du-Québec.

Paul Bégin (septembre 1994-août 1997; mars 2001-octobre 2002)

Monsieur le ministre Paul Bégin est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1969.

Il est élu député de Louis Hébert en 1994 et réélu en 1998.

Il est ministre de la Justice une première fois de septembre 1994 à août 1997, puis reprend ses fonctions de mars 2001 à octobre 2002.

À ce titre, il entreprend plusieurs réformes majeures, dont la réforme de l’aide juridique, la transformation de la justice administrative et le renforcement du cadre de l’éthique publique. Il tient également une vaste consultation publique sur l’union des conjoints de même sexe et institue l’union civile, permettant la reconnaissance légale des couples de même sexe.

Il favorise aussi la médiation dans les procédures en matière familiale, grâce à l’adoption de la Loi instituant au Code de procédure civile la médiation préalable en matière familiale et modifiant d’autres dispositions de ce code.

À titre de procureur général du Québec, il est engagé dans le dossier important Multani c. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, dans lequel le gouvernement du Québec s’oppose au port du kirpan à l’école pour des raisons de sécurité.

Linda Goupil (décembre 1998-mars 2001)

Madame la ministre Linda Goupil est inscrite pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1986.

Elle est élue députée de Lévis en 1998.

Elle est ministre de la Justice, procureure générale du Québec et ministre de la Condition féminine de décembre 1998 à mars 2001, devenant ainsi la première femme à exercer ces fonctions au Québec.

À ce titre, elle pilote plusieurs dossiers structurants, notamment en matière d’accès à la justice, d’évolution des principes du droit et de condition féminine.

En 2001, elle met en place et coordonne la première politique gouvernementale des orientations en matière d’agressions sexuelles. Elle procède en outre à la modification de plusieurs lois et règlements qui comportent une définition du concept de conjoint de fait pour que les unions de fait soient reconnues sans égard au sexe des personnes.

Elle travaille aussi activement à l’implantation du programme de médiation familiale gratuite au Québec pour les parents avec enfants à charge, en plus d’être à l’origine d’une modernisation du système professionnel québécois, dont la création de l’Ordre des sages-femmes du Québec, en 1999.

Roger Lefebvre (janvier 1994-septembre 1994)

Monsieur le ministre Roger Lefebvre est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1968.

Élu député de Frontenac en 1985, il est réélu en 1989 et en 1994.  

Il est ministre de la Justice et ministre délégué à la Réforme électorale de janvier à septembre 1994.

À ce titre, il supervise les dossiers liés à la réforme électorale et assure les premiers mois de transition et d’application du nouveau Code civil du Québec, entré en vigueur le 1er janvier 1994.

Il procède également à des modifications du Code de procédure civile afin de réduire les délais judiciaires et d’améliorer l’efficacité des tribunaux.

Il annonce en outre des investissements importants dans les infrastructures judiciaires, notamment la Chambre de la jeunesse à Montréal.

Il est le principal porte-parole de la position québécoise lors de la Conférence fédérale-provinciale-territoriale, en 1994, sur la justice des jeunes et la protection de la jeunesse.

Gil Rémillard (juin 1988-janvier 1994)

Monsieur le ministre Gil Rémillard est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1969.

Il est élu député de Jean Talon en 1985 et réélu en 1989.

Il est ministre de la Justice de juin 1988 à janvier 1994.

À ce titre, il pilote la réforme majeure du Code civil du Québec, entrée en vigueur le 1er janvier 1994, modernisant en profondeur le droit civil. Il mène aussi la réforme législative ayant conduit à la création du Tribunal des droits de la personne.

En 1992, il convoque un sommet de la justice visant à réunir les acteurs du milieu de la justice pour établir de nouvelles orientations et des moyens concrets d’améliorer le fonctionnement judiciaire.

Il joue également un rôle de premier plan dans les négociations constitutionnelles des années 1990, veillant notamment à l’intégrité du Code civil du Québec et au respect des compétences constitutionnelles québécoises.

Pierre Marc Johnson (mars 1984-octobre 1985)

Monsieur le premier ministre Pierre Marc Johnson est inscrit pour la première fois au Tableau du Barreau du Québec en 1971.

Il est élu député d’Anjou en 1976 et réélu en 1981 et en 1985.  

Il est ministre de la Justice de mars 1984 à octobre 1985.

À ce titre, il pilote notamment la création de l’Ordre national du Québec en 1984 et assure la gestion des affaires juridiques de l’État. Il amorce la réforme du Code civil à venir en présentant le projet de loi 20, Loi portant réforme au Code civil du Québec du droit des personnes, des successions et des biens.  

Devenu premier ministre le 3 octobre 1985, il négocie entre autres avec le gouvernement fédéral les conditions de participation du Québec aux futurs sommets de la Francophonie, afin de rehausser le statut international du Québec.

Dernière mise à jour : 22 avril 2026