Retour à la page Colloque sur l'éthique des organisations publiques

Institutionnaliser l’éthique : concilier encadrement et liberté d’action pour redonner un sens au travail

Comme l’illustre la recherche réalisée par André Bazinet [2025] : le défi que pose l’éthique dans l’administration publique québécoise n’est pas nouveau. Le défi n’en est pas moins grand pour autant dans le contexte actuel où nous sommes confrontés à une société de plus en plus complexe et incertaine quant à ses valeurs.

De telles évolutions incitent l’administration publique québécoise à rechercher des manières d’assurer l'intégrité et la saine gestion du service public sans pour autant freiner inutilement les initiatives sur le terrain, et de respecter les valeurs de chacun. Ce qui amène dès lors la question suivante : comment institutionnaliser l’éthique, ce qui implique de standardiser des pratiques, tout en étant à l’écoute des personnes et du terrain?

Pour répondre à cette question, le conférencier précisera d’abord ce qu’il entend par institution, éthique, intégrité et institutionnalisation de l’éthique. Une fois ces notions précisées, il proposera trois manières d’envisager l’opérationnalisation de l’éthique sur le terrain, dans un contexte de recherche d’intégrité propre à l’administration publique. Ces trois propositions, bien qu’insatisfaisantes à ses yeux, recèlent néanmoins les éléments requis pour pousser plus loin l’investigation et envisager une manière de concevoir l’institutionnalisation de l’éthique en la situant au plus près des gens, là où le travail se fait. À terme, cela impliquera de revisiter le sens que l’on attribue au travail et à la finalité du service public.

Biographie

André Lacroix

André Lacroix est philosophe, juriste et éthicien, professeur titulaire au département de philosophie et d’éthique appliquée à l’Université de Sherbrooke, membre du Centre de recherche sur la régulation et le droit de la gouvernance (CrRDG) et chercheur associé à l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval. Il s’intéresse de près aux modes de formation en éthique, tant au niveau citoyen que sur le plan professionnel, de même qu’aux modes d’organisation du travail et aux enjeux éthiques qui lui sont reliés tels que la démocratie en milieu de travail. Ses plus récentes recherches portent sur la dimension éthique du droit et de l’acte de juger, l’institutionnalisation de l’éthique et la gouvernance, de même que sur la dimension éthique du travail. Il a publié plusieurs articles, chapitres de livres et livres, dont Dimension éthique de l’acte de juger avec Emmanuelle Marceau (2026), Former à l’éthique en organisation avec Allison Marchildon et Luc Bégin (2017), Quelle éthique pour la finance? avec Allison Marchildon (2013) et Critique de la raison économiste (2009). Il a aussi dirigé de nombreux ouvrages collectifs, dont L’institutionnalisation de l’éthique (2024), Éthique et intégrité du service public (2022), La philosophie pratique pour penser la société (2020), Marchés publics à vendre avec Yves Boisvert (2015), Quand la philosophie doit s’appliquer (2014), Redéployer la raison pratique (2011) et Éthique appliquée, éthique engagée (2006).

Outre son travail universitaire, le professeur Lacroix a également accepté plusieurs mandats au fil de sa carrière, dont celui de président du comité d’éthique de santé publique du Québec. Il agit aussi régulièrement comme intervenant et consultant auprès des ordres professionnels, des organismes publics et parapublics et des administrations publiques, tant au Québec qu’à l’international.

Dernière mise à jour : 23 mars 2026