Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, le ministère de la Culture et des Communications souhaite mettre en lumière la contribution sociale de 3 pionnières de notre histoire : Elizabeth Carmichael Monk, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Agathe de Saint-Père. Elles ont été désignées personnages historiques en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Cette année, le thème de la Journée internationale est : « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ». Le Ministère y voit l’occasion de rappeler l’apport de ces 3 femmes désignées comme personnages historiques et dont les accomplissements sont liés à ce thème. 

Le 8 mars 2019, Elizabeth Carmichael Monk, pionnière de l’accession des femmes à la pratique du droit au Québec, a été désignée comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Elle obtient son baccalauréat en droit civil de l’Université McGill en 1923 et devient membre du Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1934, puisqu’elle ne peut pas être admise au Barreau du Québec. En 1940, Elizabeth Monk devient l’une des premières femmes à siéger au conseil municipal de Montréal. En janvier 1942, elle devient l’une des 2 premières femmes admises au Barreau du Québec. Près d’une vingtaine d’années se seront écoulées entre sa diplomation et son admission à cet ordre professionnel. En 1955, elle est la première avocate du Québec à obtenir le titre de conseil en loi de la reine (c.r.). Au fil de sa carrière, Elizabeth Monk brise ainsi plusieurs plafonds de verre, contribuant du même souffle à ce que les femmes puissent faire leur place non seulement dans le domaine du droit, mais aussi en politique.

Le 8 mars 2019, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, pionnière de la lutte pour l’égalité, a été désignée comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Elle est une figure marquante de l’avancement des droits des femmes québécoises. Juriste autodidacte, elle a publié plusieurs ouvrages qui ont grandement contribué à informer les femmes sur leurs droits. En 1907, elle fonde avec Caroline Béique la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, qui milite pour le suffrage féminin, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ainsi que pour la protection des mères et des familles. Elle utilise plusieurs tribunes pour améliorer le sort des femmes et dénoncer leur situation d’infériorité légale dans la province de Québec. En 1922, elle fonde avec Anna Marks Lyman le Comité provincial pour le suffrage féminin et prend une part active dans la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes québécoises. Sous sa présidence, le Comité parvient en 1922 à faire présenter un premier projet de loi à l’Assemblée législative de la province de Québec pour accorder le droit de vote aux femmes. C’est en grande partie grâce à Marie Lacoste-Gérin-Lajoie que l’Assemblée législative modifie en 1931 le Code civil du Québec pour permettre aux femmes mariées de disposer du fruit de leur travail.

Le 8 mars 2020, Agathe de Saint-Père, modèle d’autonomisation et d’entrepreneuriat féminin en Nouvelle-France, a été désignée comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Issue d’une famille de pionniers de Ville-Marie, Agathe de Saint-Père est considérée comme l’une des rares « femmes d’affaires » en Nouvelle-France. Au début du 18e siècle, elle fonde une manufacture de toile dans sa maison. Dans un contexte où le Canada dépend de la France pour son approvisionnement en produits manufacturés, elle innove en mettant à profit les ressources locales et répond aux besoins de la colonie en textile. Elle s’associe également à une tannerie et s’intéresse au sucre d’érable, qu’elle envoie aux autorités coloniales sous forme de confiseries. De 1705 à 1712, elle reçoit une gratification royale sur une base annuelle pour soutenir sa manufacture de toile, ce qui n’est pas banal pour une femme et ce qui témoigne de l’intérêt que suscite son activité. À une époque où la colonie compte peu d’industries, la viabilité et la longévité de l’entreprise d’Agathe de Saint-Père démontrent son grand sens des affaires.

Le Ministère est fier de souligner l’apport de ces femmes dans le développement de la société québécoise. Rappelons que la désignation de personnages historiques est un geste de commémoration qui permet d’entretenir leur place dans la mémoire collective ainsi que de favoriser une meilleure connaissance et une plus grande appréciation de l’histoire du Québec.

Pour en apprendre davantage, consultez le Répertoire du patrimoine culturel du Québec ainsi que la page de la Désignation d’un élément du patrimoine immatériel ou d’un personnage, d’un événement ou d’un lieu historique.

Dernière mise à jour : 6 mars 2025