Récipiendaires honorés en 2024 pour les actes de 2021 et 2022

Le 17 septembre 2024, le gouvernement du Québec a rendu hommage à 20 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu’elles ont accomplis au cours de l’année 2021 et 2022.

La cérémonie du prix Hommage au civisme s’est tenue à l’agora de l’Assemblée nationale du Québec. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Simon Jolin-Barrette.

Le ministre a alors remis 9 médailles du civisme et 11 mentions d’honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun et chacune des 20 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés à l’occasion de la 36e édition de la cérémonie Hommage au civisme ont été regroupés par région.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d’un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du ou de la récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Région de la Capitale-nationale

Jacques Côté, Lac-Saint-Charles

Le 6 avril 2022, à Lac-Saint-Charles, Jacques Côté aperçoit par la fenêtre son voisin, une barre de métal à la main. Il est très agressif et a déjà frappé plusieurs voitures. Il est dans un état psychotique et il est connu pour sa santé mentale instable. L’homme en crise commence à s’en prendre à sa voisine, qui se trouve dans sa voiture. Il la menace de mort en frappant son véhicule avec sa barre de métal.

Jacques Côté sort alors de chez lui pour tenter de venir en aide à sa voisine et neutraliser l’assaillant. Ce dernier le prend plutôt pour cible et lui assène une soixantaine de coups de barre. Notre candidat s’effondre dans la rue. À leur arrivée, les policiers arrêtent l’agresseur et ne peuvent que constater le décès de Jacques Côté. L’accusé sera reconnu non criminellement responsable, en raison de ses troubles mentaux.

M. Benoît Bilodeau, de Québec

Le 3 septembre 2021 au soir, peu avant d’aller se mettre au lit, M. Benoît Bilodeau entend des bruits tout près de sa maison. Il va vérifier. En sortant par la porte de côté de sa maison, il constate que son voisin immédiat est en train de frapper très violemment sa conjointe qui gît au sol, ensanglantée. Après avoir demandé à sa femme d’appeler le 911, M. Bilodeau se précipite sur son voisin, qui est armé d’un couteau, et tente de l’immobiliser. Il parvient à maintenir les bras de son voisin dans son dos et à le faire se lever.

Ayant appris à intervenir dans des situations de crise, M. Bilodeau parle à l’agresseur pour l’apaiser et l’amène à l’écart, sur son balcon. Il garde cependant son emprise physique sur lui pour éviter qu’il ne se sauve ou retourne agresser sa conjointe. Pendant ce temps, Mme Bilodeau va dans la maison des voisins prendre soin des filles du couple, âgées de 4 et 6 ans. Une infirmière qui passait par hasard prend soin de la voisine, toujours étendue au sol, en attendant les secours.

Région du Centre-du-Québec

M. Benoit Richard, de Bécancour

Dans la nuit du 5 avril 2021, Benoit Richard est réveillé brusquement par un bruit sourd. Il aperçoit par la fenêtre un véhicule qui a fait une sortie de route. Il se rend sur les lieux en camionnette, pour éclairer la scène de l’accident. M. Richard constate alors que le véhicule a sectionné un poteau d’Hydro-Québec, a subi un violent capotage, puis a terminé sa course sur le côté, dans le fossé. Il retourne chez lui demander à sa conjointe d’appeler le 911, avant de se rediriger vers le véhicule accidenté. Le jeune conducteur est inconscient.

Le capot commence à s’embraser. M. Richard utilise un extincteur, mais le feu ne s’éteint pas. Il mouille alors son chandail dans l’eau du fossé et le met sur le visage et la tête du conducteur qui commence à se réveiller. Comme l’incendie prend de l’ampleur, M. Richard saisit le conducteur par les bras pour l’extirper du véhicule, mais ses jambes sont coincées sous le tableau de bord.

En bougeant un peu, le conducteur parvient à se dégager et M. Richard peut le sortir et l’éloigner à une distance sécuritaire du véhicule. Quelques instants plus tard, la voiture flambe complètement et les ambulanciers emmènent le jeune conducteur, sain et sauf.

Région de l’Estrie

Mme Thérèse Fournier, de Granby

Le 20 janvier 2021, Thérèse Fournier visite Marcel Goulet, son ex-conjoint. Elle est devenue son aidante naturelle, puisqu’il se déplace en fauteuil roulant. Alors qu’elle lui apporte des repas, elle voit de la fumée s’échapper de la porte-patio de M. Goulet et entend un grondement sourd. En s’approchant, elle constate que M. Goulet s’est projeté sur son balcon et que son fauteuil est renversé à l’intérieur de son logement. Comme le balcon est au rez-de-chaussée, Mme Fournier enjambe le garde-corps pour le rejoindre. Elle appelle à l’aide. Le feu gagne en intensité et fait éclater la porte-patio.

Les flammes atteignent maintenant M. Goulet à différents endroits de son corps. Mme Fournier enlève alors son manteau pour tenter d’éteindre les flammes. Au bout de quelques minutes, les pompiers arrivent enfin, mais font savoir à Mme Fournier qu’ils doivent attendre l’autorisation de leurs supérieurs avant d’intervenir. Mue par l’adrénaline, Mme Fournier soulève le corps de son ami pour l’approcher du garde-corps. Un homme vient alors l’aider à faire basculer M. Goulet dans la neige, toujours la proie des flammes. Mme Fournier et M. Goulet sont ensuite transportés au Centre hospitalier de Granby.

M. Goulet décède la journée même en raison de l’importance de ses brûlures.

Région de la Montérégie

M. Bruce Lapointe, de Verchères

Le matin du 23 mai 2021, Bruce Lapointe s’apprête à pêcher sur la rive de la rivière Richelieu, en compagnie de ses fils Gabryel, 11 ans, et Benjamin, 10 ans. Ils s’arrêtent à leur endroit habituel, un quai situé dans un parc de la rue Richelieu.

C’est alors que Benjamin remarque qu’un homme se trouve dans l’eau, qui est très froide et sale, à environ 20 mètres de la rive. M. Lapointe appelle l’homme à plusieurs reprises pour voir s’il a besoin d’aide, mais l’homme ne répond pas. M. Lapointe confie alors son téléphone à ses garçons, convaincu qu’ils seraient en mesure d’appeler le 911 si la situation tournait mal. Arrivé à la rivière, il constate que l’homme est habillé et qu’il cale dans l’eau par moments. Gardant lui aussi ses vêtements, il nage vers l’homme qui dérive lentement.

Parvenu près de la victime, M. Lapointe remarque que l’homme est plus ou moins conscient, mais il est très calme et collaboratif. M. Lapointe le saisit doucement par les épaules et nage sur le dos en le poussant vers la rive.

Pendant ce temps, les deux garçons appellent le 911. M. Lapointe et l’homme sortent sains et saufs de la rivière et attendent les secours.

Région de Montréal

Francis Minville, de Montréal

Francis Minville se trouve au Festival de musique du Bout du Monde de Gaspé. Dans la nuit du 12 au 13 août 2022, Francis se promène sur le bord d’une rivière, à proximité du site du festival, avec une jeune fille qu’il a rencontrée ce soir-là. Soudain, ils entendent un bruit étrange provenant de la rivière. Ils constatent qu’il s’agit d’une personne en détresse dans l’eau. Sans hésiter, Francis retire ses vêtements, se jette à l’eau pour la secourir et demande à la jeune fille d’appeler les secours.

Comme il fait très noir, Francis se guide au son jusqu’à la victime, Victor, un jeune homme de 19 ans. Ce dernier a de la difficulté à respirer et cale dans l’eau à plusieurs reprises. Francis le rassure, le saisit d’un bras par l’aisselle et nage avec son autre bras, mais la manœuvre est éprouvante. Francis est à bout de souffle et sent le fort courant les faire dériver. Victor essaie même de nager par lui-même vers la rive, mais coule de nouveau. Puis, mû par l’énergie du désespoir, notre candidat se remet à nager en agrippant Victor et ils atteignent tous deux la rive.

Des policiers et des ambulanciers arrivent ensuite sur les lieux et les deux rescapés sont emmenés à l’hôpital, en observation pour quelques heures.

Mathias Rheault, de Verdun

L’après-midi du 21 avril 2021, le petit Ilan, 5 ans, fait une balade en forêt sur la piste cyclable longeant le fleuve Saint-Laurent, à Verdun. Il est accompagné de sa mère, Catherine Sklamon, et de son ami Mathias Rheault, âgé de 13 ans. Ilan est atteint du trouble du spectre de l’autisme et est non verbal.

Lorsqu’ils arrivent à l’espace riverain, Ilan se précipite vers la plage du fleuve pour lancer des cailloux dans l’eau, mais il glisse sur le sol glacé et tombe sur le dos dans le fleuve, qui devient rapidement profond à cet endroit précis. Voyant cela, sa mère se jette à l’eau pour le rattraper, mais y parvient seulement à environ 10 mètres de la rive.

À cet endroit, Mme Sklamon ne touche plus le fond de l’eau. Mathias se rend à son tour dans le fleuve, mais s’avance jusqu’à ce qu’il ait de l’eau aux genoux et tend les bras à Ilan, qui réussit à s’agripper à son ami. Ils arrivent ainsi à pousser le petit garçon sur la plage. Frigorifiés, ils doivent maintenant escalader une butte de rochers empilés pour rejoindre le chemin qui les mènera chez eux.

Comme Mathias n’a pas plongé dans l’eau glacée, il trouve la force de prendre Ilan dans ses bras et de le hisser en haut de la butte, puis de le transporter jusque chez lui.

Région de la Chaudière-Appalaches

Ariel Cliche, de Saint-Elzéar

Le 10 avril 2022, Ariel Cliche, 13 ans, décide d’aller jouer à la balle avec son chien Duster sur le terrain de soccer près de chez elle. Elle écoute de la musique avec ses écouteurs. Il a beaucoup plu dans les derniers jours, ce qui a fait monter le niveau des cours d’eau.

Soudain, Duster refuse d’aller chercher la balle et pointe dans la direction opposée. Curieuse, Ariel retire ses écouteurs et perçoit des cris de jeunes enfants au loin, vers la rivière Savoie. En s’approchant, elle aperçoit un garçon de 6 ou 7 ans qui l’implore de l’aider à sauver son ami, tombé dans la rivière. Le jeune garçon, du même âge, tente de garder la tête hors de l’eau tout en essayant d’attraper une branche. Il se trouve à quelques mètres de la rive, mais le courant est très fort et l’eau est glaciale.

Ariel aperçoit un tronc d’arbre sur lequel elle grimpe pour tenter d’agripper le garçon, mais le tronc cède sous son poids et elle se retrouve à l’eau elle aussi. Elle lui demande d’arrêter de se débattre et parvient à le saisir par le capuchon et à le diriger vers la berge. Il réussit alors à sortir de l’eau, mais il est sous le choc et frigorifié.

En larmes, il remercie Ariel. Elle accompagne ensuite les garçons sur une certaine distance, pour s’assurer qu’ils se rendent chez eux en sécurité.

Kevin Vaillancourt, de Saint-Pamphile

Le 9 septembre 2022, en fin de soirée, Kevin Vaillancourt se trouve chez ses parents, lorsqu’ils remarquent un véhicule qui file à toute allure sur le rang Double. Quelques instants plus tard, ils entendent un bruit sourd. Pensant tout de suite à un accident, Kevin demande à sa mère d’appeler le 911 et sort, suivi de son père.

Le rang n’est pas éclairé, mais ils aperçoivent des flammèches qui semblent provenir d’un poteau électrique. À bord de son camion, notre candidat s’approche du lieu de l’accident. Il trouve enfin le véhicule, dont l’avant laisse échapper de petites flammes. Il sait qu’il doit faire très vite. La voiture est renversée dans un fossé. Kevin met donc quelques minutes à ouvrir la portière cabossée.

Il constate que le conducteur gît au fond du véhicule, inconscient. Le feu progresse rapidement, alors il empoigne l’homme sous les aisselles et le traîne à 10 mètres de la voiture, qui flambe complètement quelques secondes plus tard. L’homme commence tranquillement à se réveiller. Il semble en état d’ébriété.

Les pompiers volontaires et les ambulanciers arrivent sur les lieux de l’accident une vingtaine de minutes plus tard, et la victime est transportée à l’hôpital.

Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d’un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d’un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du ou de la récipiendaire.

Région de la Capitale-Nationale

Mireille Labbé, de Québec

Dans la nuit du 13 février 2021, Mireille Labbé regarde la télévision dans son salon. Elle voit soudain apparaître une impressionnante lumière blanchâtre par la fenêtre de son salon. Elle s’approche pour mieux voir et constate qu’il s’agit d’une épaisse fumée. Elle appelle le 911 pour signaler l’incendie et se précipite dehors pieds nus, malgré les -30 degrés qu’il fait. Elle découvre alors que la fumée provient d’une maison voisine, habitée par Nadine, son fils et son conjoint Richard.

Notre candidate frappe très fort à la porte d’entrée pour alerter les résidents, mais personne ne répond. Elle frappe alors dans la fenêtre de la chambre de l’adolescent, située au sous-sol. Celui-ci se réveille et quand sa voisine lui dit qu’un incendie fait rage dans sa maison, il se précipite dans le corridor, alerte sa mère en l’appelant et sort par la porte principale. La porte ouverte alimente l’incendie, qui devient plus intense. Nadine et Richard mettent plus de temps à se réveiller et à réaliser l’urgence de sortir, de sorte que Mme Labbé doit les pousser vers l’extérieur.

À l’arrivée des secours, elle accueille ses voisins chez elle en attendant qu’ils soient pris en charge.

Région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

M. Jimmy Côté, de Gaspé

Le matin du 15 mai 2021, Jimmy Côté dort paisiblement chez lui quand, vers 6 h 30, il reçoit un appel de son père, Martin Côté. Ce dernier est en panique, il crie qu’il est dans l’eau froide et qu’il a besoin d’aide. Jimmy devine que son père est allé pêcher seul au lac à Joe, comme il en a l’habitude, et qu’il est en mauvaise posture. Il s’habille en vitesse, prévient sa conjointe de la situation et saute dans sa camionnette, direction lac à Joe, dans un secteur très boisé et isolé.

Arrivé sur les lieux, Jimmy aperçoit la tête de son père par moments à la surface de l’eau, pratiquement au milieu du lac. L’homme se trouve près de son embarcation chavirée. Jimmy se précipite dans le lac, au secours de son père. Lorsqu’il parvient près de lui, ce dernier lui dit qu’il a les jambes coincées dans le câblage de l’ancre du canot. Il plonge alors dans l’eau glacée pour libérer son père, et le ramène vers la rive.

Des membres de leur famille les y attendent et leur fournissent des vêtements secs, jusqu’à l’arrivée des pompiers et des ambulanciers, 30 minutes plus tard.

Région des Laurentides

M. Richard Decoste, de Bois-des-Fillion, dans les Basses-Laurentides

Le 1er mars 2021, en matinée, Stéphanie Decoste regarde par la fenêtre donnant sur la rivière des Mille Îles, et y aperçoit deux personnes dans l’eau. Elle le mentionne à son père, Richard Decoste. Alerté, il se précipite pieds nus vers son garage et saisit une rallonge électrique de 30 mètres pour rescaper les personnes à l’eau.

Arrivé à la rivière, il constate qu’une petite fille de six ans est sortie de l’eau. Elle est paniquée et frigorifiée. Stéphanie Decoste prend la petite en charge. Elle la rentre dans la maison, lui retire ses vêtements détrempés et l’enveloppe dans des couvertures chaudes, puis appelle le 911. La mère de l’enfant se trouve à 25 mètres du bord. Elle est très nerveuse, car elle ne peut toucher le fond et dès qu’elle essaie de se cramponner à la glace, celle-ci cède sous son poids. M. Decoste s’approche de la femme autant que l’épaisseur de la glace le lui permet et lui lance la rallonge.

La femme parvient à la saisir et M. Decoste, mû par l’adrénaline, tire la femme jusqu’à la glace épaisse. M. Decoste accompagne la femme transie dans sa maison, où sa conjointe lui fournit des vêtements secs.

Région de la Montérégie

M. André Moisan, de Longueuil

L’après-midi du 26 juillet 2021, Hélène Lemay est à sa maison de vacances située à L’Isle-aux-Coudres, quand elle entend des cris provenant du fleuve. Elle va voir par la fenêtre et aperçoit deux silhouettes au milieu du fleuve, entourées d’eau. Elle se dit que ces personnes se sont sûrement fait prendre par la marée qui monte très vite, en pleine période de grandes marées.

Hélène Lemay alerte tout de suite le 911, puis son mari, André Moisan. Ce dernier se précipite sur le fleuve avec un kayak de mer double, de la corde, des vestes de flottaison et des couvertures. Pendant ce temps, la répartitrice du 911 renvoie Mme Lemay à la Garde côtière, qui lui annonce qu’aucun bateau ne peut s’aventurer de ce côté de l’île, puisque l’eau n’y est pas assez profonde.

M. Moisan arrive de peine et de misère près des deux personnes qui ont de l’eau jusqu’aux genoux. Il s’agit d’une femme et de sa fille. Elles enfilent les vestes de flottaison et embarquent dans le kayak. Elles sont tellement sous le choc qu’elles ne parviennent pas à lui parler de tout le trajet, hormis pour le remercier.

Le retour s’avère encore plus ardu que l’aller, tant le vent et les vagues sont menaçants. Une ambulance recueille les rescapées dès leur arrivée.

M. Dave Chagnon et Mme Meaghan Larochelle, de Saint-Césaire, et Mme Mélanie Maher-Lemonde, de La Présentation, en Montérégie

Dans la matinée du 11 août 2021, Dave Chagnon et sa conjointe, Meagan Larochelle, se rendent au centre commercial les Galeries de Saint-Hyacinthe. En passant près du centre d’information, ils voient une employée dissimulée derrière son bureau qui dit au couple qu’un individu a volé des couteaux dans une boutique. Puis, ils remarquent des gouttes de sang au sol. En les suivant, ils arrivent face à Manon Savoie, gisant par terre dans une flaque de sang. Elle a été poignardée à plusieurs reprises au cou et à la poitrine. Son agresseur semble s’être enfui.

Ambulancier de profession, Dave Chagnon se précipite auprès de la victime inconsciente. Il s’empresse d’appliquer une pression sur la plaie située sur le cou de la victime, pour diminuer la perte de sang. Mélanie Maher-Lemonde arrive sur les lieux. Ayant suivi une formation de secouriste, elle se propose pour assister M. Chagnon dans ses manœuvres de sauvetage.

Il entreprend les manœuvres de réanimation alors que Mme Maher-Lemonde fait du maintien de plaie. Pendant ce temps, Mme Larochelle met la main sur un défibrillateur cardiaque. Ils installent les électrodes et entament le processus de défibrillation. Peu de temps après, policiers et ambulanciers arrivent.

Les candidats restent en soutien aux ambulanciers jusqu’au transport de la victime à l’hôpital, où elle décédera dans la journée, des suites de ses blessures.

Région de la Chaudière-Appalaches

Gaby Lamontagne, de Saint-Apollinaire

Le 4 septembre 2022 en matinée, Gaby Lamontagne est en voiture avec sa conjointe et ses deux fils. Ils se rendent au chalet familial, en Beauce. Ils circulent sur l’autoroute 20 lorsque M. Lamontagne aperçoit un homme qui a enjambé le rebord de sécurité sur le pont de la rivière Chaudière.

Craignant qu’il ne veuille mettre fin à ses jours, M. Lamontagne emprunte la sortie la plus proche, stationne son véhicule dans un cul-de-sac, demande à sa conjointe d’appeler le 911 et se précipite à la rescousse du jeune homme. Ce dernier pleure et tient des propos incohérents. M. Lamontagne lui adresse la parole doucement pour tenter de le dissuader de commettre l’irréparable. Il se rapproche peu à peu du jeune homme et se rend compte que ce dernier avance les fesses vers le bord du pont. Gaby Lamontagne met alors une main sur l’épaule de l’homme tout en continuant de le rassurer.

Il l’empoigne ensuite à bras-le-corps, appuie ses pieds sur la structure du garde-fou et parvient à faire basculer l’homme en crise vers l’arrière. M. Lamontagne continue de rassurer le jeune homme et de lui dire qu’il peut obtenir de l’aide. Des policiers arrivent et emmènent ce dernier dans un centre hospitalier, où il séjournera pendant plusieurs semaines pour soigner son état.

Région de l’Estrie

Émile Goulet, de Bromont

Le 23 juillet 2022, Émile Goulet revient du verger familial avec son père, Charles Goulet. Alors que M. Goulet circule sur la route à 90 km/h, il appelle sa conjointe en mode mains libres, car il vient de se faire piquer par une abeille et se sent mal.

Peu de temps après avoir raccroché, il perd conscience. Émile remarque que son père ne lui répond pas et que la camionnette dévie vers la voie de gauche. Ayant déjà conduit un véhicule tout-terrain, Émile s’assoit alors sur les genoux de son père, prend le contrôle du volant et retire le pied de son père de l’accélérateur. Il entreprend ensuite de stationner le véhicule dans l’accotement de la voie à contresens, applique les freins et met le levier de vitesse en position Park. Peu de temps après, Chantal Ouellette, la mère d’Émile, rappelle son conjoint, car elle est inquiète de son état. Émile lui répond et l’informe que son père dort les yeux ouverts et qu’il ne respire pas.

Elle appelle alors le 911 et se dirige vers le verger. En chemin, elle remarque la camionnette de son conjoint, s’empare de sa trousse d’EpiPen et injecte le médicament à Charles, qui a fait un choc anaphylactique. Comme elle est médecin de famille, elle lui prodigue les premiers soins, en attendant l’arrivée des ambulanciers.

Charles Goulet reprend lentement connaissance et retrouve peu à peu sa respiration.

Région de la Mauricie

François Letendre, de La Tuque

Le 16 mars 2022, François Letendre commence un nouvel emploi à l’usine de papier WestRock. Il travaille de nuit en tant que journalier opérateur. Aux environs de 3 heures du matin, lui et deux collègues constatent qu’une pièce de l’agitateur doit être changée. Un agitateur est une immense cuve munie d’un broyeur qui pompe la pâte de papier vers des réservoirs.

Les travailleurs effectuent les mesures de cadenassage de la machine. Cependant, le câble de traction est mal placé au cours de la manœuvre et s’emmêle dans une hélice de l’agitateur. Le câble s’enroule autour de la chaussure de sécurité d’Alain Grenier, qui se trouve en haut de la machine. Ce dernier, puissamment tiré vers le bas de la cuve, se met à crier. Immédiatement, François Letendre saisit son collègue par le torse et le retient de toutes ses forces en haut de la machine.

La tâche n’est pas facile, puisque M. Grenier est costaud et que le câble d’un pouce de diamètre exerce une très forte traction vers le bas. En bougeant la jambe vigoureusement, M. Grenier parvient à se débarrasser de sa chaussure et par le fait même du câble, mais il se fracture trois métatarses et se disloque le gros orteil.

M. Letendre réussit ensuite à installer son collègue sur une passerelle, en sécurité.

Région de Lanaudière

Jean-Pierre Paradis, de Repentigny

Le 16 janvier 2022, vers 2 heures du matin, Jean-Pierre Paradis rentre chez lui en voiture après son quart de travail. Il roule sur l’autoroute 40, juste au-dessus de la rivière L’Assomption, lorsqu’il aperçoit de la fumée dans la nuit. Sans attendre, M. Paradis appelle le 911 en mode mains libres et prend la prochaine sortie, pour trouver la source de l’incendie. Il reste en ligne avec la personne répartitrice pour lui indiquer le plus précisément possible le lieu de l’incendie. Suivant la fumée noire, il arrive devant une maison en flammes et en donne l’adresse à la personne répartitrice.

Comme aucun résident n’est dehors et qu’un véhicule se trouve dans le stationnement, notre candidat va cogner de toutes ses forces à la porte d’entrée pour alerter les occupants. Au bout d’un long moment, une jeune adolescente lui ouvre. Il lui dit de sortir, car la maison brûle, mais elle retourne à sa chambre et en ferme la porte. M. Paradis entre alors dans la maison pour avertir les autres occupants du danger. Il voit enfin la jeune fille évacuer la maison pieds nus et enroulée dans une douillette. Il ne voit pas les autres occupants sortir, mais il apprend ensuite qu’un couple et trois jeunes étaient sur place au moment de l’incendie.

À leur arrivée, les pompiers aident M. Paradis à sortir de la maison. Il a respiré une quantité importante de fumée et tousse beaucoup. Il a des nausées et est en état de choc.

Après quelques heures passées à l’hôpital en observation, il peut enfin rentrer chez lui.

Dernière mise à jour : 22 novembre 2024